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  • Face à la sécheresse, le Kenya décide d'importer du maïs transgénique

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[NAIROBI] Le gouvernement kenyan a pris une décision controversée en autorisant lʹimportation de maïs transgénique dʹAfrique du Sud pour remédier à la faim et à la famine, alors que les cultures transgéniques ne sont pas encore légalement autorisées dans le pays.

Selon une estimation des Nations Unies, 2,5 millions de Kenyans ont un besoin urgent de sʹalimenter, chiffre qui devrait rapidement atteindre trois millions.

Suite à une réunion des ministres qui sʹest tenue le mois dernier (14 juillet), le gouvernement a annoncé que le maïs transgénique pouvait être importé à condition de ne pas lʹutiliser comme semence, que les produits soient clairement étiquetés et quʹil soit certifié par la National Biosafety Authority.

Le ministre de la Science et des Technologies, Hellen Sambili, a déclaré que lʹadoption de cultures issues de la biotechnologie moderne visait à protéger les Kenyans contre la sécheresse qui sévit actuellement, ainsi quʹà obtenir une alimentation durable.

Cela a toutefois provoqué des échanges houleux entre ceux qui proposent des technologies transgéniques et ceux qui les critiquent. Certains politiciens ont accusé le gouvernement dʹutiliser lʹargument de la sécurité alimentaire pour forcer lʹintroduction du maïs transgénique dans le pays, malgré la résistance qui a été opposée aux organismes génétiquement modifiés(OGM) dans le passé.

Le ministre de la Santé publique, Beth Mugo, avait précédemment déclaré que le pays nʹétait pas en mesure de tester les risques que présentent les aliments transgéniques.

Le président de la commission parlementaire sur lʹagriculture, John Mututho, a indiqué à SciDev.Net : "le maïs transgénique nʹest même pas consommé en Afrique du Sud, pourquoi devrions-nous lʹintroduire dans notre pays ?"

Selon J. Mututho, il serait possible dʹimporter du maïs non transgénique dʹautres pays tels que le Malawi, mais aussi de certaines parties de la province centrale du Kenya où les précipitations ont été normales.

Lʹancien ministre de lʹAgriculture, William Ruto, et le Secrétaire dʹÉtat chargé de lʹagriculture, Wilson Songa, ont toutefois exprimé publiquement quʹils soutenaient le maïs transgénique, en avançant que le pays ne pouvait pas fuir la technologie. W. Ruto a déclaré que le Kenya devrait importer le maïs transgénique et que les politiciens devraient laisser les scientifiques vérifier sʹil possède ou non les qualités requises.

Selon John Kariuki, Directeur du centre de Naivasha rattaché au Kenya Agricultural Research Institute(KARI), aucun pays ne peut nourrir ses habitants sans adopter la technologie permettant la modification génétique.

Il a indiqué que le KARI, le Kenya Plant Health Inspectorate Service (KEPHIS) et les chimistes désignés par le gouvernement pourraient tester la sécurité environnementale et le caractère approprié des OGM.

La Présidente de la National Biosafety Authority, Miriam Kinyua, a convenu que le Kenya avait la capacité nécessaire pour tester les cultures transgéniques, étant donné que le département de la biotechnologie de lʹUniversité de Nairobi est un important établissement pour réaliser des tests, et quʹil existe dans le pays quatre autres centres dans lesquels un personnel compétent peut réaliser des tests sur les OGM.

"Nous avons des directives, et des règlements sont publiés ; le Kenya est en mesure de vérifier le statut des OGM", a déclaré M. Kinyua, selon laquelle le délai de publication des règlements est dû aux polémiques sur les OGM.

Le Directeur-général du KEPHIS, James Onsando, a affirmé que les craintes et les critiques nʹétaient pas fondées, en indiquant que le maïs avait été testé et utilisé ailleurs, mais aussi quʹil fallait uniquement que les agences adéquates procèdent à des vérifications approfondies, comme cʹest le cas en Égypte et en Afrique du Sud.

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