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Les insectes menacent la sécurité alimentaire en Afrique
  • Réchauffement climatique
  • Les insectes menacent la sécurité alimentaire en Afrique

Crédit image: Flickr/USAID_IMAGES

Lecture rapide

  • Le réchauffement planétaire accroît la capacité de destruction des insectes nuisibles

  • Les producteurs kenyans enregistrent déjà d’importantes baisses de rendement

  • La lutte biologique est possible parallèlement à l’usage des fertilisants

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Les effets du réchauffement climatique sur les insectes menacent la sécurité alimentaire en Afrique subsaharienne, selon les experts de l’International Centre of Insect Physiology and Ecology (Icipe) à Nairobi (Kenya), en collaboration avec l’Institut de recherche pour le développement (IRD).

Alors que les pertes annuelles causées par les insectes à la filière maïs – vitale pour l’économie rurale en Afrique – sont déjà estimées à un à deux milliards de dollars, les tendances observées dans le régime climatique actuel pourraient engendrer une réduction annuelle de 10 à 20 % des rendements d’ici 2055.

A Taita Hills, dans le sud-est kényan, des journalistes du Kenya, de la Tanzanie, du Rwanda et de Madagascar ont pu constater de visu, lors d’une descente sur le terrain, l’ampleur des dégâts subis par les différents types de plantations.

“Autrefois, nous récoltions quelque 10 sacs de 90 kg de maïs sur un demi-hectare de terre cultivée, contre 3 sacs seulement à présent.”

Une paysanne du villlage Kipusi


Cette zone est l'une des trois qui servent de laboratoires naturels au Climate Change Impacts on Ecosystem Services and Food Security in Eastern Africa (Chiesa), un programme de recherche mis en œuvre depuis 2010 grâce à l’appui financier du gouvernement finlandais.

Cette zone a vu ses rendements agricoles décliner de façon drastique ces dernières années.

"Autrefois, nous récoltions quelque 10 sacs de 90 kg de maïs sur un demi-hectare de terre cultivée, contre 3 sacs seulement à présent", dit Margret Mwasi, une paysanne du village Kipusi.

Au cours d’un entretien avec SciDev.Net, Atul Patel, directeur de Vegpro Group à Mombasa (Kenya), confirme également la nette diminution des productions à Taita Hills où sa firme est présente depuis 2008.

Celle-ci exporte annuellement au Royaume-Uni et en Allemagne 15 000 à 20 000 tonnes de produits agricoles provenant d’Afrique de l’est pour un investissement de 606 000 à 707 000 dollars.

Vegpro Group, dans l’espoir de maintenir un volume d’activités constant, se doit maintenant de contribuer à la lutte intégrée contre les parasites (integrated pest management) dans ses zones d’intervention.

Certes, beaucoup d’insectes attaquent le maïs dans différentes parties d’Afrique; mais, le Busseola fusca (Bf), le Chilo partellus (Cp) et le Sesamia calamistis (Sc) sont les trois ravageurs susceptibles de causes les plus grandes pertes économiques.

Ils sont potentiellement destructeurs au stade larvaire; car, en créant des tunnels dans les tiges ou d’autres parties de la plante, les larves stoppent la photosynthèse et provoquent la mort de la plante affectée.

"Pour les insectes, la température est un paramètre incontournable. Sa hausse favorise la multiplication des générations annuelles et leur abondance avec ce que cela suppose comme accroissement de leur capacité de destruction", explique Paul-André Calatayud de l’IRD/Icipe.

En rappel, l’élévation de la température en Afrique de l’Est sera de 1,3 à 2°C d’ici 2050, d’après les prévisions; et l’augmentation de la température combinée aux caractéristiques du sol donne des résultats encore plus inquiétants.

Selon Paul-André Calatayud, l’aptitude des plantes graminacées à se défendre contre les insectes herbivores est fonction de leur capacité à accumuler la silice dans leurs tissus.

Cet élément naturel présent dans le sol modifie la physiologie de la mandibule de la larve pour ainsi diminuer sa capacité de destruction.

Or, les fortes précipitations enregistrées durant les saisons pluvieuses, devenues de plus en plus courtes mais intenses dans certaines régions, réduisent considérablement la teneur en silice des sols de cette région.

Désormais, d’autres facteurs comme le mode de culture consistant en la réutilisation des végétaux morts comme fertilisants entrent donc en jeu pour faire face à cette menace.

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