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La détection de la foudre promet une amélioration des prévisions de tempête
  • La détection de la foudre promet une amélioration des prévisions de tempête

Crédit image: NASA

Lecture rapide

  • Une méthode bon marché et plus rapide de détection des violentes tempêtes utilise la détection de la foudre au lieu des radars coûteux

  • Elle est largement utilisée aux États-Unis, mais a été essayée au Brésil, en Guinée et en Inde

  • Les résultats du projet de démonstration en Guinée sont ‘très satisfaisants’ et pourraient permettre de combler les lacunes sur le plan des données

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Une alternative aux services météorologiques coûteux à base de radar pourrait bientôt être opérationnelle dans les pays en développement, pour les aider à détecter les violentes tempêtes à moindre coût et plus rapidement.

Cette technologie, qui utilise la détection de la foudre pour prévoir quand et où les tempêtes frapperont, a déjà fait ses preuves dans des projets de démonstration au Brésil, en Guinée et en Inde.
En 2014, Earth Networks -- l'une des sociétés à la pointe de ladite technologie - procédera à d'autres essais en Haïti.

A mesure que de plus en plus de pays en développement augmentent le nombre de leurs mâts de téléphonie mobile, qui sont des endroits idéaux pour le montage des détecteurs de foudre, tout laisse croire que le nombre de pays utilisant la technologie va augmenter, selon la société américaine.

La détection de la foudre coûte une fraction du prix des radars Doppler traditionnels, qui peuvent coûter des dizaines de millions de dollars pour une large couverture régionale.

Elle recueille également plus rapidement les données et, par la surveillance des précipitations, peut être utilisée pour évaluer la probabilité d’inondations et de sécheresse. Selon la société finlandaise Vaisala, qui compte plus de 100 stations de détection de la foudre aux États-Unis, quand la foudre est détectée, les données  peuvent être transmises en moins de deux minutes.

“Les données issues de ces stations permettraient de combler les insuffisances observées dans la collecte et l'échange de données aux niveaux régional et international.”

Mamadou Lamine Bah, Direction nationale de la météorologie, Guinée










Le système Total relatif à la foudre de Vaisala détecte les signaux électromagnétiques dégagés lorsque la foudre frappe la surface de la terre. Des informations sur le lieu, l'heure, et la force de chaque frappe et la charge positive ou négative sont ensuite traitées et communiquées aux utilisateurs de la technologie.

Earth Networks utilise également des capacités d’informatique dans les nuages et des algorithmes pour fournir des alertes automatiques pour les orages, les tornades et d'autres formes de mauvais temps, qui peuvent être configurées pour être envoyées à des téléphones portables.

La société prévoit l’envoi de ces alertes des millions d'utilisateurs de téléphones portables dans le monde entier. En cas de mauvais temps avec foudre, il a été démontré que les notifications "alertent à 50 pour cent plus rapidement que les avertissements basés sur d'autres technologies actuellement disponibles, en offrant 27 minutes, en moyenne, de délai de réaction", selon Earth Networks.

Bob Marshall, le président et administrateur général de cette entreprise, a déclaré à SciDev.Net qu’elle compte maintenant plus de 50 antennes couvrant la majeure partie du Brésil et 50 autres couvrant l'ensemble de l'Inde ; plus récemment, elle a installé des détecteurs sur 12 pylônes de téléphonie mobile en Guinée.

"Ces pays possèdent très peu d'infrastructures pour assurer les prévisions et l'alerte météorologiques et la technologie qui a été essayée au cours de la dernière décennie a échoué -- beaucoup d'argent a été dépensé", a affirmé Marshall.

Cette année, ils "ont choisi l'un des pays qui devraient très difficilement le faire – la Guinée -- et elle s’en sort extrêmement bien", a laissé entendre Bob Marshall. La Guinée fait partie de la zone la plus orageuse du monde, mais ne dispose pas de radar météorologique pour suivre les tempêtes. En septembre, une douzaine de personnes y sont mortes à cause de conditions météorologiques extrêmes, dont cinq de la foudre dans la préfecture de Koundara, dans le Nord-Ouest de la Guinée.

Mamadou Lamine Bah, directeur national de la météorologie (DNM) en Guinée, a déclaré à SciDev.Net : "Après l’évaluation de cette technologie pendant trois mois, nous avons pu suivre la formation des phénomènes météorologiques les plus dangereux en Guinée".

"Les résultats du projet de démonstration sont très satisfaisants", a-t-il ajouté. "Les données issues de ces stations de [détection de la foudre] permettraient de combler les insuffisances observées dans la collecte et l'échange de données aux niveaux régional et international".

Selon Mamadou Bah, le réseau de stations d'observation météorologique sur le territoire guinéen ne répond pas aux normes internationales, en raison d'un manque d'équipements et d’un personnel insuffisamment qualifié.

"La Guinée et d'autres pays africains ont besoin de systèmes d'alerte, d’outils et de personnel très performants pour leurs services météorologiques", a-t-il poursuivi.

Selon Bob Marshall, "sur la base de ce que les pays du monde entier voient se passer actuellement en Guinée, nous enregistrons beaucoup d'intérêt pour cette technologie". Toutefois, pour le moment, il ne peut pas révéler l’identité des pays qui ont manifesté de l’intérêt.

Les systèmes de détection de la foudre de Earth Networks ont principalement fait leurs premières armes aux États-Unis; la National Aeronautics and Space Administration, la National Oceanic and Atmospheric Administration et l'US Air Force utilisent les données issues de son réseau d’observation de la foudre et de sa technologie.
 
Le présent article a été publié au départ dans l’Edition mondiale de SciDev.Net.

Voir ci-dessous une vidéo sur le projet de Earth Network en Guinée  - en anglais.





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