Rapprocher la science et le développement

  • La conférence sur la biosécurité 'doit se pencher sur la question des insectes GM'

Un chercheur estime que les normes internationales rgissant les cultures gntiquement modifies (GM) doivent tre modifies le plus tt possible, afin de permettre la gestion des insectes GM, qui ne tarderont pas sortir des laboratoires.

Si le Protocole de Cartagena sur la bioscurit, l'accord international de protection de la biodiversit contre les risques lis aux organismes GM, s'applique galement aux moustiques GM, le document fut labor avec les cultures GM l'esprit.C'est ce que fait remarquer John Marshall, chercheur l'Imperial College Londres au Royaume-Uni, dans une lettre parue dans l'dition de Nature Biotechnology du mois de septembre, la veille d'une grande confrence sur la bioscurit prvue la semaine prochaine (du 11 au 15 octobre).

Pour Marshall, 'cela fait longtemps que les gens fuient ces questions srieuses, notamment parce que y rpondre est une chose peu claire.Plus tt le dbat s'ouvrira, le mieux ce sera, vu que l'adoption des documents internationaux de rgulation peut prendre beaucoup de temps'.

Or des nombreuses stratgies ayant recours des moustiques GM dans la lutte contre les maladies comme le paludisme et la dengue sont en cours d'laboration.

Des stratgies 'auto-limites', comme le lcher des moustiques mles striles, sont beaucoup plus prs de la phase d'application que celles qui visent dissminer, ou 'insrer', les gnes rsistants la maladie au sein des populations sauvages (mcanismes 'd'insertion des gnes'), qui ncessiteront probablement une autre dcennie de recherche avant d'arriver l'tape des essais de terrain.

Le rapport traite des risques lis au lcher des moustiques GM et des recommandations sur la gestion de ces risques. Pourtant, si les risques des stratgies 'auto-limites' sont raisonnablement dvelopps par le rapport, les mcanismes 'd'insertion des gnes' suscitent de nombreuses autres proccupations qui leur sont particulires.

Ainsi, le protocole actuel interdit le lcher dans la nature des OGM susceptibles de franchir les frontires du pays qui entend y procder. Clause qui rendrait 'le lcher de moustiques autonomes impossible', selon Marshall.

En outre, l'heure actuelle, les entreprises de biotechnologie n'ont sont pas dans l'obligation d'valuer les risques des OGM en transit ou destins une utilisation en milieu clos, ce qui pour Marshall entrane une 'protection inadquate' contre les lchers accidentels lors du transport pour les essais de terrain.

Cette lacune empche galement le pays dans lequel les essais de terrain en plein air auront lieu, d'exiger que le pays d'origine des OGM procde une valuation des risques.

'La question est de savoir s'il serait possible de modifier le Protocole de Cartagena afin qu'il s'applique aux moustiques GM et toutes les proccupations scuritaires qui leur sont particulires, ou s'il faut adopter un rgime rglementaire spcifique', explique Marshall.

Pour Ricarda Steinbrecher, co-directrice d'EcoNexus, un organisme britannique but non lucratif de surveillance de la science, mme les stratgies auto-limites posent des problmes de bioscurit, et il est urgent de dbattre des questions transfrontalires relatives aux OGM.

Mais pour Anthony James, gnticien molculaire l'Universit de Californie Irvine aux Etats-Unis, le dbat sur ces questions est dj en cours. 'Les gens ont rflchi aux questions transfrontalires. L'OMS/TDR (Programme spcial de Recherche et de Formation sur les Maladies tropicales de l'OMS) dispose d'un groupe de travail qui met des directives. Je sais que ce groupe collabore avec des personnes impliques dans le Protocole de Cartagena'.

En outre, la science dans ce domaine est nouvelle et les documents de l'OMS/TDR n'taient pas prts pour tre pris en compte dans la prparation de la confrence de la semaine prochaine. 'La question sera probablement inscrite l'ordre du jour du prochain cycle de confrences' affirme-t-il.

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