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  • La filière ougandaise de thé menacée par la hausse de températures

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[KAMPALA] Dʹaprès une étude, certaines des plantations de thé les plus lucratives de lʹOuganda risquent dʹêtre "rayées de la carte" à cause de la hausse de température de 2,3 degrés Celsius annoncée pour 2050.

Des scientifiques de lʹInternational Center for Tropical Agriculture (CIAT) de Columbia ont indiqué que la hausse dʹun degré Celsius qui est attendue pour 2020 pourrait déjà réduire de 30 à 48 pour cent la production de 60 000 petits producteurs ougandais qui cultivent du thé de haute qualité.

Selon Peter Laderach, climatologue au CIAT et auteur de lʹétude Future Climate Scenarios for Ugandaʹs Tea Growing Areas publiée le mois dernier (2 août), les rendements devraient diminuer et les zones de production de thé de haute qualité se déplaceront vers des terrains plus élevés où lʹair est plus frais.

Patrick Wetala, directeur des recherches sur le thé au Coffee Research Centre de lʹOuganda, a déclaré à SciDev.Net que la hausse des températures exposera les variétés de thé à de nouvelles conditions.

"En pratique, il est probable que les plantes, ou certaines parties dʹentre elles, fanent ou quʹelles se dessèchent totalement en raison de la hausse des températures, comme cʹest fréquemment le cas lors des sécheresses", a déclaré P. Wetala.

"Les feuilles cueillies sur les plantes qui auront survécu, donneront un thé de mauvaise qualité car elles seront cassantes", a-t-il ajouté.

"La hausse des températures aura un autre effet, plus grave, car des parasites et des maladies, qui étaient précédemment mineurs, deviendront plus importants, et dʹautres plus virulents feront leur apparition", a-t-il déclaré.

Ce rapport, dont les résultats sont "choquants" selon P. Laderach, comportait les résultats de 18 modèles de prévision de climat et deux modèles de prévision des cultures ayant conclu que lʹOuganda risquait de souffrir plus que le Kenya, auquel un rapport du CIAT publié cette année (26 mai) avait annoncé de "graves difficultés".

George Sekitoleko, secrétaire de direction de lʹUgandan Tea Association (UTA), a indiqué que : "Ce que les scientifiques annoncent est correct car chaque fois que nous connaissons une sécheresse prolongée, les arbres à thé se dessèchent considérablement. Par conséquent, lorsque les températures augmenteront de 2,3 degrés Celsius, les effets seront extrêmement graves".

"Pire encore, notre thé est à 100 pour cent alimenté par les pluies. Le commerce du thé représente, par ailleurs, 90 millions de dollars américains (67 millions dʹeuros) du marché des changes".

"Il est désormais capital dʹunir nos efforts dʹadaptation afin de contribuer à minimiser les risques", a déclaré P. Laderach.

Environ 20 000 hectares (ha) de thé sont cultivés en Ouganda contre 132 000 ha environ au Kenya. Selon lʹUTA, jusquʹà 500 000 personnes vivent de cette culture.

Lien vers le rapport complet (en anglais)

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