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La R&D en géoingénierie solaire dépend de la bonne gouvernance
  • La R&D en géoingénierie solaire dépend de la bonne gouvernance

Crédit image: Flickr/The Open University (OU)

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[LIMA]Selon un rapport, la géo-ingénieurie solaire pourrait créer des tensions internationales.

Il faut donc dès maintenant instaurer une collaboration sur son mode de gouvernance pour empêcher le déploiement de technologies non testées.

Cette étude a découvert que le réfléchissement du rayonnement solaire dans l'espace pouvait être un moyen rapide et relativement peu coûteux de combattre le réchauffement climatique, mais il pouvait également avoir des effets secondaires dévastateurs, comme la modification des régimes climatiques.

Ce rapport a été publié la semaine dernière (1er décembre) à Durban à l'occasion de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP 17) par l'Initiative pour la gestion de la gouvernance des radiations solaires (SRMGI).

Ce groupe de travail, composé de la Royal Society de Grande Bretagne, l'Environment Defense Fund des Etats-Unis et l'Académie des sciences du Tiers-monde (TWAS) basée en Italie, affirme avoir adopté une position neutre sur la question. Mais il a exhorté les « pays, les ONG [organisations non gouvernementales] et les individus à engager un large débat pour comprendre les risques et avantages potentiels de la géo-ingénieurie solaire, et mettre en place un mode de gouvernance efficace pour la recherche ».

“A terme, les gouvernements devront également s'impliquer, mais les citoyens ont un grand rôle à jouer et les ONG doivent aussi participer au processus.”

John Shepherd, membre de la Royal Society et co-président du SRMGI

L'objectif de la geo-ingénieurie est de manipuler le système climatique terrestre afin de minimiser ou inverser les effets des changements climatiques.

On peut citer comme moyen possible la mise en orbite de grands miroirs pour réfléchir le rayonnement solaire vers l'espace, ou l'injection d'aérosols dans la stratosphère, pour réduire toujours le rayonnement solaire.

Une étude publiée l'an dernier dans Nature Geoscience conclut que les effets de ces interventions peuvent varier d'une région à l'autre, ce qui complique tout accord sur leur application.

John Shepherd, membre de la Royal Society et co-président du SRMGI, espère que tous les secteurs de la société, surtout le monde en développement, participeront au débat.

« A terme, les gouvernements devront également s'impliquer, mais les citoyens ont un grand rôle à jouer et les ONG doivent aussi participer au processus », explique-t-il à SciDev.Net.

Le rapport conclut également à une pénurie d'informations sur ces nouvelles technologies, mais cela pourrait ne pas freiner certains dans leurs essais.

Clive Hamilton, professeur d'éthique publique au Centre de philosophie appliqué et d'éthique publique, en Australie, pense que les gouvernements des pays riches pourraient concevoir la géo-ingénieurie « comme un moyen facile de fuir leurs responsabilités dans la réduction des gaz à effet de serre ».

Dans un entretien avec SciDev.Net, Ronald Woodman, Directeur de l'Institut de géophysique du Pérou, pense que les pays en développement doivent mettre l'accent sur les questions locales au lieu d'investir dans des projets de géo-ingénieurie.

« Nous devons essayer de prévoir ce qui se passera dans nos scénarios locaux et régionaux et non dans le scénario planétaire [des changements climatiques] ».

Dans son rapport 2009, la Royal Society appelle à l'approfondissement de la recherche et à l'élaboration de directives internationales rigoureuses, mais souligne qu'il pourrait s'écouler plusieurs décennies avant la mise en œuvre de certaines initiatives.

Le Groupe intergouvernemental d'experts sur le climat (GIEC)
évaluera également la valeur scientifique des diverses propositions d'ingénierie dans son cinquième rapport attendu en 2014.

Lien vers le rapport complet

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