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Savoir quelle espèce de serpent a mordu une personne peut aider à lui sauver la vie.
  • Des tests rapides susceptibles de neutraliser les morsures de serpent

Savoir quelle espèce de serpent a mordu une personne peut aider à lui sauver la vie.
Crédit image: Flickr/US Army Africa

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D'après certains chercheurs, des tests montrant rapidement si un venin a été inoculé à quelqu'un suite à une morsure de serpent peuvent sauver des vies et économiser de l'argent en permettant aux professionnels de la santé d'administrer rapidement l'anti-venin approprié uniquement aux personnes qui en ont vraiment besoin.

Plusieurs tests de ce type pour les espèces mortelles de serpent sont en cours de développement, a-t-il été annoncé cette semaine (du 4 au 8 décembre) lors de la réunion annuelle de la Société américaine de médecine et d'hygiène tropicale.

Selon les statistiques de l'OMS, 100.000 décès dus aux morsures de serpent sont enregistrés chaque année, mais beaucoup d'autres ne seraient pas prises en compte par les statistiques.

Une étude récente, publiée dans PLos Neglected Tropical Diseases, conclut que rien qu'en Inde, on enregistrerait chaque année 46.000 décès dus aux morsures de serpent, un nombre bien supérieur aux 2.000 décès signalés dans les statistiques officielles.

L'identification rapide du venin de certaines espèces, comme le krait, peut sauver des vies parce qu'il contient une neurotoxine qui détruit de manière irréversible les terminaisons nerveuses.

Habituellement, les médecins attendent la manifestation des symptômes avant de procéder au choix de l'anti-venin approprié, mais dans le cas d'une victime du krait, cette attente peut entraîner la paralysie ou le décès.

Mais, étant donné que près de 90 pour cent des morsures ne sont pas mortelles ou proviennent de serpents qui n'inoculent pas de venin, un kit de diagnostic rapide peut aider à établir la nécessité ou non d'administrer un anti-venin.

Ce qui pourrait non seulement réduire les risques de réactions négatives à l'anti-venin, mais également réduire le gaspillage, vu le coût des anti-venins, près de US$ 70 la dose.

« Les tests diagnostics aideront les médecins à prendre plus rapidement les décisions et avec plus de certitude sur l'administration ou non d'un anti-venin et sur le type d'anti-venin à administrer à leurs patients », explique à SciDev.Net Ulrich Kuch, Chef de l'unité des maladies émergentes et des maladies tropicales négligées au Centre de recherche sur la biodiversité et le climat en Allemagne, et chef du projet de recherche pour le développement de ces tests.

Ces tests utilisent un test sanguin à bandelette similaire à celui utilisé pour les tests de grossesse ou dans le diagnostic rapide du paludisme.

Kuch développe ces tests en collaboration avec Miprolab, une entreprise allemande de biotechnologies.

L'identification d'un anti-venin spécifique adapté à une espèce précise de serpent peut être cruciale. « Si quelqu'un est mordu par un cobra, vous devez lui administrer un anti-venin spécifique au cobra pour guérir cette personne », explique Kuch.

Un prototype de test détection du venin de la vipère de Russell sera essayé l'année prochaine au Myanmar (Birmanie), où ce serpent est la douzième plus grande cause de décès. Il a été développé grâce à une collaboration entre des chercheurs birmans et allemands.

L'objectif est de permettre au gouvernement birman de réaliser les tests dans le cadre d'un accord Open Source, pour des déploiements dans la région.

Un test pour les morsures de krait à utiliser en
Afrique du Sud est actuellement au stade des essais pré-cliniques.

« Ces tests peuvent être modifiés pour une espèce particulière de serpent en changeant simplement les anticorps qui détectent différents antigènes du serpent. C'est une excellente opportunité pour développer des kits de test pour des régions différentes », ajoute Kuch.

David Warell, professeur émérite de médecine tropicale à l'Université d'Oxford, explique à SciDev.Net qu'il existe aussi les anti-venins à large spectre couvrant toutes les espèces de serpent d'une région.

Mais il ajoute que « la connaissance d'une espèce particulière peut contribuer à prévoir l'évolution de l'empoisonnement, réduisant ainsi le risque de complications ».

Warell se dit préoccupé par le prix de ces tests. « Pour l'utilisation clinique dans un pays en développement, le prix est un élément critique, mais il ajoute que « c'est l'occasion de simplifier les tests et réduire leur coût »

Pour Kuch, ce test pourrait être aussi moins cher que le test rapide standard du paludisme, soit environ 40 centimes de dollar américain par unité.

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