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  • Un microbicide prometteur, produit à partir de plantes

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Des scientifiques ont développé un microbicide anti-VIH qui peut être produit en série à partir de plantes – en quantités suffisamment importantes pour le mettre à la portée des populations des pays en développement, affirment-ils.

Le microbicide, qui s'est avéré capable d'empêcher la transmission du VIH dans les cellules, est une association de deux composés de microbicides prometteurs -- l'anticorps monoclonal b12 et la protéine cyanovirine-N.

Amy Sexton, auteur principal de l'étude et chercheur à l'Université de Melbourne, en Australie, a déclaré au Réseau Sciences et Développement (SciDev.Net) que l'association des composés les rend "plus puissants pour neutraliser le VIH que leurs constituants pris individuellement".

Des chercheurs ont également montré que le microbicide peut être fabriqué en série par transfert du gène élaboré pour le microbicide dans des cellules de la plante du tabac.

"Ainsi, la plante extrait les gène et produit le microbicide de la même manière qu'elle produit ses propres protéines", affirme Sexton.

Elle ajoute que pour augmenter la production, il suffira de cultiver des hectares de plantes à partir de graines génétiquement modifiées.

Les gels et les crèmes microbicides sont un grand espoir pour la protection des femmes contre le VIH. Jusqu'ici, pourtant, les essais cliniques n'ont eu que des résultats mitigés (voir Les médicaments : la prochaine cible dans la prévention du VIH et Echec d'un gel microbicide dans la prévention du VIH).

En février dernier, des recherches ont suggéré que le gel anti-VIH PRO 2000 pourrait protéger de l'infection (voir Des chercheurs annoncent enfin un espoir qu'un gel soit mis au point contre le VIH), mais les résultats demeurent incertains. Les conclusions d'une étude plus importante sur le PRO 2000 ne seront disponibles qu'en décembre 2009.

"Le succès des microbicides dépend non seulement de l'identification d'un produit efficace à large spectre, mais aussi du problème d'une production à très grande échelle qui soit réalisable et à faible coût, afin de rendre les microbicides disponibles à l'échelle planétaire. Nous avons prouvé que nous avions le potentiel pour surmonter ces deux obstacles", affirme Sexton.

Mais Morad Ahmed Morad, professeur de médicine à l'Université de Tanta, en Egypte, se montre plus prudent. Pour lui, les problèmes de santé potentiels, tels qu'une réaction allergique à une crème microbicide à base de plante, et les préoccupations environnementales dues à la propagation du gène inséré à d'autres plantes doivent être examinés.

Il ajoute que les pays en développement pourraient ne pas être en mesure de produire un tel microbicide eux-mêmes, sa production étant contrôlée par des brevets.

Les résultats de cette recherche ont été publiés dans The FASEB Journal le mois dernier (26 mai).

Lien vers le résumé dans The FASEB Journal

Références

The FASEB Journal doi 10.1096/fj.09-131995 (2009)

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