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  • Les agriculteurs africains 'ont besoin de prévisions climatiques plus pertinentes'

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D'après une étude, des limites ont été posées à la capacité des prévisions climatiques saisonnières à satisfaire les besoins des agriculteurs d'Afrique sub-saharienne.

Selon un article publié ce mois-ci (5 avril) dans Experimental Agriculture, les incertitudes quant à la pluviométrie et au climat affectent 70 pour cent de la population de l'Afrique sub-saharienne, ce qui entrave les efforts réalisés pour favoriser la production agricole, améliorer la sécurité alimentaire et réduire la pauvreté.

Les auteurs ont indiqué que les agriculteurs pourraient utiliser de diverses manières les prévisions climatiques saisonnières pour stimuler la production alimentaire.

Cette recherche a permis de montrer que la demande d'informations climatiques est diffusée parmi les agriculteurs. Une étude réalisée au Burkina Faso a constaté que 91 pour cent des agriculteurs participant à un projet pilote appliquaient les prévisions saisonnières pour prendre des décisions.

D'après les chercheurs, les informations climatiques saisonnières peuvent constituer un outil précieux pour les agriculteurs, mais il existe un "fossé important" entre les informations disponibles et les besoins des agriculteurs.

Rose Goslinga, coordinatrice d'une initiative dʹassurance agricole à la Syngenta Foundation for Sustainable Agriculture, a indiqué à SciDev.Net que "lorsque la récolte est le défi le plus important de la saison", c'est en comprenant les exigences des agriculteurs que les informations climatiques peuvent être rendues les plus pertinentes.

Cette étude a conclu que le faible accès aux informations climatiques pertinentes est la conséquence de plusieurs facteurs, notamment le manque d'appropriation du secteur agricole et d'une personne qui les représenterait dans les services climatiques.

Il est démontré par cette étude que l'interaction entre les chercheurs et les agriculteurs peut réduire les barrières de communication et améliorer l'utilisation de prévisions climatiques saisonnières. La participation à des séminaires organisés au Zimbabwe a par exemple permis d'accroître les récoltes de 19 pour cent.

James Hansen de l'International Research Institute for Climate and Society, de l'Université de Columbia, aux États-Unis, premier auteur de l'étude, a déclaré à SciDev.Net : "Un important coapprentissage peut avoir lieu si les agriculteurs et les météorologues peuvent évaluer le sens des prévisions saisonnières ainsi que ce qu'elles impliquent au niveau de la gestion".

Les informations incluses dans les prévisions saisonnières ne sont pas suffisantes pour aider les agriculteurs, a convenu Peter Webster du Georgia Institute of Technology, situé à Atlanta, en mettant l'accent sur le besoin de satisfaire les exigences des agriculteurs.

Les auteurs préconisent cinq changements pour améliorer l'utilisation et les avantages des prévisions saisonnières.

Ils incluent d'intégrer des prévisions saisonnières dans les stratégies de recherche et de développement dans le domaine de l'agriculture, de développer la capacité à utiliser et à demander des informations climatiques, et de donner au secteur agricole et aux agriculteurs la possibilité de s'exprimer sur les services et les produits relatifs aux informations climatiques.

Le rapport suggère que des leçons peuvent être tirées des forums sur les perspectives climatiques au Malaria, qui sont organisés par une communauté d'utilisateurs.

Les auteurs ont également déclaré que les services nationaux de météorologie pourraient fournir des services pour le développement, et que les données climatiques pourraient être considérées comme un bien public gratuit et une ressource pour le développement durable.

J. Hansen espère que les initiatives du Global Framework for Climate Services and Climate for Development in Africa donneront un nouveau souffle aux informations de prévisions saisonnières destinées au secteur agricole, en se concentrant sur la conception dʹinformations climatiques.

R. Goslinga a convenu que : "Le secteur agricole a été négligé en Afrique mais il est de nouveau à l'ordre du jour".

Lien vers l'article complet publié dans Experimental Agriculture (en anglais)

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