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  • Des semences de meilleure qualité pour soutenir l'agroforesterie africaine

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Les agriculteurs pauvres d'Afrique sub-saharienne pourraient tirer profit d'une plus large distribution de semences certifiées d'arbres, destinées à renforcer la qualité des projets d'agroforesterie.

L'agroforesterie - la pratique consistant à intégrer les arbres dans les paysages agricoles - peut améliorer les moyens de subsistance des petits exploitants agricoles. Pourtant, plusieurs des espèces d'arbres plantées ne produisent pas leur rendement potentiel à cause de la mauvaise qualité du germoplasme des semences, si l'on en croit les auteurs d'une étude publiée dans l'édition d'Agroforestry Systems du mois de septembre dernier.

Pour évaluer le contrôle de la qualité du germoplasme dans les pays, le chercheur Betserai Nyoka, consultant pour le World Agroforestry Centre au Malawi, et ses collègues ont passé en revue la littérature sur la certification des semences utilisées dans les plantations à travers le monde.

Ils ont constaté que seuls trois pays d'Afrique sub-saharienne, à savoir le Burkina Faso, Madagascar et le Rwanda font certifier les semences conformément à la norme internationale définie par l'Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE).

'Les semences sont certifiées principalement dans le but d'aider les agriculteurs à connaître les espèces d'arbres qu'ils plantent et pouvoir ainsi prendre des décisions éclairées', explique Nyoka à SciDev.Net.

Il est vrai que les pays comme le Kenya et le Zimbabwe disposent de centres nationaux de semences d'arbres, mais ils n'ont pas de législation précisant les semences qui peuvent utilisées en agroforesterie. Selon les chercheurs, l'une des raisons pour lesquelles la certification obligatoire n'a pas été instaurée tient au fait qu'une telle décision augmenterait les coûts des semences pour les agriculteurs.

Mais Nyoka estime que la pratique consistant à fournir aux agriculteurs des semences non étiquetées doit cesser. Il ajoute que malgré les coûts potentiellement trop élevés d'une certification intégrale OCDE, les pays doivent à tout le moins appliquer les normes minimales de certification qui incluent l'origine de la semence, le potentiel de germination et les conditions favorables à la croissance.

Commentant l'étude, Croix Thompson, directeur régional pour l'Afrique de l'Ouest et les Caraïbes de Trees for the Future, organisation à but non lucratif basée aux Etats-Unis, s'est dit 'parfaitement d'accord avec l'idée que les semences d'arbres doivent être certifiées parce que cela permettrait que les agriculteurs ne perdent pas leur temps à planter des semences qui risquent de ne pas réussir'.

Jean Rwihniza Gapusi, chef de la Station de recherche forestière et agroforestière de Ruhande au Rwanda, ajoute que 'la certification [des semences pour l'agroforesterie] est la chose la plus importante à faire dans tous les pays parce que si les semences ne sont pas certifiées, les maladies [des espèces non contrôlées] risquent d'être introduites dans l'agroécosystème'.

Il suggère qu'au lieu de s'appuyer sur des espèces exotiques, les pays africains devraient promouvoir le commerce régional des espèces d'arbres plus adaptées d'un point de vue écologique.

Lien vers l'article complet dans Agroforestry Systems  [212kB]

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