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Les tortues terrestres menacées à Madagascar
  • Les tortues terrestres menacées à Madagascar

Crédit image: SciDev.Net/Rivonala Razafison

Lecture rapide

  • Les braconniers dans le sud de Madagascar s’adonnent à loisir à la tuerie des tortues endémiques

  • Ces dernières font partie des espèces en voie d’extinction

  • Une cartographie des crimes environnementaux est en cours d’élaboration, avec l'aide des Américains.

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[ANTANANARIVO] Le braconnage de ces reptiles se poursuit, en dépit de la lutte intensifiée ces dernières années. Les tortues terrestres, connues sous le nom scientifique de Geocheloneradiata ou d’Astrochelyradiata – la tortue radiée – sont parmi les espèces à haut risque.

Des membres de la PFROSCAA (la plateforme régionale des organisations de la société civile Atsimo Andrefana), avec des responsables régionaux, dont des forces de l’ordre, sont descendus à Fotadrevo, dans le district de Beloha, dans la semaine du 4 août pour constater de visu la réalité sur le terrain.

L’équipe a pu surprendre plusieurs dizaines d’individus en train de s’adonner à un véritable massacre de ces ovipares qui vivent uniquement dans le sud de Madagascar.

En effet, la mission a débouché sur l’arrestation des 54 braconniers, des jeunes désœuvrés pour la plupart, et la saisie de 5 387 spécimens d’Astrochelyradiata.

Les carapaces des tortues abattues avec plusieurs dizaines de kilos de viandes fumées et quatre litres d’huile d’origine animale sont encore trouvées sur les lieux du crime.

Les délinquants sont tous des natifs de la région et les autres, près d’une quarantaine selon les informations transmises à SciDev.Net, ont pu s’échapper du filet des gendarmes.

"Il est fort possible que des réseaux de trafiquants existent derrière ces actes odieux mettant en danger la biodiversité malgache. Il est incroyable que les viandes fumées soient destinées à la consommation locale", a déclaré le lieutenant Rembala Mara de la compagnie de la gendarmerie à Ambovombe Androy.

Les autorités, en étroite collaboration avec les conversationnistes, entre autres, ont ainsi lancé une campagne de recherche active afin de démasquer les vrais commanditaires du massacre des animaux sauvages.

De puissantes organisations comme le Fonds mondial pour la conservation de la nature (WWF), la Durrell Conservation Trust… ont constamment attiré l’attention sur la situation préoccupante des tortues endémiques du pays où la faiblesse de l’administration est une aubaine pour les trafiquants de tout genre au détriment de la population.

Des milliers de spécimens de tortues sont clandestinement extraits de leur habitat naturel pour être acheminés dans d’autres régions et à l’étranger par voie aérienne et maritime tous les mois.

En juin dernier, le ministère malgache de l’Environnement, de l’Ecologie et des Forêts, a fait état de la saisie à l’aéroport international d’Ivato – le principal aéroport du pays – de 521 tortues, dont 512 tortues radiées alors qu’elles étaient prêtes à être embarquées pour un vol à destination de Nairobi, au Kenya.

Un mois plus tôt, la brigade aéroportuaire de Moroni-Hahaya, aux Comores, avait intercepté huit valises de 25 kg chacune contenant 1014 tortues radiées de Madagascar lors des formalités de vol de la compagnie Precision Air à destination de la Tanzanie.

Selon le président de la PFROSCAA, Paubert Mahatante, chercheur à l’Institut halieutique et des sciences marines (IHSM) de Toliara, les répressions contre les braconniers vont se poursuivre.
"Je pense qu’il est grand temps de mettre fin au trafic illégal des espèces protégées comme les tortues, le corail noir et autres", a déclaré le chercheur à SciDev.Net.

Les espèces de tortues de l’île sont parmi celles menacées d’extinction répertoriées dans la Liste rouge de l’Union internationale de la conservation de la nature (IUCN) et dans l’Annexe I de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinctions (CITES).

Dans le but de réduire les crimes commis contre la biodiversité et les autres ressources naturelles du pays, une cartographie nationale des crimes environnementaux est en cours d’élaboration avec l’aide du Michigan State University, aux Etats-Unis.

L’initiative provient de l’Alliance Voahary Gasy (AVG), l'organisation faitière des ONG malgaches œuvrant pour la protection de l’environnement, à laquelle la PFROSCAA est affiliée.


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