Rapprocher la science et le développement

  • Un fonds indo-britannique pour stimuler l'innovation agricole en Afrique et en Asie

[LONDRES] Les gouvernements indien et britannique se tournent vers lʹinnovation agricole en marge de la communauté traditionnelle de développement international, avec le lancement dʹun programme (11 janvier) de 20 millions de livres sterling (32 millions de dollars américains ou 24 millions dʹeuros) pour la sécurité alimentaire.

La Recherche sur la Production Agricole Durable pour le Développement International (Sustainable Crop Production Research for International Development - SCPRID) autorisera les scientifiques à chercher les agents stressants, allant des organismes nuisibles aux changements climatiques, sur cinq cultures clés, à savoir le manioc, le maïs, le riz, le sorgho et le blé, en vue dʹaméliorer les rendements agricoles durables.

Brian Harris, Directeur du secteur agro-alimentaire du Conseil de Recherche en Sciences Biologiques et Biotechnologiques du Royaume-Uni qui gère le programme, a déclaré à SciDev.Net que lʹinitiative sʹest développée sur les précédents partenariats avec le Département britannique pour le Développement International (DFID) britannique afin dʹ"intégrer de nouvelles personnes dans le domaine du développement international", en encourageant les scientifiques britanniques à résoudre des problèmes agricoles concrets dans les pays en développement.

Le nouveau partenariat est plus important que les précédents puisquʹil inclut le gouvernement indien et la Fondation Bill & Melinda Gates, basée aux Etats-Unis.

Le DFID soutient lʹinitiative sur le principe que lʹinnovation dans la recherche peut aussi bien provenir dʹefforts individuels ou de petits groupes, que de plus grands programmes tels que ceux menés par le Groupe Consultatif pour la Recherche Agricole Internationale.

Selon le DFID, les deux approches se complètent et le nouveau programme répond à de nombreux critères, reconnus comme étant importants pour utiliser avec succès la recherche pour obtenir des résultats au niveau du développement, notamment lʹassociation des institutions du nord et du sud et une collaboration facilitée entre un pays comme lʹInde et lʹAfrique sub-saharienne ou dʹautres pays de lʹAsie du sud.

 

Katherine Kahn, responsable du programme pour le développement global, le développement agricole et les sciences et technologies à la Fondation Gates, a déclaré que le programme encouragerait également les scientifiques des pays en développement à mener des projets de recherche.

Au sein du projet, un dixième du financement ira aux Projets pour les directeurs de recherche émergents : des scientifiques des pays en développement participant à des programmes quadriennaux de recherches dans leur pays dʹorigine.

"Nous voulions encourager ces scientifiques qui ont vraiment des idées fantastiques mais qui nʹen sont quʹau début de leur carrière, afin quʹils puissent soumettre des propositions de projets et obtenir le soutien dont ils ont besoin", a-t-elle ajouté.

Le gouvernement indien et la fondation Gates contribueront chacun à hauteur de 7,9 millions de dollars américains (6,0 millions dʹeuros), le DFID apportera 11 millions de dollars américains (8,4 dʹeuros) et le Conseil de Recherche en Sciences Biologiques et Biotechnologiques fournira 4,7 millions de dollars américains (3,6 millions euros).

La date butoir pour la première série de propositions est fixée à fin mars, dans lʹespoir de commencer la recherche au printemps 2012.