Rapprocher la science et le développement

  • Un sommet international s'atèle à révolutionner la recherche agricole

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Un panel sans précédent de ministres de l'agriculture, d'agriculteurs, de dirigeants d'organisations internationales, de groupes de la société civile, d'organisations de développement communautaire et d'innovateurs du secteur privé se réuniront à Montpellier, en France, à partir de ce dimanche (28 mars) pour discuter d'une nouvelle feuille de route pour la recherche agricole internationale.

La première Conférence mondiale sur la recherche agricole pour le développement (GCARD) (28-31 Mars), organisée par le Forum mondial sur la recherche agricole, aura pour objectif d'élaborer un plan d'action et une stratégie visant à améliorer la recherche agricole pour lui permettre d'avoir un impact maximal sur le développement, en particulier des pauvres.

La conférence dans laquelle sont impliquées les 20 premières économies mondiales a également comme objectif la mise en place d'un système de surveillance pour le suivi des engagements, notamment les progrès de la recherche agricole dans la lutte contre la pauvreté.

Cette conférence intervient à un moment "où il faut agir d'urgence et avoir un objectif commun", a déclaré Jules Pretty, professeur d'Environnement et Société à l'Université d'Essex, au Royaume-Uni.

"Nous serons bientôt confrontés à de gros problèmes : les changements climatiques, la crise énergétique, l'incertitude économique, la croissance démographique, la dégradation de l'environnement et le changement des habitudes de consommation dans les économies émergentes, qui copient les modèles non durables de l'Occident, dit-il.

"Lors de cette réunion, nous espérons établir le programme de recherche mondial pour l'agriculture", a déclaré Mahmoud Solh, Directeur général du Centre international de recherches agricoles dans les régions sèches (ICARDA), basé en Syrie.

L'idée de la réunion émane du Groupe des huit pays industrialisés (G8), devenu depuis lors le Groupe des vingt principales économies (G20), qui comprend des pays qui bénéficient également d'aides internationales, comme l'Argentine, le Brésil, la Chine, l'Inde, l'Indonésie, l'Afrique du sud et le Mexique. Cette réunion pourrait permettre à ces pays la possibilité d'influencer les donateurs occidentaux et réorienter la politique sur la recherche agricole.

"Ces pays qui font partie des principales économies de la planète ont pour principal avantage de connaître les problèmes mieux que quiconque", a déclaré Uma Lele, ancienne conseillère principale à la Banque mondiale et auteur d'un rapport clé intitulé Transformer la recherche agricole pour le développement, qui sera présenté lors de la conférence.

Elle est convaincue que les pays en développement, en particulier ceux qui font actuellement partie du G20, ont l'énergie, le talent, la science de pointe et le savoir-faire local pour rendre la recherche agricole plus adaptée  aux besoins du développement.

De vastes consultations régionales qui ont eu lieu peu avant le GCARD mettront certains de leurs points de vue au premier plan.

"Les consultations étaient en elles-mêmes tout à fait originales, dit Lele, puisque de nombreuses voix que l'on n'a pas l'habitude d'entendre se sont exprimées pour la première fois lors d'un forum international de haut niveau.

Une grande partie de la conférence s'est concentrée sur le Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (GCRAI), un groupe de bailleurs de fonds qui finance 15 instituts de recherche à travers le monde, et qui collabore avec les organisateurs de la conférence.

Le GCRAI est en train de se transformer en un consortium dont l'objectif serait de s'occuper de plus grands programmes pouvant répondre aux besoins du développement - les discussions sur huit grands thèmes agricoles dans la nouvelle structure se poursuivront au GCARD.

Mais les activités du GCRAI ne représentent  que 4 à 5 pour cent du montant total que le secteur public consacre à la recherche agricole dans le monde, d'après Transformer la recherche agricole pour le développement. "Le GCARD se propose d'exercer une influence sur l'utilisation des 95 pour cent restants", déclare Lele.

A Montpellier, les organisateurs espèrent que les pays en développement s'engageront à investir davantage dans leurs propres recherches et systèmes agricoles, en partie parce que les pays donateurs ont jusqu'à présent fait des promesses qu'ils n'ont pas tenues, a observe Lele.

"Certains pays ont de solides programmes nationaux tels que l'Inde, la Chine, le Brésil et l'Argentine, qui peuvent jouer un rôle au-delà de leurs frontières», a ajouté Solh.

La Chine compte près de 50 000 scientifiques agricoles, l'Inde 26 000, et le Brésil entre 7 000 et 8 000, selon le rapport.

Le budget de la recherche agricole du Brésil s'élève à US$ 2 milliards – soit deux fois le budget du GCRAI dans son ensemble - et les programmes d'aide agricole de la Chine à l'Afrique sont plus importants que ceux de certains pays occidentaux, selon le même rapport.

 Lien vers Transformer la recherche agricole pour le développement

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