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100 milliards $ pour adapter les infrastructures de l’Afrique
  • 100 milliards $ pour adapter les infrastructures de l’Afrique

Crédit image: Flickr / Warren Rohner

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  • L’Africa Climate Resilient Investment Facility est créé pour mobiliser les fonds

  • Les infrastructures subissent de plein fouet les effets du changement climatique

  • Les Etats sont invités à accorder plus d’égard au climat dans leurs politiques

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[PARIS] Près de 100 milliards de dollars (environ 60 000 milliards de FCFA) seront nécessaires au cours de la prochaine décennie pour répondre à aux besoins de l’Afrique en matière d’infrastructures d’adaptation aux changements climatiques.
 
C’est ce qu’ont annoncé mardi dernier la Banque mondiale, l’Union africaine et la Commission économique pour l’Afrique, qui, ensemble, ont mis en place l’Africa Climate Resilient Investment Facility.
 
Une grande partie de ces besoins est destinée aux infrastructures comme les centrales électriques, les routes, les barrages hydrauliques, les canaux d’irrigation…, qui sont tous vulnérables aux impacts du réchauffement de la terre.
 
Selon les représentants de ces institutions, le fait d’accorder peu de place aux changements climatiques dans la planification et la conception des infrastructures pourrait conduire à des impacts négatifs à l’instar des pertes de récoltes.
 
Nicolas Stern de la London School of Economics and Political Science abonde dans le même sens.
 
"Si nous gérons mal les changements climatiques, nous ferons de notre siècle le plus mauvais de tous. La conférence de Paris sera sûrement suivie de nombreuses innovations et d’actions", dit-il.
 
"Nous avons besoin de financements en particulier pour les infrastructures. Les mauvaises infrastructures peuvent tuer des gens. Nous ne pouvons pas nous passer de la centralité des infrastructures dans la gestion du changement climatique", insiste l’intéressé qui reconnaît toutefois la rareté des ressources disponibles.
 
A ce propos, le fonds alloué par la Banque mondiale au business plan pour le climat en Afrique, présenté à la COP21, est actuellement de 16 milliards de dollars (environ 9 600 milliards de dollars).
 
Ainsi, l’écart par rapport aux besoins réels est tellement grand qu’un observateur comme Amy Dahan Dalmedico du Centre national de recherche scientifique (CNRS) se montre un peu sceptique.
 
"Même les 100 milliards de dollars par an à mobiliser à partir de 2020 en faveur des pays en développement seront largement insuffisants", prévient la chercheuse française.
 

“Même les 100 milliards de dollars par an à mobiliser à partir de 2020 en faveur des pays en développement seront largement insuffisants.”

Amy Dahan Dalmedico
Centre national de recherche scientifique (CNRS)


Après avoir pris connaissance des contributions prévues déterminées au niveau national (CPDN), elle propose à tous les pays du monde, y compris ceux d’Afrique, de changer de régime de gouvernance pour accorder plus d'attention aux questions climatiques dans la gestion des affaires publiques.
 
Dans sa CPDN, Madagascar prévoit d’ici 2030 un coût de l’ordre de 42,099 milliards de dollars pour faire face aux changements climatiques, dont 28,713 milliards de dollars pour l’adaptation.
 
"Notre pays est parmi les plus exposés et les plus vulnérables aux effets du changement climatique. Chaque année, quatre à cinq cyclones le touchent. Enormément d’infrastructures sont détruites. Or, nous ne disposons pratiquement pas de ressources pour la reconstruction", confie à SciDev.Net Gervais Rakotomanana, ministre malgache des Finances et du budget.
 
Il dit d’ailleurs que sa participation à la COP21 est surtout motivée par la recherche des financements innovants, à l’instar de ceux du fonds vert.
 
"Bénéficier des fonds climatiques n’est pas un droit en soi. Pourtant, ils doivent nous revenir de droit en ce sens que notre pays figure parmi les plus malmenés par les conséquences néfastes du dérèglement climatique", ajoute-t-il.
 
Les négociateurs climatiques au sommet de Paris ont jusqu’à ce vendredi pour déterminer, dans un accord global, les dispositions contraignantes à prendre à l’échelle mondiale pour maîtriser les changements climatiques qui menacent l’équilibre de la planète.
 
Notamment en empêchant une hausse de plus de 2°C des températures d’ici à la fin du siècle.
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