Rapprocher la science et le développement

  • Le projet de déclaration finale pour Rio+20 a été rédigé

[RIO DE JANEIRO] A la veille du sommet des Chefs d'Etat et de gouvernement qui s'ouvre aujourd'hui, un projet de déclaration finale pour le sommet Rio+20 a été adopté, un texte qui met l'accent sur le rôle essentiel du transfert des technologies dans la transition vers le développement durable.

Aux premières heures de la matinée, les délégations nationales ont trouvé un accord sur un document de compromis comptant 49 pages et 283 paragraphes. Ils ont renvoyé plusieurs questions litigieuses, comme les droits de propriété intellectuelle, aux agences externes de l'ONU comme l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle et l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

Le texte est aussi dépourvu de tout engagement sur le financement pour aider les pays en développement à réaliser la transition vers le développement durable.

Ce document sera présenté aujourd'hui aux Chefs d'Etat et de gouvernement qui participent à la Conférence des Nations Unies sur le développement durable (Rio+20) et qui ont pour mission d'élaborer un plan d'action pour le développement durable.

Ce plan sera principalement axé sur la réalisation des objectifs fixés à l'issue du premier sommet de Rio, en 1992, et qui, 20 ans plus tard, n'ont toujours pas été atteints.

Le Groupe des 77 pays (G-77), une coalition hétéroclite de pays en développement, additionné de la Chine, a vertement critiqué ce texte hier, lui reprochant de 'faire l'impasse' sur des grands défis auxquels font face les pays en développement.

S'adressant aux journalistes, Quamrul Chowdhury, négociateur en chef pour le compte du G-77 et de la Chine, a estimé que le texte « manquait de profondeur et de piquant »

Selon lui, il s'agit davantage d'un « document politique » que d'un plan d'action crédible, et il estime que la partie du texte relative au financement « est comme une coquille vide ».  

Le projet de texte attache la plus grande importance au transfert des technologies et à la nécessité de combler le fossé technologique qui sépare les pays développés des pays en développement.

Il insiste également sur la nécessité d'une coopération internationale pour promouvoir l'investissement dans la science, la technologie et l'innovation pour le développement durable, pour évaluer les besoins en technologies et pour renforcer les capacités scientifiques et technologiques nationales des pays en développement.

Mais il évite de se pencher sur les mécanismes exacts de transfert des technologies et de protection des droits de propriété intellectuelle et met plutôt l'accent sur le rôle des investissements directs étrangers, du commerce international et de la coopération internationale dans la promotion de technologies saines pour l'environnement.

Selon Alejandra Torres, directrice des Affaires internationales au ministère colombien de l'Environnement et du Développement durable, les pays riches ont insisté pour que les questions liées au transfert des technologies -comme la demande d'une hausse des financements émise par les pays en développement, l'intensification du transfert des technologies et une plus grande ouverture des régimes de propriété intellectuelle- soient examinées dans d'autres cadres.

Et contrairement aux attentes du Groupe africain à l'ONU, de l'Union européenne et du G-77 plus la Chine, le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) ne sera pas élevé au statut d'agence spécialisée de l'ONU comme l'OMC.

Le texte invite plutôt « l'Assemblée générale des Nations Unies à adopter, lors de sa 67ème session, une résolution pour renforcer et élever le statut juridique du PNUE ».

Commentant ce projet de texte final, Henri Djombo, le ministre du Développement durable, de la l'Economie forestière et de l'Environnement de la République démocratique du Congo a déclaré : « Nous n'avons peut-être pas obtenu tout ce que nous voulions, mais il faut reconnaître que certaines attentes communes sont prises en compte par le texte. Nous pouvons nous appuyer sur ces acquis ».

« Nous avons fait des progrès. Il y a cinq ans, nous n'étions même pas à mi-chemin du point que nous avons atteint sur la question du PNUE », a-t-il souligné.

Les pays en développement ont dû exercer de fortes pressions pour que le principe de 'responsabilité commune mais différenciée' figure dans ce texte. Selon ce principe, malgré la responsabilité commune qui incombe à tous les pays de protéger la planète, ce sont les pays développés, puisqu'ils ont la responsabilité de la majeure partie des destructions de l'environnement à cause de leur niveau d'industrialisation supérieur, qui doivent contribuer le plus à la gestion des changements climatiques.

Avec la contribution de Pablo Correa.

Cet article fait partie de notre couverture sur la Science à Rio+20.