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Le groupe d’experts a pour mission d’amplifier et de promouvoir l’innovation au niveau local.
  • Un groupe d’experts des PMA chargé de relancer le débat sur les ODD

Le groupe d’experts a pour mission d’amplifier et de promouvoir l’innovation au niveau local.
Crédit image: Flickr/UNCTAD

Lecture rapide

  • Les PMA doivent faire entendre leurs voix dans le débat sur le développement après 2015

  • Un groupe d’experts a été chargé de piloter cet objectif

  • Ses activités clés consisteront notamment à publier des rapports et nouer des dialogues avec l’ONU

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[LONDRES] Les pays les moins avancés (PMA) doivent mieux faire entendre leurs voix dans le débat sur le développement après 2015, s’ils veulent que les objectifs de développement durables (ODD) des Nations Unies répondent à leurs besoins locaux et aux réalités sociales, a-t-on appris hier (9 mai) au cours d’un point de presse.

C’est dans cette optique que des experts du développement issus des PMA se sont rencontrés à Londres cette semaine (du 8 au 9 mai), pour le lancement d’un groupe d’experts indépendants chargé de porter les préoccupations des PMA à la table de négociations de l’ONU sur les ODD.

A travers une série de rapports et de dialogues ouverts, ce groupe mettra l’accent sur la promotion des questions qui, selon ces experts, doivent être prises en compte dans les ODD.


Il va également assurer le suivi et l'analyse des institutions onusiennes qui œuvrent pour le développement après 2015 – à l'instar du Groupe de haut niveau de personnalités éminentes sur le développement après 2015 –  et mettre en évidence des exemples positifs de développement répertoriés dans les PMA pour contribuer à "sortir" de cette peinture passée des PMA en "victimes et bénéficiaires" de l'aide et "remodeler" ces pays comme de grands acteurs mondiaux.

« Je pense que l’idée consiste globalement en une relance de la voie de la durabilité par les PMA, l’avenir étant ouvert à toutes les potentialités et possibilités », affirme Youba Sokona, conseiller spécial sur le développement durable auprès du Centre Sud, organisation intergouvernementale dont le siège se trouve à Genève en Suisse.

D’après les explications de Dipak Gyawali, économiste politique et ancien ministre népalais de l’eau, « c’est parce qu’au cours du dernier demi-siècle la théorie et la pratique du développement n’ont pas été un succès dans la plupart des pays du Sud et des PMA, en particulier, [qu’ils créent ce regroupement]».

Pour le groupe d’experts, il est essentiel de garantir que l’agenda du développement après 2015 « est adapté aux réalités du terrain ».

Dans un entretien accordé à SciDev.Net, Gyawali affirme que « beaucoup de choses se passent déjà dans le Sud et feront que les [politiques mondiales] seront inadaptées » si le développement n’est pas repensé.

« Dans le monde en développement, on note une vitalité et un dynamisme étonnants à la base… avec de solides exemples d’innovations et d’initiatives – comme la foresterie communautaire et la « communautarisation » de la distribution de l’énergie électrique – qui donnent des résultats remarquables », a-t-il ajouté.

« Mais le problème c’est que ces exemples ne remontent pas jusqu’à la communauté mondiale du développement ».

Le nouveau groupe d’experts va donc œuvrer pour la prise en compte de ces exemples de réussite dans les négociations organisées par les Nations Unies, explique-t-il.

Promouvoir l’agenda des PMA au niveau de l’ONU est une tâche herculéenne, mais une tâche que le groupe affirme être prêt à remplir.

Gyawali assimile le débat à venir sur le développement à un « combat politique difficile ».

« La dépendance [des bureaucrates] des PMA à l’égard de l’aide » constitue l’une des inquiétudes majeures pour Gyawali. « Nous ne nous faisons pas d’illusions parce que les négociations sont conduites par des bureaucrates du Sud dépendants de l’aide » affirme-t-il, ce qui entraîne « une distorsion des priorités de développement dans cette partie du monde ».

Saleemul Huq, Directeur du Centre international pour le changement climatique et le développement, et chercheur principal à l’Institut international pour l’environnement et le développement qui a abrité la rencontre, affirme que le groupe travaillera « à permettre collectivités locales – structures engageés dans des activités essentielles de développement – de jouer le rôle d’acteurs majeurs » dans le débatsur les ODD.

 

Gyawali conclut que les « les ODD doivent prendre en compte les initiatives locales. C’est un objectif ambitieux, mais nous estimons que ce processus doit être entamé maintenant ».

Le mois prochain, le groupe présentera son premier rapport lors de la réunion de l’ONU sur les ODD qui se tiendra à New York.

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