Rapprocher la science et le développement

  • Un groupe d'experts pour examiner le plan africain en matière de science

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Le plan d'action consolidé de l'Afrique pour la science et la technologie sera examiné par des experts en prélude à une réunion des ministres de la science prévue en novembre prochain.

[NAIROBI] L'Union africaine (UA) a mis sur pied un groupe de scientifiques de haut niveau pour donner un nouveau souffle à sa feuille de route pour la collaboration en matière de recherche, qui a été adoptée par les ministres de la science en 2005.

Le plan d'action consolidé (PAC) pour la science et la technologie, officiellement approuvé par les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UA en 2006, avait pour objectif de faire passer les pays africains du stade d'économies basées sur les ressources à celui d'économies du savoir encouragées par l'innovation.

Au nombre de ses réalisations figurent l'Initiative africaine sur les indicateurs de la science et de la technologie, qui l'an dernier a publié une étude sur la science et les innovations dirigée pour la première fois depuis l'Afrique, et la création de prix tels que le programme des Prix Scientifiques de l'UA.

Pourtant, ses réalisations en tant que catalyseurs des activités à travers l'Afrique restent méconnues à cause d'une absence d'évaluation, selon Calestous Juma, professeur à l'Université de Harvard, aux Etats-Unis, et co-président du nouveau groupe d'experts.

"L'UA avait besoin d'un groupe d'experts indépendants pour l'aider à faire le point et définir les prochaines étapes", a déclaré Juma à SciDev.Net. "Il faut souligner que le premier organisme politique de l'Afrique recherche la contribution d'experts indépendants dans ses activités".

Outre les réalisations mises de côté, le PAC a également été vivement critiqué pour sa lenteur et son incapacité à coordonner l'aide scientifique, et pour son incapacité à mettre en place un fonds scientifique africain.

Le groupe d'experts de huit membres, créé le mois dernier (23 juillet), va à présent guider l'UA à travers un examen des réalisations et des échecs du PAC, et présentera son rapport lors d'une conférence ministérielle prévue à Brazzaville, au Congo, en novembre.

"Notre objectif sera de contribuer à créer un mouvement plutôt que de produire simplement un document", a déclaré Juma, qui co-préside le groupe avec Ismail Serageldin, le directeur de la Bibliothèque d'Alexandrie, en Egypte.

"Nous allons nous employer à obliger les chefs d'Etat  et de gouvernement à se faire les champions [de la science]", a-t-il laissé entendre.

Berhanu Abegaz, le directeur exécutif de l'Académie africaine des sciences (AAS), a demandé au groupe de faire pression pour que des politiques appropriées, visant à promouvoir la science, la technologie et l'innovation, soient mises en place.

"J'espère que le groupe d'experts va bien faire comprendre aux gouvernements africains qu'il est difficile d'éradiquer la pauvreté à moins qu'on ne mette en œuvre des programmes d'innovations inclusives, impliquant la sortie des populations de la pauvreté", a-t-il déclaré.

Abegaz a ajouté que les recommandations du groupe devraient accorder la priorité à la promotion des compétences et pratiques nécessaires pour le développement économique, et se concentrer sur l'intégration de produits générés à partir des connaissances locales.

Shem Wandiga, administrateur délégué du Centre for Science & Technology Innovations, au Kenya, a déclaré qu'il était prudent d'examiner les politiques et les actions.

"Les Etats membres de l'UA sont riches en ressources naturelles et minérales qui sont exploitées par des personnes extérieures aux [plus bas] prix", a-t-il soutenu. "Ajouter de la valeur à ces ressources permettrait aux propriétaires de développer des économies de niveau intermédiaire. Ils ne peuvent pas ajouter de la valeur à leurs ressources sans adopter et adapter la science, la technologie et les innovations".

"Le groupe devrait trouver des activités concrètes et des projets spécifiques pour les  ressources de financement. Il est temps que nous arrêtions de demander aux autres de faire des choses que nous pouvons faire pour et par nous-mêmes", a-t-il ajouté.

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