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  • L’alerte précoce aux catastrophes: Faits et chiffres

Lucy Pearson passe en revue les systmes dalerte prcoce aux catastrophes, leurs avantages et leurs inconvnients, ainsi que les causes du dlai entre les alertes et laction.

Tout au long de lhistoire, les catastrophes naturelles ont dtruit des vies et des moyens de subsistance en tuant des gens et en endommageant des domiciles et des entreprises. Au cours des 35 dernires annes, elles ont caus environ 2,5 millions de morts et caus plus de 1,5 milliards de dollars de dgts, principalement dans les pays en dveloppement. [1]

Les catastrophes dcoulent de risques naturels et biologiques (inondations ou maladies infectieuses, par exemple), ainsi que de catastrophes sociopolitiques complexes et de risques industriels (scheresses ou fuites radioactives).

Lampleur des dgts causs par un tel ala dpend non seulement de sa gravit, mais aussi de la capacit des personnes vivant dans les zones risque se prparer et rsister aux catastrophes. Pour rduire les risques de catastrophe, on a donc dirig partiellementles efforts sur le dveloppement de systmes dalerte prcoce destins fournir une information efficace au moment voulu, pour permettre aux gens et aux communauts de rpondre la catastrophe quand elle vient frapper.

Les systmes dalerte prcoce sont un mlange doutils et de processus intgrs dans des structures institutionnelles, coordonns par des organismes internationaux et parfois nationaux. Quils soient axs sur un risque particulier ou sur plusieurs risques distincts, ces systmes comportent quatre lments: la connaissance du risque, un service technique de surveillance et dalerte, la diffusion dalertes significatives aux personnes risque et la sensibilisation et la prparation du public laction. Les services dalerte se trouvent au cur de ces systmes, et leur bon fonctionnement dpend de la disponibilit de bases scientifiques fiables pour les prvisions, ainsi que de la capacit fonctionner 24 heures sur 24.

Les progrs scientifiques et technologiques (Encadr 1) ont permis des amliorations significatives de qualit, dopportunit et de dlai dans les alertes sur les alas. Ils ont aussi aid amliorer le fonctionnement des rseaux dobservation intgrs. Mais les progrs technologiques eux seuls ne suffisent pas et peuvent, dans certains cas, crer des obstacles la capacit de rponse des populations vulnrables.

Encadr 1 : Technologies de surveillance et dalerte

Technologies de prvision et de modlisation
Les systmes dalerte prcoce de plusieurs pays sont bass sur les prvisions climatiques saisonnires ou interannuelles. [2] Ces systmes sappuient sur lutilisation des donnes de surveillance, notamment les tempratures et les prcipitations et les modles climatiques de pointe. Les climatologues analysent les observations et les prvisions bases sur les modles pour prvoir les anomalies climatiques une ou deux saisons lavance.

Applications de la tldtection et des systmes dinformation gographiques (SIG)
Les applications de la tldtection et des SIG ont permis damliorer considrablement les systmes dalerte prcoce sur les famines. Le Centre rgional de cartographie des ressources pour le dveloppement (Regional Centre for Mapping of Resources for Development ou RCMRD) utilise les systmes dalerte prcoce rgionaux bass sur la tldtection, employs au service de la scurit alimentaire pour complter les initiatives nationales dans les pays dAfrique de lEst. Le RCMRD labore des prvisions sur les rcoltes mi-saison pour mettre des avertissements sur la scurit alimentaire avant la fin de la saison. Quant la surveillance des inondations, elle est renforce par la tldtection, qui fournit des informations sur la qualit du sol, des ressources en eau, des tablissements humains, des zones cultives et des forts.

Technologies de communication par satellite
Les amliorations de la communication par satellite ont permis de rduire le retard entre la collecte des donnes et lmission de lalerte. Par exemple, le Systme dalerte aux tsunamis dans le Pacifique comprend un enregistreur plac au fond de la mer, qui transmet les donnes sur les anomalies une boue en surface. Ces donnes sont ensuite transmises par satellite toutes les 15 secondes aux stations sur la terre ferme.

Tlphonie mobile
En parallle la vulgarisation des tlphones et des rseaux mobiles dans le monde, la technologie est de plus en plus utilise dans la transmission des alertes et la coordination des activits de prparation surtout avec les alertes par textos pour diffuser des messages grande chelle. Par exemple, ds que sont dtectes les ondes P qui prcdent les sismes, les agences japonaises envoient des textos tous les numros de tlphone mobile enregistrs dans le pays. Cette technologie peut cependant faire face quelques difficults notamment si les pylnes de la tlphonie sont dtruits par un sisme ou que les rseaux sont surchargs en cas dalas.

Les TIC pour lexternalisation ouverte (crowdsourcing)
Lutilisation des donnes obtenues par externalisation ouverte simpose de plus en plus grce la connectivit croissante Internet et lutilisation des technologies de linformation et de la communication (TIC) comme les tlphones mobiles. Lexternalisation ouverte a t abondamment utilise pour rpondre au sisme de 2010 Hati, ce qui a permis aux populations locales, aux spcialistes de la cartographie et dautres acteurs de communiquer sur ce quils voyaient et entendaient sur le terrain, et de produire des donnes pouvant tre exploites par les travailleurs humanitaires. Elle sest avre particulirement utile pour localiser des survivants qui avaient besoin daide. Le rle que peut jouer en amont des catastrophes lexternalisation ouverte est aussi de plus en plus reconnu notamment lidentification des risques et lalerte prcoce.

Cartographie de crise
Grce des initiatives comme Ushahidi et grce au site Google Crisis Response, la cartographie de crise recourt lexternalisation ouverte et aux images satellitaires, notamment aux cartes participatives et aux modles statistiques, pour promouvoir une alerte prcoce plus claire et plus efficace. Elle peut offrir des donnes en temps rel sur une crise venir dans les moments dincertitude et de confusion. Les normes quantits de donnes qui peuvent tre produites par ces systmes peuvent tre analyses travers les rseaux dintervenants (comme Crisis Mappers).

Systmes dalerte prcoce : quels sont leurs avantages ?

Les systmes dalerte prcoce sont de plus en plus considrs comme partie intgrante de la prparation aux catastrophes. Ils impliquent une grande varit dacteurs. La figure 1 prsente quelques vnements cls du dveloppement de ces systmes.

Les systmes dalerte prcoce nexistent pas dans le monde entier, cependant. Le quart des pays analyss dans le Rapport mondial dvaluation de la rduction des risques de catastrophes de 2011 ont signal que les communauts nont pas reu dalerte prcoce sur les alas imminents. [4]

Certains systmes dalerte prcoce sont plus performants que dautres, mais il faut, dans tous les cas, amliorer ceux qui existent. Les discussions sur les moyens de le faire peuvent tre claires par des analyses critiques pour dterminer ce que peuvent permettre daccomplir les systmes dalerte prcoce de manire raliste, et ce qui est hors leur porte. (Encadr 2).

Encadr 2: Que pouvons-nous attendre des systmes dalerte prcoce?

Lalerte prcoce peut sauver des vies
De nombreux pays ont considrablement rduit les pertes en vies humaines en mettant sur pied des systmes dalerte prcoce efficaces. On met au crdit du Systme cubain dalerte prcoce sur les cyclones tropicaux une rduction considrable du nombre de dcs dus aux alas climatiques comme les cyclones, les mares provoques par les temptes et les inondations connexes: on na dplor que sept morts pour cinq cas dinondation successifs. [5] Le Bangladesh offre une autre illustration: il dispose maintenant dun systme dalerte prcoce de 48 heures qui permet aux gens daller sabriter dans des refuges srs plusieurs heures avant larrive des cyclones sur les ctes, rduisant ainsi le nombre de dcs. En 1970, le cyclone Bhola avait caus 300.000 morts, alors que le cyclone Sidr, en 2007, na caus que 3000 victimes: les autorits ont pu le suivre mesure quil gagnait en intensit.

...mais ne peut prvenir tous les dgts
Il est vrai que beaucoup de choses peuvent tre accomplies au niveau local pour la protection des vies et des moyens de subsistance une fois que lalerte est reue, mais on ne peut pas grand chose pour protger les infrastructures dans le cas dune catastrophe soudaine il en rsulte toujours des pertes financires lies la destruction des btiments et linterruption des services. Toutefois, dans les catastrophes qui se dclenchent plus lentement et que lon peut prvenir plusieurs jours ou plusieurs mois lavance, les systmes dalerte prcoce peuvent donner assez de dlai pour permettre la mise en place de mesures de rduction des risques, telles que la mise aux normes des btiments et la construction de barrires.

Lalerte prcoce peut contribuer la prvention de plusieurs types dalas
Les systmes dalerte sont en place et se sont avrs bnfiques pour toute une srie dalas. En cas de tsunamis, lavantage dun systme coordonn sur le plan international a t dmontr Tohuku loccasion du sisme et du tsunami qui ont frapp le Japon en 2011, et qui ont menac plusieurs les du Pacifique. Les alertes ont t mieux coordonnes que lors du tsunami dvastateur de 2004 dans lOcan indien, donnant davantage de temps la population pour partir vers les terres hautes.

Les choses sont plus compliques pour les systmes mis en place pour donner lalerte sur les alas ayant des causes complexes, comme la scheresse. Certains pays ont toutefois dvelopp des systmes capables dintgrer des donnes tires de sources varies et donnant lalerte sur le dclenchement imminent de la scheresse. Et les premiers systmes dalerte pour la scurit alimentaire ont considrablement volu au cours des dernires annes. Le Systme mondial dinformation et dalerte prcoce sur lalimentation et lagriculture (SMIAR), du Fonds des Nations Unies pour lalimentation et lagriculture, est le systme international le plus complet de surveillance de la scurit alimentaire.

...mais prsente des lacunes en matire dalas gologiques
Les signes dune ruption volcanique imminente ou dun glissement de terrain peuvent parfois tre dtects un stade prcoce, et utiliss pour les alertes. Des systmes rgionaux de surveillance ont t installs dans la plupart des rgions exposes aux sismes, et des initiatives internationales existent (comme le rseau GEOFON de lInstitut de recherche GeoForschungsZentrum de Potsdam, notamment). Il est cependant difficile de dtecter les signes prcurseurs dun sisme et les prvisions de routine demeurent peu fiables: la localisation, lamplitude et le moment de dclenchement des sismes sont imprvisibles.

Une avance de quelques secondes peut toutefois faire la diffrence et certains pays se contentent du peu de donnes disponibles. A Mexico, par exemple, les systmes techniques peuvent identifier la premire onde sismique qui suit le dbut dun sisme pouvant stre produit plus de 100 kilomtres, permettant aux autorits dutiliser ces donnes pour fermer les systmes risques, comme les rseaux de distribution de gaz.

Le dlai entre lalerte et le suivi

Lamlioration de lefficacit des systmes dalerte prcoce ne permet pas en elle-mme de rduire les risques auxquels sont exposes les communauts. Lalerte prcoce ne mne pas grand-chose si elle nest pas suivie de mesures rapides.

La communication sur les alertes nest toujours pas efficace, et nest pas suffisamment suivie deffet, mme si les organes responsables de la question dans les pays dvelopps et les pays en dveloppement sont prsent plus conscients de la nature, de la frquence, des lieux et de lintensit des divers types dalas, et sont dots de capacits techniques avances de surveillance, comme les modles climatiques et la tldtection.[3, 4]

Lune des catastrophes les plus dvastatrices de lhistoire, le tsunami de 2004 dans lOcan indien, en est une bonne illustration. Le Centre dalerte sur les tsunamis dans le Pacifique, bas Hawa avait dtect le sisme. Il avait pass des appels aux agences gouvernementales de pays comme lIndonsie et la Thalande, mais les infrastructures de rponse aux catastrophes nexistaient pas dans ces pays et lalerte na pu tre transmise aux communauts locales. [6]

Quest-ce qui explique donc ce retard entre lalerte prcoce et la raction? Lidentification des facteurs en cause peut aider les pays et la communaut internationale trouver des stratgies rsoudre ces problmes.

Comprendre lincertitude

Lincertitude inhrente linformation scientifique constitue lun des facteurs dinaction face aux alertes prcoces. Linformation issue des prvisions est parfois transmise dans un langage et un format qui ne sont pas facilement compris par les travailleurs humanitaires ou les communauts locales qui en ont besoin. Doubl dincertitude, le jargon scientifique pousse gnralement les utilisateurs ne pas agir.

Les noncs tels que: Il y a 20% de chances pour que la moyenne des prcipitations soit suprieure la moyenne pluriannuelle prsentent linformation scientifique dans un langage peu familier.

Lincertitude ne doit cependant pas constituer une justification linaction. Lchange dinformation dans les deux sens peut minimiser les incomprhensions et aider les scientifiques et les utilisateurs de linformation scientifique apprcier leur langage et leurs objectifs respectifs ainsi que la faon dont ils peuvent mieux joindre leurs efforts pour se prparer aux catastrophes (Encadr 3) [7]

Encadr 3: Ncessit de comprendre lincertitude

En 2011, le Programme Humanitarian Futures a men une tude sur le recours la climatologie pour clairer la prise de dcisions relatives aux moyens de subsistance, dans le cadre des inondations saisonnires et de la scheresse au Kenya. [8] Il a constat que bien que le service mtorologique kenyan produise des donnes utiles et pertinentes lintention des agriculteurs et des leveurs, elles ne sont pas dlivres sous une forme qui leur soit comprhensible. Les questionnaires indiquaient aussi que le niveau de mfiance de la population lgard de ce service tait trs lev, principalement parce quelle il y a dj eu, par le pass, des prvisions qui ne se sont pas ralises. Le fait que la population ne comprenne pas le caractre incertain de ces prvisions a pouss les gens les interprter comme tant fausses, et penser que lon ne devrait plus sy fier.

Etablir un ordre de priorit des risques

Lautre cause dinaction est lie au fait que les alertes tendent ne pas donner dindication quant aux dcisions que les gens doivent adopter en rponse aux alertes. Dans les pays en dveloppement, cela passe par la matrise du lien bien tabli entre catastrophes et pauvret. Par exemple, un agriculteur peut choisir de rester veiller sur son btail au lieu de se laisser vacuer parce quil estime que le risque dinondation est moins lev que celui de perdre son moyen de subsistance.

Le travail des communicateurs sur les alertes prcoces peut tre plus efficace sils tiennent compte du comportement des gens pendant la priode cruciale qui suit la rception dune alerte surtout la faon dont ils tablissent un ordre de priorit entre les divers risques. Lvaluation du comportement aprs les catastrophes peut permettre de savoir qui ne tient pas compte des alertes, et pourquoi.

Rduire le nombre de fausses alertes

A mesure que la couverture gographique et la sophistication des systmes dalerte prcoce stendent, les fausses alertes augmentent aussi. Mme si certains estiment que ces systmes dalerte sont dune importance inestimable, le taux lev de fausses alertes peuvent entamer le confiance du public, accrotre la mfiance, diluer limpact des alertes et saper la crdibilit des futures alertes.

En 2007, une alerte un tsunami local a t lance par erreur Aceh, en Indonsie, entranant une panique gnrale et des blessures quand la population sest mise fuir. La colre avait pouss la population dsactiver par la suite le systme dalerte prcoce aux tsunamis, occasionnant des vulnrabilits inutiles et des risques long terme. Et cette anne, un sisme de 8,7 degrs sur lchelle de Richter, survenu aux larges de lIndonsie, a dclench le Systme dalerte prcoce sur les tsunamis dans le Pacifique. Il ny a cependant pas eu de tsunamis de grande ampleur et la probabilit dun tsunami a t juge faible en raison des caractristiques du sisme.

Lune des approches pour rduire le nombre de fausses alertes consiste se fier aux indicateurs locaux, comme le comportement des animaux ou les changements de la vgtation, afin de vrifier les indicateurs scientifiques sur les alas futurs. Lautre approche consiste travailler avec les mdias pour viter la diffusion dinformations inexactes, exagres ou trompeuses sur des vnements potentiels.

Suivre les outils de communication

Des TIC innovantes sont en cours de dveloppement et de dploiement. Elles jouent un rle important dans la vulgarisation des informations auprs des organisations responsables de la rponse aux alertes et des secours apporter la population en cas de catastrophe. Mais leur efficacit est obre par linexistence dune surveillance systmatique et constante.

Les services Web, les textos et les courriels, ainsi que les technologies plus anciennes comme la radio et la tlvision, ont tous t utiliss comme moyen de communiquer les alertes. Mais ces outils sont conus et dploys dans diverses localits et dans des conditions varies, avec un suivi trop insuffisant pour savoir ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas.

Par exemple, la tlvision nest pas toujours efficace dans les communauts les plus risque cause de la mfiance quelle suscite. Lorsque le suivi est assur, il pche par manque dvaluation de lefficacit court et long terme, ou il suscite des interrogations quant sa fiabilit sil est entrepris par lorganisation qui la mis en place.

Coordonner la rponse

Pour finir, la coordination et la collaboration insuffisantes entre organisations peuvent faire obstacle aux initiatives pour encourager la prise de mesures prcoces parce que les organisations qui mettent les alertes ne sont pas celles qui les diffusent. Par exemple, pour les ouragans, lOrganisation mtorologique mondiale collecte des donnes atmosphriques qui sont ensuite transmises au National Hurricane Centre (NHC, Centre national pour les ouragans) des Etats-Unis, qui diffuse des consignes et des prvisions au grand public.

Les consignes sont ensuite transmises par le biais du Systme mondial de tlcommunications, par fax et sur Internet, aux services mtorologiques et hydrologiques nationaux des pays risque, o les prvisionnistes nationaux sen servent pour produire des alertes spcifiques sur les ouragans. Elles sont ensuite transmises aux radios, tlvisions, journaux, aux services de secours durgence et aux autres utilisateurs locaux.

Mais les mcanismes de communication entre organisations et entre agences nationales prsentent des lacunes. Il existe aussi des institutions dont les missions se chevauchent; par exemple, les agences agricoles nationales et les institutions charges des changements climatiques peuvent chacune considrer que la communication dune alerte sur les inondations relve de leur responsabilit et des alertes multiples peuvent semer la confusion.

Les alas ne se limitent pas aux frontires territoriales des pays ou des rgions. Et mesure que le nombre de zones exposes aux alas augmente cause des changements climatiques, le partage des donnes va gagner en importance. Pour contribuer la rsolution de ce problme, il faudrait instaurer de meilleurs canaux de communication et des politiques connexes crant une autorit de communication.

Servir les communauts

Lvolution du climat entrane une modification des besoins des pays en dveloppement et de leur capacit de raction aux catastrophes. Lvolution des rgimes de pluies et des trajectoires des ouragans et laugmentation du nombre de jours avec des tempratures extrmes vont entraner de nouveaux alas que les rgions pourraient navoir jamais connus. [9]. En outre, les tablissements humains et les services stendent vers des endroits risque en raison de lurbanisation croissante le long des ctes, ce qui augmente le degr dexposition aux risques (Figure 2).

Les systmes dalerte prcoce et les technologies et leurs outils dappui seraient plus efficaces sils taient intgrs dans les communauts auxquelles ils servent et pour lesquelles ils sont comprhensibles et pertinents. [10] Cela aurait une importance particulire dans les zones o les communauts ne peuvent pas se fier aux gouvernements pour apporter une rponse efficace aux alertes.

Et il faut aussi intgrer les connaissances et pratiques autochtones, et celles de la communaut scientifique pour amliorer les prvisions et leur acceptation, leur appropriation et la durabilit des systmes dalerte prcoce. Adopt par lUNISDR, le Cadre daction de Hyogo met laccent sur limportance de promouvoir lutilisation des connaissances traditionnelles.

Lide consiste faire en sorte que les pratiques locales et les pratiques scientifiques puissent se complter au lieu de se remplacer, parce que chacune comporte ses avantages et ses inconvnients. Aux les Salomon, par exemple, cette intgration sest faite avec la communication des alertes prcoces sur lle Tikopia, o seuls quelques habitants ont reu une alerte transmise par Radio Australie (mthode scientifique) sur le cyclone qui allait se produire en dcembre 2002. Le systme de communication local (mthode autochtone) a ensuite pris le relai et transmis le message aux autres membres de la communaut dans la langue locale, grce lintervention des coureurs locaux. [11, 12]

Mais il nexiste pas de stratgie simple pour amliorer les systmes dalerte prcoce. Leur impact ne pourra tre maximis que lorsque les mesures ncessaires auront t prises pour renforcer lefficacit des outils technologiques et des prvisions scientifiques dont dpendent les gouvernements et les communauts, librant ainsi davantage de temps pour laction.

Lucy Pearson est la coordinatrice de la recherche du programme Humanitarian Futures du Kings College de Londres, et coordinatrice au Centre asiatique de prparation aux catastrophes (ADPC, en Thalande). Vous pouvez lui crire ladresse: email@lucypearson.net

Le prsent article fait partie dun Dossier sur amliorer lalerte rapide aux catastrophes.

Références

[1] Global Assessment Report on Disaster Risk Reduction (UNISDR, 2009)
[2] Ogallo, L., et al. Adapting to climate variability and change: the Climate Outlook Forum process [837kB]. BAMS 57, 93–102 (2008) 
[3] Developing Early Warning Systems: A checklist. Report from the Third International Conference on Early Warning (Report, UNISDR, 2006) 
[4] Global Assessment Report for Disaster Risk Reduction. (Report, UNISDR, 2011) 
[5] Rogers, D. and V. Tsirkunov. Costs and Benefits of Early Warning Systems [549kB] (Paper for UNISDR, 2011) 
[6] Kettlewell, J. Early Warning Technology – is it enough? (BBC, 2008)
[7] HFP Futures Group Making Space for Science - Humanitarian Policy Dialogue: Unlocking the Potential for Effective Crisis Prevention, Preparedness, Response and Emergency Recovery (Humanitarian Futures Programme, 2011) 
[8] Report of the Exchange Team visit to Nairobi and Arusha (Humanitarian Futures Programme, 2011)
[9] Special Report on Managing the Risks of Extreme Events and Disasters to Advance Climate Change Adaptation (IPCC, 2011)
[10] Early Warning – Early Action [727kB] (International Federation of Red Cross and Red Crescent Societies, 2008)
[11] Victoria, L. P. Combining Indigenous and Scientific Knowledge in the Dagupan City Flood Warning System in Indigenous Knowledge for Disaster Risk Reduction: Good Practices and Lessons Learned from Experiences in the Asia-Pacific Region (UNISDR, 2008)
[12] McAdoo, B. G. et alIndigenous Knowledge Saved Lives during 2007 Solomon Islands Tsunami in Indigenous Knowledge for Disaster Risk Reduction: Good Practices and Lessons Learned from Experiences in the Asia-Pacific Region (UNISDR, 2008)
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