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Les académies des sciences d’Afrique et d’Europe en accord
  • Les académies des sciences d’Afrique et d’Europe en accord

Crédit image: SciDev.Net / Julien Chongwang

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  • Il s’agit de renforcer la collaboration entre les scientifiques d’Afrique et d’Europe

  • Question de proposer des solutions pour le développement des deux parties

  • Selon les signataires, cet accord pourra réduire la fuite des cerveaux

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Le Network of african science academies (Réseau des académies de sciences d’Afrique- NASAC) a signé ce mardi, 23 février à Dakar (Sénégal) un accord avec le Groupe interacadémique pour le développement (GID).
 
Le GID étant une organisation internationale créée en 2007 par dix académies de l’Europe du sud et d’Afrique (six de France, une d’Italie, du Sénégal, d’Egypte et du Maroc), dans l’intention d’agir par l’éducation, la formation et l’information pour être un centre de réflexions et de propositions à même de catalyser un co-développement véritable entre l’Europe et l’Afrique.
 
"Naturellement, pour cela, il faut mobiliser tous les savoirs des scientifiques africains. Il se trouve que le NASAC couvre toute l’Afrique. Voilà le fondement de cet accord", explique le Français François Guinot, président du GID.
 
"Nous avons beaucoup à travailler sur cette notion de co-développement euro-africain pour faire en sorte qu’il soit perçu d’une manière concrète que le développement de l’Afrique et celui de l’Europe seront intimement liés", ajoute l’intéressé. 

“Un tel partenariat apporte une plus grande ouverture à même de montrer à ceux qui sont à l’extérieur ou à ceux qui seraient tentés de partir comment ils peuvent travailler et s’épanouir sur le plan scientifique en restant dans leurs pays”

Ahmadou Lamine Ndiaye
Académie nationale des sciences et techniques, Sénégal


De son côté, Mostapha Bousmina, président du NASAC, s’est félicité de la signature de cet accord qu'il jugz "naturel et logique parce que les objectifs des deux organisations se rejoignent sur cette Afrique qui nous est chère à tous".
 
Soulignant notamment les ambitions méditerranéennes et maintenant africaines du GID et celles du NASAC qui, dit-il, "représente sans doute les meilleures intelligences et les meilleurs scientifiques de l’Afrique".
 
Ahmadou Lamine Ndiaye, président sortant de l’Académie nationale des sciences et techniques du Sénégal (ANSTS), se veut plus précis sur le contenu de cet accord : "cet accord va permettre à l’Académie des sciences de France à travers le GID et au NASAC (ou de chacun de ses 21 membres) de renforcer leur collaboration. Car, toutes les académies ont les mêmes objectifs, à savoir promouvoir la science et la technologie, développer une culture scientifique dans les différents pays et encadrer les scientifiques".
 
Une telle coopération ne risque-t-elle pas cependant d’accentuer la fuite des cerveaux africains vers l’occident comme on le déplore déjà ?
 
"Bien au contraire, répond Ahmadou Lamine Ndiaye. Les académies ont pour mission de rassembler tous les scientifiques dans un seul pays, dans une région ou dans un continent. Et parmi nos membres, il y en a qui sont en Afrique et d’autres qui sont dans la diaspora ; l’essentiel est que le niveau scientifique soit élevé".

Fuite des cerveaux
 
"Par conséquent, conclut-il, à travers cette collaboration entre les académies, nous pouvons diffuser davantage ce que font les académies dans le domaine de la science. Un tel partenariat apporte une plus grande ouverture à même de montrer à ceux qui sont à l’extérieur ou à ceux qui seraient tentés de partir comment ils peuvent travailler et s’épanouir sur le plan scientifique en restant dans leurs pays. Donc, moi j’y vois plutôt un moyen de renforcer l’épanouissement des scientifiques africains sur le terroir et au sein de leurs académies."
 
"La fuite des cerveaux est absolument opposée au concept de co-développement que nous avons" tranche pour sa part François Guinot.
 
"Nous avons des expériences pour une circulation intelligente des cerveaux qui fasse que ceux-ci reviennent en Afrique. Car, la fuite des cerveaux est inadmissible dans le concept de co-développement qui est le nôtre", ajoute-t-il.
 
La signature de cette convention s’est déroulée dans le cadre du premier forum africain des sciences et des technologies qui se déroule depuis le 22 février 2016 dans la capitale sénégalaise. Avec pour thème des travaux : "l’emploi des jeunes : la nécessaire co-conctruction des enseignements-formations et des entreprises".

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