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Accord historique sur le climat à Paris
  • Accord historique sur le climat à Paris

Crédit image: United Nations News Center

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  • Le texte final prévoit une réduction de 2°C du réchauffement et si possible, 1,5 °C

  • Le niveau actuel de réchauffement est estimé à 0.8°C

  • Les PVD se voient offrir une aide de 100 milliards par an

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L’accord de Paris a fixé comme objectif aux pays signataires la limitation du réchauffement climatique en-deçà de 2°C par rapport à l'ère préindustrielle.

En termes chiffrés, la planète est à un niveau de réchauffement estimé à +0.8 degré C et les effets se font déjà sentir sous la forme de vagues de chaleur, de fonte accélérée des glaciers, de cyclones et, pour ce qui concerne l’Afrique, de sécheresses, de montées des mers et d’inondations.

Les pays les plus vulnérables aux changements climatiques ont du reste insisté pour que l’accord porte sur un objectif de réchauffement en-deçà de 1,5°C.

De fait, l'article 2 du texte invite les parties à contenir "l’élévation de la température moyenne de la planète nettement en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels" et à poursuivre "l’action menée pour limiter l’élévation des températures à 1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels, étant entendu que cela réduirait sensiblement les risques et les effets des changements climatiques."

Chaque Partie est tenue de communiquer une contribution déterminée au niveau national tous les cinq ans, en tenant compte des résultats du bilan mondial.

Mais le texte de Paris reste vague sur les moyens concrets d’atteindre les objectifs de réduction prévus.

En ce qui concerne les mécanismes de contrôle, les experts font remarquer que l’ensemble des programmes volontaires de réduction d’émissions de 186 Etats totaliseront 55 gigatonnes de CO2 en 2030, alors qu’il faudrait des réductions à hauteur de 40 gigatonnes pour rester en-deçà de l’objectif des 2 degrés.

Un nouveau bilan du groupe d’experts indépendants sur le changement climatique se fera au plus tard dans trois ans pour déterminer le niveau d’émissions compatible avec un réchauffement de 1,5 degré.

Une nouvelle répartition des objectifs nationaux de réduction est attendue à cette date.

100 milliards de dollars

La plupart des pays du sud ont milité pur une aide accrue et chiffrée à 100 milliards de dollars - environ 6000 milliards de Francs CFA - annuels jusqu’en 2020.

Cette clause a été retirée du texte de l’accord final, même si elle apparaît dans l’une de ses annexes.

Ce retrait serait justifié par le besoin d'éviter un rejet de l’accord par le sénat américain, rétif à toute mesure financière contraignante.

Toutefois, le principe d’un nouvel engagement financier a été entériné pour 2025, pour satisfaire les pays du sud qui exigeaient un relèvement du niveau de l'aide.

Dans le même ordre d’idées, le principe des compensations pour les conséquences irréversibles des changements climatiques a été retiré du texte final, qui exclut toute "responsabilité ou compensation" des pays du Nord pour les préjudices subis par les pays en développement.

“Cet accord peut marquer un tournant vers un monde meilleur et plus sûr.”

Edna Monewa 
Ministre sud-africaine de l'Environnement

En somme, cet accord représente une grande avancée, depuis l’échec des négociations de Copenhague sur le climat.

Mais comme l’ont souligné plusieurs participants, ceci n’est encore qu’un début , certes encourageant.

Ainsi, la ministre sud-africaine de l’Environnement, Edna Monewa, a déclaré que "l’accord peut marquer un tournant vers un monde meilleur et plus sûr".

La chancelière allemande, Angela Merkel, a pour sa part souligné qu’il restait encore beaucoup de travail à accomplir, tandis que le président américain, Barack Obama, insistait sur le fait que "le problème n'est pas résolu grâce à l'accord de Paris, mais ce dernier établit le cadre durable dont le monde a besoin pour résoudre la crise climatique."

De fait, pour entrer en vigueur, l’accord passé lors de la COP21 devra être ratifié par au moins 55 pays à la Convention représentant au total au moins un pourcentage estimé à 55 % du total des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

L’accord de Paris invite le secrétaire général des Nations unies à l’ouvrir à la signature à New York, du 22 avril 2016 au 21 avril 2017 et à organiser une cérémonie de haut niveau pour la signature, le 22 avril 2016.


Références

Télécharger le texte de l'Accord intégral sur le Climat - 12 décembre 2015.
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