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Nouveau test de diagnostic rapide de la nécrose létale du maïs au Rwanda
  • Nouveau test de diagnostic rapide de la nécrose létale du maïs au Rwanda

Crédit image: Flickr/CIMMYT

Lecture rapide

  • Identifiée pour la première fois, en 2012 au Kenya, la maladie s’est rapidement propagée au Rwanda

  • La nouvelle méthode de détection présente l’avantage de donner des résultats rapides

  • Les experts recommandent de plus de nouvelles pratiques agricoles pour limiter les dégâts

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[KIGALI] - Une nouvelle technique d’analyse des caractéristiques physiques des semences, mise au point par une équipe des chercheurs de l'Agence de développement de l'Agriculture du Rwanda (RAB) permet désormais de diagnostiquer rapidement la nécrose létale du maïs, qui continue de faire des ravages dans plusieurs régions du pays, tout en posant une menace à la sécurité alimentaire. 
 
Alors que le dépistage traditionnel de maladies de semence du maïs se basait sur la détermination des caractéristiques physiques et chimiques des sols, les nouvelles techniques portent notamment sur une série d’observations directes sur les plantations concernées, dont les organes sont examinés en laboratoire. 
 
La nécrose létale du maïs, qui se caractérisée notamment par un dessèchement rapide des feuilles jaunâtres à la mi-phase de croissance de la plante, s’est récemment déclarée dans plusieurs parties des zones rurales éloignées du Rwanda, ce qui a poussé les institutions de recherche de ce pays à introduire des moyens de détection rapides de cette maladie végétale.
 
Diagnostic rapide

“La nouvelle technique de diagnostic rapide nous permet de déterminer rapidement le niveau d’anomalies pour chaque graine de semence, avant d’analyser des propriétés pour chaque plantation.”

 Fidèle Nizeyimana, expert en agriculture à l'Agence de Développement de l'Agriculture, Rwanda

D’après Fidèle Nizeyimana, expert en agriculture à l'Agence de Développement de l'Agriculture du Rwanda, qui est le point focal de ce projet de recherche, la recherche sur cette pathologie végétale s’est avérée indispensable, en vue d’apporter un traitement approprié.
 
"La nouvelle technique de diagnostic rapide nous permet de déterminer rapidement le niveau d’anomalies pour chaque graine de semence, avant d’analyser des propriétés pour chaque plantation", a-t-il déclaré à SciDev.Net.
 
La nouvelle méthode de prévention et de contrôle de la nécrose létale du maïs consiste notamment à conduire des essais en laboratoire sur un échantillon représentatif de l'ensemble du lot de semences, pour déterminer leur niveau de vulnérabilité, ainsi que la capacité de résistance face à cette maladie végétale.
 
"La maladie risque de constituer une autre forme de menace à la sécurité alimentaire, compte tenu de ce que le maïs reste une culture vivrière et permet aussi aux producteurs de générer des revenus."
 
Les statistiques officielles montrent notamment que 54% de la population rwandaise vit en dessous du seuil de pauvreté et 90% des terres sont essentiellement composées de petites fermes.
 
Contenir la transmission
 
La nécrose létale du maïs est une maladie végétale causée, entre autres, par la combinaison du virus de la marbrure chlorotique de maïs et a été identifiée pour la première fois, en 2012 au Kenya, avant de se propager quelques mois plus tard dans d’autres pays de la sous-région, dont le Rwanda.
 
De nouveaux moyens de prévention mis au point par les chercheurs rwandais ont permis d’identifier quatre échantillons de semences qui présentent les symptômes de cette maladie, notamment dans la province du Nord du Rwanda, où la quasi-totalité des plantations ont été testées positives en laboratoire.
Dans cette campagne visant à enrayer la propagation, le gouvernement rwandais, à travers le ministère de l’Agriculture, a pour sa part conseillé aux agriculteurs de déraciner et de brûler les récoltes affectées et de passer à d'autres cultures pendant au moins une saison agricole qui varie jusqu’à quatre mois au Rwanda.
 
"Même si la maladie ne présente pas de menace réelle pour l’instant, tous les acteurs ont engagé une étroite collaboration, afin de limiter toute propagation", a indiqué pour sa part, la ministre rwandaise de l’Agriculture, Géraldine Mukeshimana.
 
Mais des experts en agronomie estiment que le contrôle de la maladie, qui incombe aux pouvoirs publics, ne pourrait être réellement efficace que si certaines pratiques, considérées comme des sources directes de nécrose létale du maïs, cessent.
 
Selon des estimations de l'Agence de Développement de l'Agriculture du Rwanda, en dehors du Kenya, la maladie s’est également déclarée dans d'autres pays de la sous-région, dont le Soudan du Sud, la Tanzanie et l’Ouganda.
 
"Nous pensons qu'en dehors des tests de laboratoire en cours, il faut appliquer le principe de précaution et cesser de distribuer les semences importées des pays voisins où la maladie a été déclarée endémique", a déclaré Fidèle Nizeyimana à SciDev.Net.
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