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Afrique : La révolution des données passée au peigne fin
  • Afrique : La révolution des données passée au peigne fin

Crédit image: Panos

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  • Selon un rapport parrainé par l'ONU, la collaboration reste insuffisante

  • La révolution des données est confrontée à des investissements limités

  • Un expert estime que des progrès sont nécessaires au niveau technique et politique

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[NAIROBI] Selon le premier rapport d'Africa Data Revolution (Africa Data Revolution Report - ADRR), des capacités limitées et le besoin d’investissements et de collaboration font partie des défis auxquels sont confrontées les communautés de données travaillant dans la perspective des Objectifs de développement durable (ODD) et de l'Agenda 2063 de l’Union Africaine.

Le terme "Révolution des données" est apparu en 2015, lors de l’évaluation des Objectifs du millénaire pour le développement. Il désigne un ensemble de mesures propres à insuffler une nouvelle dynamique aux techniques de collecte, de traitement et de vulgarisation des données et statistiques et toutes les transformations nécessaires pour répondre aux exigences d'un programme de développement complexe.

Le rapport a été présenté le mois dernier (17-21 juillet), au cours d'une table ronde, lors de la deuxième Conférence Africa Open Data, tenue à Accra, au Ghana.

Il cite des questions telles que les cadres juridiques et politiques, les infrastructures, la technologie et les interactions entre les parties prenantes comme autant de défis auxquels sont confrontés les “écosystèmes de données” des dix pays africains étudiés : Côte d'Ivoire, Éthiopie, Kenya, Madagascar, Nigeria, Rwanda, Sénégal, Afrique du Sud, Swaziland et Tanzanie.

“Les obstacles qui entravent le progrès de la révolution des données pour le développement durable doivent être abordés.”

Serge Kapto


L'ADRR a été publié conjointement par la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique (UNECA), le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), le World Wide Web Foundation et Open Data for Development Network (OD4D).

"Les données ouvertes sont le plus grand défi de l'Afrique", a déclaré Nnenna Nwakanma, directrice des politiques de la Fondation World Wide Web, basée aux États-Unis, notant que la révolution des données ouvertes est essentielle pour que l'Afrique atteigne les ODD.

Dans une interview à SciDev.Net, Nnenna Nwakanma a expliqué que la révolution des données est basée sur l'accès à des données, citant plusieurs avantages, tels que le renforcement de l'efficacité dans le travail des gouvernements, l'innovation au niveau des entreprises et la participation des citoyens à la gouvernance, ainsi que l'exigence de la reddition de comptes.
 
Serge Kapto, spécialiste en politique des données du PNUD, a pour sa part déclaré que des cadres tels que la Charte africaine de la statistique et la Stratégie d'harmonisation des statistiques en Afrique, ont jeté les bases d'une révolution africaine des données.

"Le rapport souligne également que les données sont intrinsèquement autant une question politique que technique", note Serge Kapto. "Par conséquent, les obstacles qui entravent le progrès de la révolution des données pour le développement durable doivent être abordés à la fois sur les plans politique et technique".

L'expert onusien ajoute que l'Afrique est bien placée pour tirer parti des bénéfices de la révolution des données pour le développement durable et pour adopter la technologie “leapfrog” qui répond aux priorités de développement aux plans national et régional. Il s'agit de trouver des moyens d'utiliser les données et leurs solutions techniques pour générer des prestations de services de manière à sauter plusieurs générations en termes de technologie et se mettre au niveau de certains pays parmi les plus riches.
 
Mais, explique-t-il, il reste beaucoup à faire pour profiter pleinement de l'opportunité offerte par la révolution des données pour la réalisation des plans de développement.
Le rapport affirme la nécessité de renforcer les institutions statistiques nationales.

Leur rôle comprend le soutien aux politiques des gouvernements, la mesure de leur impact et la coordination des écosystèmes de données nationales croissantes et évolutives, grâce à des innovations technologiques rapides et facilement accessibles.

Muliaro Wafula, directeur du Centre d'excellence en information, communication, technologie et Open Data à l'Université Jomo Kenyatta des Sciences Agricoles et de la Technologie, basée au Kenya, affirme que l'Afrique peut tirer un grand parti de données valorisées, utilisées et préservées.

"Le stockage des données reste un défi pour les gouvernements et les institutions de recherche", explique-t-il à SciDev.Net, ajoutant que le continent génère beaucoup de données précieuses, mais qu'il ne fait rien pour les conserver et les utiliser pour soutenir la planification et les innovations.
 
Cet article a été rédigé par le desk Afrique anglophone de SciDev.Net.
 


Références

The Africa Data Revolution Report (Economic Commission for Africa, United Nations Development Programme, World Wide Web Foundation and Open Data for Development Network, 2016).
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