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Les TIC pourraient combler certaines, mais pas toutes, les lacunes créées par la pénurie de vulgarisateurs
  • Les TIC pour combler les lacunes de la vulgarisation en agriculture

Les TIC pourraient combler certaines, mais pas toutes, les lacunes créées par la pénurie de vulgarisateurs
Crédit image: Flickr/CIMMYT

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[NAIROBI] Une conférence sur les innovations en matière de vulgarisation a conclu qu'une grave pénurie de vulgarisateurs en Afrique sub-saharienne pourrait être partiellement comblée par de nouveaux outils des technologies de l'information et de la communication (TIC).

L'Afrique compte un vulgarisateur pour 4000 agriculteurs, contre un pour 200 dans les pays développés : telle est la conclusion de la conférence qui avait pour thème "Innovations en matière de vulgarisation et de services consultatifs. Etablir un lien entre les connaissances, la politique et l'action en matière d'alimentation et de moyens de subsistance", qui s'est tenue le mois dernier (15-18 novembre).

Mais cet écart pourrait à présent être réduit avec l'utilisation des outils issus des TIC, comme les téléphones mobiles, Internet et les iPods, associés à des médias plus traditionnels, comme la radio.

Michael Hailu, le directeur du Centre technique d'agriculture et de coopération rurale, aux Pays-Bas, a déclaré que, même là où il n'y a pas de pénurie de personnel de vulgarisation ou d'argent, une utilisation intelligente des TIC peut aider à transmettre des informations en temps réel aux agriculteurs, en particulier dans les coins reculés d'Afrique qui manquent de personnel.

“Les TIC telles que les téléphones mobiles permettent aux agriculteur d'augmenter leur production, découvrir de nouveaux marchés pour leurs produits et à accéder à de nouvelles connaissances et technologies.”

By Michael Hailu, directeur du Centre technique d'agriculture et de coopération rurale, Pays-Bas

"Le continent doit essayer d'être aussi innovant que possible et exploiter le secteur des communications mobiles en essor pour transmettre des connaissances", a-t-il ajouté.

"Les TIC telles que les téléphones mobiles permettent aux agriculteur d' augmenter leur production, découvrir de nouveaux marchés pour leurs produits et à accéder à de
nouvelles connaissances et technologies".

La déclaration finale de la conférence préconise une plus grande utilisation des TIC et des médias parmi les offres de services consultatifs et de vulgarisation, qui devraient également tenir compte de la culture et des questions liées au genre.

Mais Hailu a prévenu que les gouvernements prendraient de grands risques en continuant à négliger le recrutement d'agents de services de vulgarisation dans la mesure où les TIC pourraient ne pas assurer tous les services nécessaires.

Hannington Odame, le directeur du Centre de Bio-entrepreneuriat d'Afrique, au Kenya, a également souligné que l'utilisation des TIC a ses limites et que la formation des agriculteurs et des agro-dépositaires permettrait de répondre aux besoins.

"Les TIC ne peuvent fournir que des informations sur des choses simples ou statiques, mais lorsque les suivis sont nécessaires et les besoins des agriculteurs variés, on a besoin de personnel", a déclaré Odame.

"Ce peut être des agriculteurs bien formés ou des commerçants  qui vendent des produits chimiques ou des engrais aux agriculteurs".

Il a laissé entendre que diverses sources d'information étaient nécessaires pour permettre aux agriculteurs d'atteindre une productivité et une rentabilité maximales.

Cet élément peut permettre de mettre en place d'un système d'information des agriculteurs.

Mary Kamau, la directrice de la vulgarisation et de la formation au ministère kenyan de l'Agriculture, a déclaré que son pays avait mis en place le Système national d'informations sur l'agriculture dans le cadre du programme national de vulgarisation de l'agriculture et de l'élevage, par lequel les agriculteurs peuvent accéder à des informations à partir de leurs téléphones mobiles grâce à des numéros gratuits.

Les investissements dans les services de vulgarisation agricole doivent passer à 3,5 pour cent du produit intérieur brut agricole (PIB), selon Magdalena Blum, du Bureau d'échange des connaissances, de la recherche et de la vulgarisation a l'Organisation mondiale pour l'alimentation et l'agriculture.

Elle a ajouté qu'aucun gouvernement africain n'investissait ne serait-ce qu'un dixième des 3,5 pour cent recommandés, alors que l'agriculture continuait à représenter plus de 30 pour cent du PIB du continent.

Lien vers la déclaration de la conférence [135KB]

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