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  • Une chasse aux semences sauvages ouverte de par le monde

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Un projet international de collecte les semences des espèces sauvages apparentées aux 23 principales cultures vivrières du monde, notamment le maïs, le riz et la pomme de terre, vient de recevoir son premier financement.

La semaine dernière (10 décembre 2010), la Norvège, qui abrite la plus grande banque de semences du monde à Svalbard dans l'Arctique, a promis US$ 50 millions pour cette collecte, efforts qui devraient prendre 10 ans.

Les recherches et la planification commenceront en 2011 et la collecte des semences dans les pays qui soutiennent le projet, dans trois ans.

De nombreuses plantes sauvages disparaissent à cause des changements climatiques et de la destruction de l'habitat, et selon le Fonds des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture, les trois-quarts de la biodiversité des cultures ont disparu rien qu'au cours du siècle dernier. 

Ce projet vise à préserver les antécédents génétiques des cultures, dans l'espoir d'introduire des caractéristiques sauvages avantageuses dans les programmes de sélection des plantes, afin d'aider les cultures à mieux supporter les effets des changements climatiques.

Pour Cary Fowler, directeur exécutif du Fonds fiduciaire mondial pour la diversité des cultures (Global Crop Diversity Trust) à Rome, qui dirige ce projet, "toutes nos cultures ont été développées à partir d'espèces sauvages, c'est ainsi que l'agriculture a démarré. Nous devons en extraire les caractéristiques qui permettront aux cultures modernes de s'adapter aux conditions nouvelles, plus difficiles et plus exigeantes ".

"Les changements climatiques vont modifier notre façon de cultiver la Terre. Collecter les semences des cultures sauvages s'inscrit dans une démarche d'adaptation à ce qui nous attend. Si nous voulons survivre, nous devons réfléchir comme des citoyens du monde".

Pour Erik Solheim, ministre norvégien de l'environnement et du développement international, "ce projet représente l'une des mesures les plus concrètes prises à ce jour pour garantir que l'agriculture et l'humanité puissent s'adapter aux changements climatiques…ce projet prouve également l'importance de la biodiversité et des ressources génétiques dans la survie des être humains".

Fowler note que le projet espère également contribuer au développement de nouvelles collaborations et à la création d'une nouvelle expertise dans les pays en développement.

"Certains des pays les plus pauvres du monde disposent des ressources végétales les plus riches", explique Fowler.

"Certains des meilleurs scientifiques dans ce domaine travailleront dans les pays en développement et seront là pour partager leur expertise avec les chercheurs des institutions locales".

Les signataires du Traité international sur les Ressources phylogénétiques pour l'Alimentation et l'Agriculture, accord juridiquement contraignant, se sont déjà engagés en faveur de la coopération et de l'échange ouvert des ressources génétiques.

Le Fonds fiduciaire mondial pour la diversité des cultures travaille maintenant en partenariat avec plusieurs organisations sur ce projet, dont les Jardins botaniques royaux (Royal Botanic Gardens) à Kew en Grande-Bretagne, et le Groupe consultatif sur la recherche agricole internationale.

Voir ci-dessous une vidéo de Cary Fowler, directeur du Fonds fiduciaire mondial pour la diversité des cultures, parlant de la biodiversité lors du TEDGlobal conference :

 

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