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300 000 doses de vaccin pour la riposte anti-Ebola en RDC
  • 300 000 doses de vaccin pour la riposte anti-Ebola en RDC

Crédit image: Flickr / Sanofi Pasteur

Lecture rapide

  • Les vaccins disponibles ont montré leur efficacité à plusieurs reprises depuis 2015

  • Confirmée le 11 mai, la maladie mobilise les institutions locales et internationales

  • Déjà touchée 7 fois, la RDC jouit d’une longue expérience en termes de riposte à Ebola

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Un important stock de vaccins contre le virus Ebola est d’ores et déjà disponible au cas où il deviendrait nécessaire d’en faire usage en République démocratique du Congo (RDC) où la maladie vient de refaire son apparition.
 
C’est en tout cas ce qu’a révélé l’Alliance du vaccin (GAVI) dans une déclaration publiée le vendredi, 12 mai dernier.
 
"Grâce à la collaboration de Gavi avec Merck, 300 000 doses de vaccin contre le virus Ebola sont disponibles si nécessaire pour empêcher l’épisode de devenir une pandémie", indique dans cette communication, Seth Berkley, directeur exécutif de GAVI.
 
Ajoutant que "le vaccin a montré une efficacité élevée dans les essais cliniques et pourrait jouer un rôle capital pour protéger les plus vulnérables".
 
Le vaccin en question n’est autre que le rVSV-ZEBOV préparé par le laboratoire Merck, Sharpe & Dohme pendant la dernière épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest, et dont les essais successifs effectués en Guinée et ailleurs ont révélé son efficacité.
 

“Notre pays regorge de ressources humaines bien formées en cette matière et qui ont d’ailleurs servi à contenir des épidémies similaires sous d’autres cieux”

Oly Ilunga Kalenga
Ministre de la Santé publique, RDC

 
L’Alliance du vaccin réagissait ainsi à une communication spéciale du ministre de la Santé publique de la RDC datant de la veille, jeudi, 11 mai 2017.
 
Dans cette sortie, Oly Ilunga Kalenga affirmait que "depuis le 22 avril 2017, neuf (9) cas de fièvre hémorragique, dont deux (2) décès, ont été notifiés dans la zone de santé de Likati territoire d’Aketi dans la province de Bas-Uelé". Un nombre de décès qui, depuis, est passé à trois (3).
 
A l’en croire, parmi les cinq échantillons de cas prélevés chez les cas suspects et analysés au laboratoire de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) de Kinshasa, un s’est révélé positif au virus Ebola, sérotype Zaïre.
 
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui suit aussi la situation de près indique que cette province se trouve dans le nord du pays, à la frontière avec la République centrafricaine.
 
"Une équipe d’enquête, dirigée par le ministère de la Santé et appuyée par l’OMS et les partenaires, s’est déployée et devrait parvenir dans la zone affectée au cours des prochains jours", indiquait le 12 mai dernier Peter Salama, directeur exécutif à l’OMS pour les situations d’urgence.
 
L’organisation précise qu’avec ses partenaires, elle aide le ministère de la Santé de la RDC pour tous les aspects de la riposte : enquête épidémiologique, surveillance, logistique et approvisionnement, communication et engagement des communautés. 
Historique des précédentes épidémies d'Ebola en RDC (Source: OMS)
Année Région touchée Nombre de cas (dont les décès)
2014 Province de l’Équateur 66 (49)
2012 Province Orientale – Isiro 36 (13)
2008-2009 Kasaï-Occidental 32 (15)
2007 Kasaï-Occidental 264 (187)
1995 Kikwit et ses environs 315 (250)
1977 / 1
1976 Yambuku  318 (280)

A ce propos, "les premières équipes, épidémiologistes, biologistes, experts en mobilisation sociale, communication du risque et engagement des communautés, tout comme les spécialistes en eau, hygiène et assainissement, devraient rejoindre la zone touchée aujourd’hui ou demain via Kisangani", indiquait vendredi dernier Allarangar Yokouidé, représentant de l’OMS en RDC.
 
"La zone de santé de Likati est d’accès difficile, mais le travail de suivi des cas contacts est très crucial pour endiguer la flambée à partir de son foyer; la RDC dispose pour ce faire des ressources humaines très expérimentées pour la lutte", ajoutait-il.
 
Justement, dans sa note, le ministre de la Santé publique s’était employé à rassurer les populations et l’opinion internationale qu’il exhorte "à ne pas céder à la panique".
 
"La RDC étant à sa huitième épidémie de cette nature, dit-il, celle-ci ne devrait pas ébranler nos populations".
 
"Car, explique-t-il, notre pays regorge de ressources humaines bien formées en cette matière et qui ont d’ailleurs servi à contenir des épidémies similaires sous d’autres cieux".
 
En effet, la dernière épidémie de la maladie à virus Ebola en RDC remonte à novembre 2014 dans la province de l’Equateur. On avait alors dénombré 66 cas pour 49 décès.
 
Entre temps c’est l’Afrique de l’Ouest qui a pris le relais entre 2014 et 2016 avec, au total, selon le dernier pointage de l’OMS, quelque 28 616 cas dont 11 310 décès enregistrés en Guinée, au Libéria et en Sierra Leone.

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