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  • Les agriculteurs victimes de la sécheresse invités à changer de cultures

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[NAIROBI] Une collaboration entre des universitaires et une entreprise brassicole, qui a fait augmenter les prix du sorgho en Afrique de lʹEst, a été soulignée pour illustrer comment il serait possible dʹexploiter la recherche agricole pour lutter contre les effets de la sécheresse, comme celle que connaît la Corne de lʹAfrique.

En 2009, le Kenya Agricultural Research Institute (KARI) sʹest associé à East African Breweries Limited (EABL), basée au Kenya, pour combler le manque de liens entre les résultats des recherches et les revenus des agriculteurs.

Les agriculteurs avaient planté du maïs, qui est vulnérable aux sécheresses, alors que les brasseries locales manquaient de sorgho, nécessaire pour produire de la bière. Le KARI a alors commencé à produire des semences de sorgho résistantes à la sécheresse en vue de les distribuer aux agriculteurs, et le prix du sorgho a triplé grâce à la demande accrue de EABL et des autres brasseries.

Cet exemple a été mis en lumière lors dʹune conférence de presse qui sʹest tenue la semaine dernière (1 septembre) à Nairobi, où lʹon a demandé que davantage de recherches soient menées pour trouver des solutions plus durables aux crises alimentaires causées par les sécheresses. La Corne de lʹAfrique connaît actuellement la pire sécheresse des 60 dernières années, laquelle a déjà poussé près de 13 millions de personnes au bord de lʹinanition.

"Nous pouvons empêcher que [cette situation] se reproduise si nous profitons de la recherche et des directives qui donnent aux agriculteurs de la région les outils dont ils ont besoin pour résister face à une incertitude croissante", a déclaré Lloyd Le Page, Président-directeur général du consortium Consultative Group on International Agricultural Research (CGIAR).

Les experts ont demandé que des cultures résistant aux sécheresses soient développées et utilisées, notamment le dolique, le millet et le sorgho, qui ont plus de chances de garantir une récolte lorsque les précipitations nʹont pas été suffisantes, par rapport aux cultures qui sont actuellement préférées, comme le maïs.

"Nous devons encourager les agriculteurs à choisir des cultures qui peuvent supporter les sécheresses, et dont la période de maturité est plus courte. Le dolique, par exemple, peut être récolté entre 50 et 60 jours après avoir été semé, comme en attestent les résultats satisfaisants ayant été obtenus en Afrique de lʹOuest", a déclaré Namanga Ngongi, Président de lʹAlliance for a Green Revolution in Africa (AGRA) au Kenya.

Il existe déjà plusieurs exemples de réussites. Selon L. Lepage, des agriculteurs semant des variétés de maïs tolérant la sécheresse, du CGIAR, ont augmenté leurs rendements malgré la sécheresse.

"Nous collaborons avec des organisations telles que lʹAGRA pour soutenir les petites entreprises de semences qui peuvent améliorer lʹaccès des agriculteurs à ces cultures tolérant la sécheresse, en leur vendant des petits paquets peu onéreux", a-t-il ajouté.

David Miano Mwangi, Directeur adjoint pour la production animalière au KARI, a également indiqué à SciDev.Net que les habitudes alimentaires étaient en train de changer dans lʹouest de la région dʹUkambani, où les agriculteurs cultivent actuellement du sorgho et du millet.

Selon N. Ngongi, pour réussir à commercialiser ces cultures comme des alternatives au maïs, il faut également dʹune part, assurer les cultures et le bétail pour protéger les agriculteurs contre les pertes entraînées par la sécheresse, et dʹautre part, le secteur privé doit davantage investir dans lʹagriculture comme cʹest déjà le cas en Afrique de lʹOuest.

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