Rapprocher la science et le développement

  • Partager les connaissances en Afrique, pour la sécurité alimentaire

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[ACCRA] Il a été demandé aux pays africains de prendre davantage de mesures pour partager leur savoir et les informations dont ils disposent dans le domaine de l'agriculture, ce qui inclut une plus grande diffusion des résultats de la recherche, pour qu'ils puissent guider la croissance économique du continent.

Cette recommandation figure dans un plan stratégique quadriennal, lancé par le Forum africain pour les services de conseil agricole (AFAAS) lors de son Assemblée générale qui s'est tenue cette semaine (12–14 avril 2011) à Accra, au Ghana.

Selon l'AFAAS, les services de conseil sont fondamentaux pour stimuler la sécurité alimentaire. Il veut voir "des services de conseil agricole qui contribuent de manière effective et efficace à une productivité durable et à une croissance rentable de l'agriculture africaine".

Ceci est en ligne avec les objectifs du Programme détaillé de développement de l'agriculture africaine (PDDAA), un programme du Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique, qui vise à accroître la productivité agricole d'au moins six pour cent d'ici 2015.

Les objectifs du plan de 2011–14 est de rassembler les conseillers agricoles nationaux, qui incluent les décideurs politiques, les agences gouvernementales, les organisations non gouvernementales et les autres intervenants de vulgarisation, afin qu'ils puissent partager les informations dont ils disposent.

Le plan préconise de diffuser plus largement les résultats de la recherche, par exemple grâce à la documentation et au partage des innovations, d'accroître l'utilisation des technologies améliorées et de s'engager concrètement à mener des recherches au cours des quatre prochaines années. Il inclut également la formation des prestataires de services de conseil agricole.

D'après l'AFAAS, le manque de synergie entre les agriculteurs, les chercheurs et les décideurs politique a ralenti l'adoption des innovations et des résultats de la recherche par les agriculteurs. Parmi les causes de ce constat, les intervenants ont mentionné un faible échange d'informations, un manque de partage des meilleures pratiques au niveau du continent ainsi qu'un faible développement des réseaux et des partenariats.

Dan Kisauzi, conseiller en gestion de l'AFAAS, a indiqué à SciDev.Net que cette stratégie "reflète l'importance du savoir, et des connaissances en matière de gestion, pour améliorer la productivité agricole en Afrique".

Il a cependant déclaré que la productivité n'est pas la seule préoccupation.

"Dans le passé, les services de conseil ont assimilé l'agriculture uniquement à la production, or l'intérêt des agriculteurs ne réside pas seulement dans la production ; ils souhaitent également gagner de l'argent et survivre. Les contraintes auxquelles les agriculteurs doivent faire face pour valoriser leur production se situent en dehors de leur exploitation ; c'est là qu'agit notre stratégie en améliorant les dialogues qui vont dans les deux sens avec les agriculteurs".

Scola Bwali, coordinateur local des services nationaux de conseil agricole dans la circonscription de Hoima, en Ouganda, a déclaré : "La difficulté pour l'AFAAS est d'aider les prestataires de services à assurer des interventions articulées, au niveau du pays, qui puissent apporter une sécurité alimentaire et de l'argent".

Le plan présenté lors du colloque n'est pas exhaustif et ses délégués ont convenu qu'il devait être en permanence peaufiné pour s'adapter aux changements des besoins.

D'après S. Bwali, les changements climatiques, le genre et la valeur marchande sont des questions clés pour les petits exploitants agricoles.

Martin Eweg, prestataire de services de vulgarisation travaillant avec des producteurs de canne à sucre en Afrique du Sud, a déclaré que le plan stratégique allait aider les pays africains à établir des services de conseil à travers tout le continent.

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