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Le taux d’accès à internet reste faible en Afrique
  • Le taux d’accès à internet reste faible en Afrique

Crédit image: FLICKR / World Bank Collection

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  • Malgré ses progrès, l’Afrique reste loin du score de l’Europe ou de l’Asie

  • Cela réduit la participation des populations aux activités éducatives, culturelles, etc.

  • Les Etats sont invités à poser davantage de câbles pour alimenter la population

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Les Africains sont parmi les moins connectés à Internet dans le monde, selon une carte réalisée par deux chercheurs de l’Université d’Oxford au Royaume-Uni.
 
Ralph Straumann et Mark Graham ont recensé sur une mappemonde tous les pays du monde les plus déconnectés de Internet grâce aux données des indicateurs de développement de la Banque mondiale de 2013 et celles de Natural Earth.
 
Les chercheurs qui soulignent qu’il n’existe pas un seuil auquel on peut considérer que la pénétration d’Internet est suffisante disent avoir fait ce travail dans le but d’identifier ceux qui ont un accès à Internet et ceux qui n’en ont pas.
 
Cette carte met en relief la plupart des régions qui ne sont quasiment pas connectées à Internet et par ricochet qui sont "largement tenues à l’écart de la participation aux activités culturelles, éducatives, politiques et économiques" que cet outil accompagne.
 
Selon l’étude publiée sur Geonet, le centre de gravité de ce faible accès à Internet se trouve en Afrique subsaharienne.
 
Dans cette région, 28 pays au total ont une faible pénétration à Internet avec un seuil de moins de 10 %, selon les estimations des chercheurs.
 
Les pays en question sont : Bénin, Burkina Faso, Burundi, Côte d’Ivoire, Cameroun, Comores, Congo, Djibouti, Erythrée, Ethiopie, Gabon, Guinée, Guinée Bissau, Lesotho, Libéria, Mali, Madagascar, Mauritanie, Mozambique, Niger, République Démocratique du Congo, République centrafricaine, Rwanda, Sierra Leone, Somali, Tchad, Tanzanie et Togo.
 
Dans le lot des pays ayant la plus faible connectivité figurent des nations très peuplées comme l’Ethiopie (94 millions d’habitants), la République démocratique du Congo (68 millions) et la Tanzanie (49 millions), avec un taux moyen de connexion de 2,6 %.

“Il y a un fossé croissant entre ceux qui sont capables de se connecter facilement sur le marché mondial; et ceux qui restent hors de lui. Pour ceux-ci, un grand nombre d’opportunités sociales, économiques et politiques sont inaccessibles”

Mark Graham
Chercheur à l’Université d’Oxford, Royaume-Uni

Mark Graham, un des auteurs de l’étude, justifie le faible accès des populations de certains pays africains à Internet par le coût élevé des services et la médiocrité des infrastructures.
 
A l’en croire, plus de 18 pays, dont 14 en Afrique subsaharienne, sont encore confrontés à des coûts d'abonnement à Internet plus élevés que le revenu moyen.
 
Ainsi, selon l’Union internationale des télécommunications, la connexion "haut débit" à Internet coûte plus de 500 dollars par mois en République centrafricaine, en Guinée, au Malawi et au Swaziland.
 
Selon le rapport 2015 d’Internet Society (ISOC), malgré une augmentation de l’utilisation d’Internet dans la plupart des pays du continent, cette technologie demeure chère et beaucoup de personnes restent encore exclues de son usage.
 
Pierre Dandjinou vice-président d’Internet Corporation for Assigned Names and Numbers (ICANN) pour l’Afrique, a expliqué, dans une récente interview accordée à SciDev.Net que "en termes de haut débit fixe, l'Afrique accuse toujours un retard, à 0,5%, comparativement aux 24% de l’Europe et aux 44% de l’Asie et du Pacifique. Nous devons investir davantage dans le haut débit".
 
Selon André Hounga, spécialiste des TIC à Homintec-Togo, une entreprise de télécommunications, le retard en matière de pénétration d’Internet dans certains pays d’Afrique résulte d’un manque de stratégie et d’engagement des politiques dans ce secteur.
 
Car, le continent est relié par plusieurs câbles sous-marins et la fibre optique, mais la distribution de lignes se limite surtout aux côtes et ne pénètre pas véritablement encore à l'intérieur des terres.
 
Du coup, Mark Graham estime qu’il reste encore beaucoup de travail à faire, notamment "la pose de câbles pour servir une grande partie de la population".
 
En attendant, "il y a un fossé croissant entre ceux qui sont capables de se connecter facilement sur le marché mondial; et ceux qui restent hors de lui. Pour ceux-ci, un grand nombre d’opportunités sociales, économiques et politiques sont inaccessibles", explique Mark Graham.
 
"Il y a beaucoup d'espoir que l'Internet sera un facteur clé du développement économique dans le monde. Cependant, la base de preuves reste plutôt mince. Nous ne savons toujours pas vraiment s’il est logique d'investir des ressources limitées pour améliorer la connectivité ou alors dans des secteurs comme la santé ou l'éducation", conclut-il.
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