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  • Un nouveau logiciel pourrait contribuer à la stabilisation des prix alimentaires

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[KAMPALA] Un logiciel de surveillance des prix, qui établira des rapports mensuels sur les prix des produits alimentaires de première nécessité, est en cours d'élaboration pour le compte des pays d'Afrique centrale et d'Afrique de l'Est.

Cet outil est en cours d'élaboration à l'Asareca (Association pour le renforcement de la recherche agricole en Afrique centrale et de l'Est), dont le siège se trouve en Ouganda. Il va accroître la concurrence et la résistance à la volatilité des prix, et devrait commencer par la surveillance des prix du maïs, aliment de base de la région.  

Michael Waithaka, responsable du programme d'analyse politique et de plaidoyer à l'Asareca, déclare à SciDev.Net : « Nous établirons des rapports mensuels sur les prix et les équilibres alimentaires. Nous allons aussi expérimenter un modèle de prévision, afin d'être mieux préparés, même s'il faudrait probablement du temps pour l'adapter convenablement ».  

L'outil de surveillance, dont le lancement est imminent, utilisera les indices des prix des denrées alimentaires fournis tous les mois par les bureaux de la statistique des différents pays. Les informations collectées par l'Asareca, via ses réseaux, dans dix pays d'Afrique de l'Est, vont être réunies, analysées et distribuées aux gouvernements de tous les pays concernés afin de sensibiliser sur la question des prix.

L'on espère que les données produites permettront le transfert des vivres des zones excédentaires vers les zones déficitaires, et des marchés où les prix sont bas vers ceux où les prix sont élevés, afin de réduire les pénuries alimentaires.

Des observateurs soulignent toutefois qu'il faut s'attaquer également au manque d'intégration des marchés régionaux si l'on veut renforcer la sécurité alimentaire, car la fluctuation des prix y est étroitement liée.

Selon l'Organisation des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO), l'envolée des prix des denrées alimentaires a eu un impact négatif sur les échanges sur le continent africain, qui est importateur net des denrées alimentaires -il dépense environ 20 milliards de dollars par an à ce poste.

Par exemple, selon les statistiques de la FAO, 45 pour cent du riz et 85 pour cent du blé consommés en Afrique sont importés.

Waithaka prévient que cet outil ne sera pas l'unique remède à l'instabilité des prix alimentaires, compte tenu de la diversité des causes à ce problème.

Depuis 2010, les régions de d'Afrique centrale et d'Afrique de l'Est ont souffert de la volatilité des prix alimentaires à cause d'une combinaison de causes mondiales et de facteurs spécifiques aux régions. Les interdictions d'exportation ont été les principales mesures de politique commerciale en 2011.

Joseph Karugia, coordonateur du Système régional d'analyse stratégique et d'appui aux connaissances pour l'Afrique centrale et l'Afrique de l'Est, affirme que la crise a offert des opportunités qui n'ont pas été saisies.

« Dans les années 70 et 80, nous nous sommes plaints de la faiblesse des prix, mais maintenant qu'ils sont élevés nous continuons de nous plaindre. Une solution régionale pourrait régler la crise des prix alimentaires », affirme Karugia.

Il a ajouté que la flambée des prix alimentaires va susciter l'exploitation de la diversité régionale et faciliter les échanges régionaux avec des actions prioritaires, notamment la levée des interdictions d'exportation, la suppression de barrières non tarifaires et l'amélioration des infrastructures des grands corridors régionaux d'échanges.

Godfrey Asea, obtenteur du programme de recherche sur les céréales à l'Institut national ougandais pour la recherche sur les ressources des cultures (NACRRI), affirme que cet outil armera les cultivateurs, les commerçants et les consommateurs avec des informations relatives au marché pour prendre des décisions.

Les autres problèmes clés à résoudre concernent l'accessibilité à l'information et des infrastructures adéquates pour le transfert des vivres des zones excédentaires vers les zones déficitaires.

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