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  • Un système mondial de surveillance de la rouille de la tige du blé créé en Chine

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[PEKIN] Un système mondial de surveillance a été dévoilé aujourd'hui dans le but de surveiller la propagation d'agents pathogènes dévastateurs du blé, connus sous le nom de rouilles de la tige du blé. Le projet fut lancé lors de l’Atelier technique 2012 organisé par l’Initiative internationale Borlaug contre la rouille (Borlaug Global Rust Initiative, ou BGRI), en Chine.

Le réseau fonctionnel de surveillance et de suivi, appelé Système mondial de surveillance de la rouille des céréales, couvre désormais 27 pays et une grande partie de la superficie de culture du blé dans le monde en développement, selon une équipe internationale de scientifiques venant de pays comme l'Ethiopie, le Mexique ou la Syrie.

Les rouilles des tiges ou des céréales sont causées par des champignons qui affectent le blé, et s’attaquent aux couches externes des plantes, causant des infections qui limitent la production de talles et de semences, et conduisent au brisement, au desséchement des plantes et, dans les cas les plus sérieux, à leur mort. Les agents pathogènes représentent ainsi une grande menace pour la sécurité alimentaire mondiale, en particulier dans les pays en développement.

"Les nouvelles technologies jouent un rôle de plus en plus important dans la surveillance de la rouille", affirment les scientifiques, citant pour preuve les outils de visualisation dynamiques et certaines des nouvelles ressources Internet. "Ceux-ci ont déjà un impact dans plusieurs domaines différents, de la collecte des données d'enquête à la diagnose des pathogènes, et leur rôle est susceptible de s’accroître à l'avenir".

Dave Hodson, le chercheur principal au bureau éthiopien du Centre international d'amélioration du maïs et du blé (CIMMYT) qui est à l’origine du système de surveillance de la rouille, explique que des appareils mobiles, comme les smartphones ou les tablettes, sont déjà utilisés pour la collecte de données sur le terrain.

Sujet d’une attention particulière, la surveillance de la souche Ug99 de la rouilles de tiges ; découverte pour la première fois en Ouganda en 1998, elle représente une menace majeure pour la production mondiale de blé, les champignons mutant rapidement et se propageant dans tous les champs de blé de la planète.

"Nous avons découvert que la famille Ug99 compte huit variantes, qui se sont propagées à plusieurs pays producteurs de blé comme l’Iran, l’Afrique du Sud, le Soudan, le Yémen et le Zimbabwe", note Hodson. "Sa propagation à d'autres pays en Afrique, en Asie et au-delà, est inévitable".

Mais il est très difficile de savoir où se trouvera le prochain foyer de l'Ug99, affirment les chercheurs.

L’Ug99 a migré vers l'Iran par le canal du vent, et les modèles de vent indiquent que sa migration continuera probablement vers l’Asie du Sud. Seule une très grande vigilance et une surveillance collaborative à l'échelle mondiale permettront de la détecter, soutiennent les chercheurs.

"Les modèles de vent montrent que trois jours suffisent pour aller du Yémen à l’Asie du Sud ", insiste Hodson.

"La vaste région à blé qui s'étale sur toute l'Afrique du Nord et l’Asie centrale jusqu’aux portes de la Chine -- le plus grand producteur mondial de blé au monde -- reste vulnérable", s’inquiète Ronnie Coffman, directeur du Projet Résistance durable à la rouille du blé (Durable Rust Resistance in Wheat Project) et vice-président et de l’Initiative internationale Borlaug contre la rouille.                                              

Wan-Quan Chen, adjoint au directeur de l'Institut de la protection des végétaux à l'Académie chinoise des sciences agricoles, rappelle les progrès des scientifiques chinois dans la lutte contre la rouille des tiges. Pour Wan-Quan, "la majeure partie des cultivars de blé chinois - plus de 90 pour cent d'entre eux - sont sensibles à l'Ug99".

Parmi les prochaines étapes de la surveillance de la rouille des tiges, figurent un élargissement de la couverture géographique du réseau de surveillance, une augmentation des capacités des partenaires collaborateurs -- par l’introduction de nouveaux outils, par exemple -- et un élargissement pour couvrir d'autres maladies de la rouille plus en détail, explique Hodson.

Pour Ravi Prakash Singh, chef du programme d’amélioration du blé panifiable irrigué et de recherche sur la rouille auprès du bureau du CIMMYT au Mexique, les progrès accomplis dans la lutte contre la rouille sont évidents.

Pourtant, insiste-t-il, "les champs de blé dans un grand nombre de pays restent largement exposés à ce dangereux agent pathogène".

Lien vers le système de surveillance de la rouille de la tige du blé

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