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Le Colonel Sarr, membre du projet sénégalais
  • Le projet de la "muraille verte" s'accélère au Sénégal

Le Colonel Sarr, membre du projet sénégalais "Grande muraile verte", donne des explications à un visiteur..
Crédit image: Flickr/FAO Forestry

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[DAKAR] Cette semaine, le Sénégal procèdera à la mise en terre de la plus récente génération de jeunes plants dans le cadre de l'initiative de la 'muraille d'arbres', effectuant ainsi la première plantation depuis la signature d'un mémorandum d'entente pour le projet au mois de mai dernier.

Le projet de la Grande muraille verte consiste à créer une muraille vivante d'arbres et d'arbustes longue de plus de 7.000 kilomètres et large de 15 kilomètres, de Dakar au Sénégal à l'Ouest jusqu'à Djibouti à l'Est en vue de protéger la région semi-aride du Sahel contre la désertification.

Le projet en est à sa quatrième année au Sénégal, et la plantation a lieu cette année dans les localités de Labgar, Mbar Toubab, Tessekere et Widou. Jusqu'à 1500 personnes ont ainsi lancé la plantation cette semaine (8 août) avec pour objectif de mettre en terre 1,65 millions de jeunes plants d'ici le 15 septembre. Depuis 2008, le Sénégal a mis en terre presque huit millions de plants dans le cadre du projet.

Pour Pape Sarr, directeur technique du projet sénégalais, les espèces sélectionnées sont économiquement viables et résistantes à la sécheresse. Elles sont également protégées par la loi sénégalaise et ne pourront être abattues sans autorisation préalable de l'Etat.

Le projet de la Muraille est une initiative prise par l'Union africaine (UA) en 2007, dans le cadre du Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD). En juin dernier, l'UA a créé l'Agence panafricaine de la grande Muraille verte pour superviser et coordonner ce projet dans les différents pays, ainsi que produire et partager des données.

“L'objectif visé à travers ce projet est de stopper le désert du Sahara, le contrôler et stopper son avancée afin de mettre en place une sorte de frein à vent qui réduira la vitesse de ce vent, sa vélocité, et nous aidera à contrôler son mouvement et à conserver cette partie de la forêt.”

Marcel Nwalozie, directeur de la Mission du NEPAD en Afrique de l'Ouest

Un mémorandum d'entente a été signé entre l'agence et le NEPAD en mai dernier, et prévoit le partage des informations et la vulgarisation des stratégies dans les pays qui participent au projet. Pour Marcel Nwalozie, directeur de la Mission du NEPAD en Afrique de l'Ouest, 'l'un des objectifs [du mémorandum] est [de permettre la création] un groupe consultatif scientifique ; le projet de la Grande muraille verte ne se résume pas à une muraille d'arbres'.

Le projet pourrait également contribuer à l'amélioration des moyens de subsistance des communautés vivant le long de la muraille, souligne-t-il. En outre, selon Nwalozie, le NEPAD travaille sur différents projets d'amélioration de la qualité des sols qui contribueront à l'amélioration des moyens de subsistance des communautés locales.

'Le vent chaud affecte à lui seul la couche supérieure des sols, les rendant inutilisables pour l'agriculture. L'objectif visé à travers ce projet est de stopper le désert du Sahara, le contrôler et stopper son avancée afin de mettre en place une sorte de frein à vent qui réduira la vitesse de ce vent, sa vélocité, et nous aidera à contrôler son mouvement et à conserver cette partie de la forêt'.

Plusieurs organisations internationales, dont le Fonds pour l'environnement mondial (Global Environment Facility) qui a confirmé au mois de février la décision de débourser environ US$ 15 millions pour soutenir le projet, appuient l'initiative parce qu'elle pourrait également servir 'd'énorme puits de carbone', explique-t-il.

Matar Cisse, directeur général de l'Agence sénégalaise de la Grande muraille verte précise que des mesures ont été prises pour l'entretien des plantes après la récolte.

'Le Programme alimentaire mondial a mis en place un programme travail contre nourriture destiné aux communautés dans les zones où les arbres sont plantés. La responsabilité de l'entretien des arbres plantés incombe à ces communautés. Nous avons de petits systèmes d'irrigation que ces communautés utilisent pour arroser ces plantes et [elles] assureront aussi leur protection contre les animaux'.

Pour visualiser une vidéo du Global Environment Facility sur le projet :
 

 


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