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Accroître les rendements agricoles grâce aux vers de terre
  • Accroître les rendements agricoles grâce aux vers de terre

Crédit image: Petterik Wiggers/Panos

Lecture rapide

  • Le Zimbabwe connaît une baisse de sa production céréalière, notamment du maïs

  • Un projet basé sur le lombricompostage veut aider les petits producteurs à améliorer leurs rendements

  • Un expert rappelle que les vers de terre contribuent à transformer les déchets en engrais organiques

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[HARARE] Un projet mis en œuvre au Zimbabwe promeut le recours aux vers de terre pour aider les petits exploitants agricoles à améliorer la fertilité des sols et les rendements de leurs cultures.
 
D’après Ephraim Whingiri, directeur général de Zim Earthworm Farms (ZEF), les vers de terre mangent les déchets organiques ; leurs déjections, plus riches que le compost traditionnel, sont utilisées pour améliorer la fertilité des sols.
 
ZEF a organisé le 26 août dernier une campagne de sensibilisation à Harare, la capitale zimbabwéenne, et à ce jour, l’association a formé 100 agriculteurs à l’utilisation du lombricompostage (ou vermicompostage).
 
Les experts affirment que l’aggravation de la dégradation et de l’infertilité des sols au Zimbabwe a entraîné une chute brutale de la production alimentaire, nécessitant des interventions pour  stimuler l’agriculture.

“La prochaine révolution verte viendra du lombricompostage”

Ephraim Whingiri, Zim Earthworm Farms


“Les technologies de conservation des sols améliorent la productivité et permettent aux agriculteurs d’accroître la production”, souligne Ephraim Whingiri.
 
Il explique que le lombricompostage, technologie peu onéreuse, peut contribuer à réduire l’incidence de la pauvreté.
 
Il ajoute que son organisation forme les petits exploitants à l’élevage de vers de terre comme activité génératrice de revenus.
 
Tracy Kashanje fait partie des 100 petits producteurs formés par la ZEF à la production d’engrais organiques et du compost à partir des vers de terre ; et Whingiri précise que cette formation a été offerte aux producteurs à  titre gracieux.
 
Après la formation, Tracy Kashanje et d’autres petits producteurs ont reçu chacun 60 grammes de vers de terre à multiplier et conserver.
 
“C’est rentable puisque je vends les vers et je les utilise aussi comme fumier. J’ai pu accroître ma production grâce à l’agriculture biologique”, se félicite cette dernière.
 
D’après Ephraim Whingiri, le lombricompostage peut participer à la résolution du problème des déchets et contribuer à garantir la sécurité alimentaire au Zimbabwe.
 
Elle ajoute que "le lombricompostage est économiquement viable, durable et socialement acceptable. Chaque ménage produit des déchets animaux, alimentaires et végétaux qui, compostés et inoculés de vers de terre, peuvent être convertis en engrais biologiques riches."
 
Pour Emmanuel Chikwari, directeur par intérim de l’Institut de chimie et de recherche sur les sols auprès du ministère zimbabwéen de l’Agriculture, de la mécanisation et de l’irrigation, les vers de terre compostent les déchets plus rapidement que les systèmes conventionnels.
 
Selon lui, l’agriculture biologique peut contribuer à améliorer la structure des sols, et contrairement aux engrais chimiques répandus au Zimbabwe, les engrais organiques ne risquent pas de perdre leurs éléments nutritifs à cause du lessivage.
 
"Il faut assurer une bonne formation aux agriculteurs pour leur permettre de manipuler et gérer les vers de terre", suggère-t-il.
 
Encouragent au passage le gouvernement à accroître le soutien accordé à l’agriculture biologique, pour permettre aux chercheurs de développer des connaissances susceptibles d’être conditionnées et transmises aux agriculteurs.
 
Par ailleurs, il propose que des programmes soient élaborés pour motiver les producteurs de la région à se lancer dans l’agriculture biologique.
 
"Le lombricompostage représente aujourd’hui la voie à suivre”, résume-t-il dans un entretien accordé à SciDev.Net.
 
Ephraim Whingiri en convient ; pour lui, “la prochaine révolution verte viendra du lombricompostage”.
 
 
Ceci est une traduction d’un article original produit par la rédaction anglaise pour l'Afrique subsaharienne de SciDev.Net.
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