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Impliquer les populations dans les plans d’adaptation
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Crédit image: Dieter Telemans / Panos

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26/05/15

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Gilbert Nakweya
Nairobi, Kenya

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Je me suis toujours demandé pourquoi les communautés locales sont souvent négligées ou ne sont pas parties prenantes dans le développement des innovations et des technologies qui apportent des solutions aux difficultés auxquelles elles font face, telles que les changements climatiques.

Lorsque j'ai assisté à la 9ème Conférence internationale sur l'adaptation à base communautaire aux changements climatiques (ABC9) qui s’est tenue au Kenya le mois dernier (27-30 avril), j’ai médité sur de nombreuses questions.

Pourquoi les communautés locales figurent-elles au bas de l'échelle de l'innovation et du développement technologique bien qu’elles jouent un rôle important dans l’avancement de la recherche et des nouvelles technologies ou des innovations?

Ntutu m'a convaincu qu'il est capital de toucher le coeur des gens, et ce à quoi ils attachent de la valeur -- leur culture -- pour les faire participer aux activités qui favorisent l'adaptation aux changements climatiques.

Gilbert Nakweya

Pourquoi les communautés locales sont-elles négligées alors qu’elles jouent un rôle clé dans les programmes et les stratégies d'adaptation aux changements climatiques?

Quels sont les avantages de cette participation des communautés locales dans l'adaptation aux changements climatiques pour des solutions durables?

Comment communiquons-nous avec les communautés et comment pouvons-nous les faire participer plus largement aux efforts d'adaptation aux changements climatiques?

Dans la recherche des réponses à ces questions pertinentes, j’ai contacté un éleveur local du comté de Narok dans une localité rurale du Kenya, qui était présent au centre d’expositions de la conférence.
Stephen Ole Ntutu travaille avec les Masaï pour protéger l'environnement par le biais de leur organisation à base communautaire, appelée Medungi Conservation.

Cette initiative, soutenue par des bailleurs de fonds et des touristes locaux qui visitent la région, œuvre avec les communautés Masaï pour adopter des modes de vie qui respectent l'environnement et pour participer à des activités économiques qui soutiennent leurs moyens de subsistance, guidée par des traditions culturelles et spirituelles.

Stephen Ole Ntutu m'a convaincu qu’il est capital de toucher le cœur des gens et ce à quoi ils attachent de la valeur - leur culture - pour les faire participer à des activités qui favorisent l'adaptation aux changements climatiques.

Par exemple, les Masaï utilisent certains arbres à des fins médicinales, attachent une grande importance à leurs lieux sacrés et apprécient hautement le miel en tant que médicament et aliment.

C'est sur ces bases que Stephen Ole Ntutu mène sa campagne pour la promotion de la culture et de l'environnement.

Il a fait participer des hommes à la plantation du cèdre rouge et d'oliviers bruns autour des bassins hydrologiques dans leurs régions, en les convainquant de ce que de telles actions protègent leurs médicaments et leurs sanctuaires.

Il a averti que ces arbres sont menacés en raison de leur utilisation pour le bois, les produits cosmétiques et la production de médicaments.

Parallèlement, les femmes participent à des activités d'apiculture dans les zones boisées.

On les convainc de planter plus d'arbres pour augmenter la production et tirer des revenus de la vente du miel.

Depuis la création de Medungi Conservation en 2011, plus de 6 000 Masaï ont participé à la protection des bassins hydrologiques, mais aussi à l'apiculture et à la plantation et à la protection d’arbres, selon Stephen Ole Ntutu.

Avec une meilleure conservation de la biodiversité grâce à une abondante population d'abeilles qui aident à la pollinisation des plantes pour stimuler la production agricole, l'éleveur kenyan reste optimiste.

Je ne peux qu'être d'accord avec lui, pour penser qu'il est essentiel que les populations locales jouent un rôle central dans l'adaptation aux changements climatiques, pour trouver des solutions viables et durables aux questions qui me déconcertaient avant que je ne recueille ces informations.

Les chercheurs, les scientifiques et les décideurs doivent, peut-être, établir le contact avec les gens, comprendre leurs croyances culturelles et leurs modes de vie, puis les éduquer, agir en interaction avec eux et les faire participer pleinement aux programmes d'adaptation aux changements climatiques et de conservation de l'environnement.

Les pauvres des zones rurales et les plus vulnérables de la planète ont besoin, pour l’adaptation aux changements climatiques, d’un appui bien géré, localisé et participatif.
 
Cet article est une production de la rédaction anglophone pour l’Afrique sub-saharienne de SciDev.Net.
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