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Pour la deuxième fois, l’OMS déclare la fin d’Ebola en Guinée
  • Pour la deuxième fois, l’OMS déclare la fin d’Ebola en Guinée

Crédit image: Espen Rasmussen / Panos

Lecture rapide

  • Le dernier patient a effectué un deuxième test négatif il y a 42 jours

  • Depuis, les services sanitaires n’ont pas enregistré de nouveau cas de contamination

  • La fin de l’épidémie sera confirmée s’il n’y a aucun cas dans les 90 jours suivants.

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Dans un communiqué rendu public ce 1er juin 2016, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) signale la fin de la transmission du virus Ebola en Guinée.
 
En effet, indique ce communiqué, au 30 mai 2016, quarante-deux jours s’étaient écoulés depuis que la dernière personne souffrant de la maladie avait enregistré pour la deuxième fois un test négatif.
 
Actuellement, le pays entre dans une phase d’observation de quatre-vingt-dix (90) jours pendant laquelle l’attention devra être redoublée.
 
"Nous devons continuer à être vigilants pour être en mesure de détecter et de stopper tout nouveau cas qui viendrait à se présenter", souligne Abou Bekr Gaye, représentant par intérim de l’OMS en Guinée, cité par le communiqué.

“La transmission sexuelle du virus peut survenir plus d’un an après guérison complète d’un homme”

Margaret Chan
Directeur général de l’OMS

 
En effet, dans chacun des trois pays concernés par cette épidémie, il est déjà arrivé plusieurs fois par le passé que la maladie refasse son apparition après que sa transmission a été déclarée stoppée.
 
C’était déjà le cas pour la Guinée le 17 mars dernier alors que l’épidémie avait été annoncée comme terminée depuis décembre 2015.
 
C’était aussi le cas pour le Libéria le 1er avril 2016 alors que la maladie avait été stoppée dans le pays depuis janvier 2016.
 
Pour expliquer ces cas de résurgence, Margaret Chan, le directeur général de l’OMS, affirmait dans un communiqué publié le 29 mars 2016 que "la transmission sexuelle du virus peut survenir plus d’un an après guérison complète d’un homme".
 
Une déclaration qui rejoint les résultats d’une étude réalisée en Guinée et dont les résultats ont été publiés le 3 mai dernier dans le New england journal of medecine.

Défenses immunitaires

Cette étude, effectuée par des chercheurs de l’Institut de recherche pour le développement (IRD) en collaboration avec d’autres établissement basés en France et en Guinée, a mis en évidence la persistance du virus dans le sperme des patients pendant neuf à douze mois après leur guérison.
 
Dans un article publié récemment par SciDev.Net, Jean-François Etard de l’IRD et membre de l’équipe de recherche expliquait que la longue persistance du virus dans le sperme est due au fait qu’il est à l'abri des défenses immunitaires dans certains organes comme les testicules et les yeux.
 
Toujours est-il que cette persistance, d’après les chercheurs, est susceptible de provoquer le retour de la maladie chez le patient guéri et même la contamination d’une personne par voie sexuelle.
 
Quoi qu’il en soit, au point où l’on est rendu, l’OMS a indiqué le 29 mars qu’elle ne considérait plus l’épidémie d’Ebola comme une "urgence de santé publique de portée internationale".
 
Non seulement parce que les cas enregistrés dernièrement révèle unent seule chaîne de contaminations, mais aussi parce que les pays touchés disposent désormais de moyens et de l’expertise nécessaires pour faire face à une nouvelle résurgence de la maladie.
 
En outre, il y a des doses de candidats vaccins, en l'occurrence le rVSV ZEBOV qui ont fait leurs preuves pendant les tests et qui sont prêtes à l’emploi.
 
En effet, à l’occasion du Forum économique mondial qui s’était tenu à Davos (Suisse) en janvier 2016, l’Alliance mondiale pour les vaccins (GAVI) avait abnnoncé avoir trouvé un accord avec le groupe pharmaceutique Merck Sharp & Dohme Corp.(MSD) pour la mise à disposition de 300 000 doses de ce vaccin anti-Ebola dès le mois de mai 2016.

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