Rapprocher la science et le développement

  • Pour une technologie climatique adaptée aux conditions locales

Pour Ambuj Sagar, spcialiste en politiques publiques, si les Centres d'innovation climatique sont susceptibles de promouvoir des technologies propres, il faut les soutenir avec des efforts coordonns.

Les technologies capables de rduire les missions de gaz effet de serre et d'aider les populations s'adapter aux changements climatiques constitueront un lment cl du relvement, par les pays en dveloppement, du dfi climatique. Mais les capacits relativement limites de ces pays signifient que l'utilisation de ces technologies reste un problme majeur.

La Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) met actuellement en place un Centre et un Rseau des technologies climatiques (CRTC) en vue de soutenir les pays plus pauvres dans le dveloppement et le dploiement de technologies respectueuses du climat.

Le CRTC vise crer un rseau d'organisations destin fournir aux gouvernements et aux entreprises des pays en dveloppement des conseils sur les technologies appropries. Il s'agira notamment de conseils sur la faon de dvelopper et de transfrer ( partir du Nord vers le Sud ou du Sud vers le Sud) des technologies cologiquement saines, et sur la manire de renforcer la prise de dcisions quant au choix et l'utilisation de la technologie.

Ces diverses fonctions dans le mandat du CRTC seront sans aucun doute d'une grande aide pour les pays en dveloppement. Pourtant, vu le chemin faire entre la situation actuelle et les mesures ncessaires pour que ces pays puissent faire la transition vers des technologies propres, il faudra adopter une varit d'approches et mettre en uvre des activits qui se compltent mutuellement.

A related approach, Climate Innovation Centers (CICs), is being explored by InfoDev,a World Bank programme that promotes information and communication technologies for development.

InfoDev, un programme de la Banque mondiale qui promeut les technologies de l'information et de la communication au service du dveloppement, explore par exemple une approche similaire: celle des Centres pour l'innovation climatique (CIC).

Les CIC ont pour objectif de renforcer les capacits pour les technologies climatiques pertinentes au niveau local, en explorant les lacunes actuelles dans l'innovation de ces technologies, dans le contexte existant des ressources, des capacits et des institutions l'chelle nationale. [1]

Les centres appuieront ensuite les activits cherchant combler les lacunes entre la technologie et la faon dont elle sera utilise, (que ces lacunes soient d'ordre technologique, financier, politique ou informationnel), d'une manire systmatique et coordonne, exerant ainsi une influence sur une notion plus large de 'coopration en matire d'innovation'.

InfoDev a pour objectif de construire un rseau mondial de CIC, le premier ayant t lanc au Kenya en septembre dernier, dot d'un financement initial de US$15 millions sur cinq ans. Le CIC au Kenya mis en place en troite collaboration avec plus de 100 acteurs privs, gouvernementaux, universitaires et non gouvernementaux -- est soutenu par le gouvernement danois et le Dpartement britannique pour le dveloppement international [2].

Son objectif est de fournir une gamme de services en vue de soutenir les entreprises technologiques propres, dont des services consultatifs et une assistance pour le dveloppement et la commercialisation de produits ; fournir des informations sur les progrs technologiques et les marchs ; et faciliter des changements appropris dans les politiques publiques et les cadres rglementaires.

Les activits des CIC doivent s'inscrire dans les perspectives nationales concernant les mesures climatiques, et dans les besoins de dveloppement du pays. Les trois premires cibles du CIC Kenyan, ainsi, sont l'agro-industrie, les nergies renouvelables et la gestion de l'eau.

Le renforcement des capacits locales est important. Il contribue, en effet, amliorer l'efficacit des efforts faits pour dployer la technologie (en raison d'une comprhension plus nuance des conditions sociales, conomiques, commerciales et politiques locales) et les rendre viables long terme.

Au fur et mesure que d'autres CIC seront mis sur pied, ils devraient tre en mesure de promouvoir la coopration internationale dans le monde en dveloppement par le partage de connaissances, de meilleures pratiques et mme de technologies. Le rseau des CIC compltera ainsi le rseau technologique global de la CCNUCC; il est donc impratif que ces deux efforts soient coordonns.

Pourtant, alors mme que nous avanons dans le cadre de ces initiatives, des considrations plus larges de la transition vers des technologies climatiques dans le monde en dveloppement suscitent certaines inquitudes.

Les moyens financiers

Les initiatives mentionnes ci-dessus ne connatront du succs qu' condition d'tre correctement finances et soutenues par des politiques nationales en place qui favorisent la prise de dcisions appropries sur les investissements technologiques.

Dans ce domaine, le bilan est mitig, au mieux. Les contributions financires relles des pays industrialiss sont en de des promesses [3], elles-mmes critiques comme insuffisantes pour rpondre l'urgence de la situation et inverser les tendances des missions.

Hls, la confrence des Nations Unies sur les changements climatiques de Doha (COP 18) a galement du sur ce plan.

Mme l'chelle nationale, le niveau des investissements pourrait bien s'avrer insuffisant pour dvelopper le rseau de technologies ncessaires pour permettre la transition technologique, selon certains analystes. [4]

Rcemment, une importante tude a par ailleurs soulign, en dpit d'une augmentation remarquable dans le niveau international des nouveaux investissements dans les nergies renouvelables, que le soutien accord aux politiques publiques sur les nergies renouvelables s'effrite dans de nombreux pays dvelopps, mettant en pril les espoirs que les investissements dans les nergies propres atteindront des niveaux suffisants pour commencer rduire les missions mondiales de carbone d'ici 2020. [5]

En vrit, comme le souligne le rapport sur les Perspectives nergtiques mondiales 2012 de l'Agence internationale de l'nergie, le systme nergtique mondial n'est toujours pas lanc sur une voie durable. C'est-l une situation fort proccupante. Selon l'une des projections nergtiques de l'AIE appel 'scnario des nouvelles politiques publiques', le systme d'approvisionnement nergtique mondial ncessite des investissements de plus de US$37 milliards entre 2012 et 2035, dont environ 60 pour cent dans des pays non membres de l'OCDE.

A mesure que ces investissements sont raliss, il est essentiel de veiller ce qu'ils soient conformes aux objectifs climatiques et de dveloppement.

Cela ne pourra se faire que si le bon dveloppement technologique et les bonnes politiques de dploiement sont en place; des institutions comme les CIC auront un rle cl jouer dans ce domaine, en fournissant le soutien dont le monde en dveloppement a besoin pour une transition vers des technologies propres.


Ambuj Sagar est titulaire de la chaire Vipula et Mahesh Chaturvedi, professeur d'tudes des politiques publiques auprs de l'Institut indien des technologies.

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