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Une nouvelle souche de champignon menace le blé en Afrique de l'Est
  • Une nouvelle souche de champignon menace le blé en Afrique de l'Est

Crédit image: Flickr/ Thomas Lumpkin, CIMMYT

Lecture rapide

  • La rouille noire du blé a infecté 10.000 hectares de terres agricoles dans le sud de l'Ethiopie

  • Les scientifiques craignent une extension vers les pays voisins et le Moyen-Orient

  • La maladie peut être maîtrisée par l'ingénierie génétique et la culture de variétés résistantes

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[NAIROBI] Une souche virulente d'un champignon qui provoque la rouille noire du blé (un parasite qui entraîne chez les céréales l’apparition de pustules et brise l’épiderme de la tige des plantes)  est en train de dévaster les cultures dans le sud de l'Ethiopie et risque de se propager dans d'autres pays d'Afrique de l'Est et du Moyen-Orient.

Dans un communiqué, le CIMMYT – le Centre international d'amélioration du maïs et du blé - affirme que les scientifiques se sont engagés dans une course contre la montre avec l'objectif de contenir ses effets potentiellement néfastes sur la sécurité alimentaire.

Des chercheurs du CIMMYT, de l'Institut éthiopien de recherche agricole, du laboratoire des maladies des céréales au ministère américain de l'Agriculture et du Global Rust Reference Center (un centre basé au Danemark visant à combattre la diffusion des maladies dues aux champignons de la rouille dans le monde), affirment que la souche est similaire à celle qui a été détectée en Egypte, en Allemagne et en Turquie, entre 2007 et 2013, sans aucun impact sur la production.

"Sur la base de modèles de dispersion des spores conçus par l'université de Cambridge, les mouvements de spores les plus susceptibles de se disperser hors des frontières éthiopiennes se situent dans la direction sud-ouest - vers le Kenya, le Rwanda, la Tanzanie et l'Ouganda", explique David Hodson, chercheur principal du programme mondial de surveillance de la rouille des céréales, une structure du CIMMYT, basée en Ethiopie.

Et David Hodson d'ajouter: "Nous avons des inquiétudes pour le Kenya, dans la mesure où nous soupçonnons qu'un gène de résistance d'une variété populaire a été atteint en Ethiopie. Cette situation est suivie de près, mais il n'y a aucun cas confirmé de la souche au Kenya."

Selon le CIMMYT, en Ethiopie, où quelque 10.000 hectares sont infectés, la maladie a attaqué une variété locale populaire connue sous le nom de "digalu", connue pour sa résistance à d'autres types de rouille. La variété digalu est utilisée pour fabriquer du pain, aliment de base du pays.
 
"La culture continue de blé en Ethiopie fournit du tissu végétal nécessaire pour la survie de l'agent pathogène, tandis que les environnements équatoriaux montagneux peuvent jouer un rôle dans l'augmentation des taux de mutation, en raison des niveaux élevés de rayonnement UV propices à la rouille", ajoute David Hodson.

La dernière maladie causée par une souche du champignon Puccinia graminis produit des cloques rouge brique sur la plante, amenant les grains à se ratatiner sur le blé digalu, une variété résistant à des types et souches, dont la rouille jaune. Selon le CIMMYT, l'Ethiopie est le plus grand producteur de blé en Afrique.

Les scientifiques sont à présent convaincus que les hautes terres d'Afrique orientale sont des foyers d'expansion pour la souche qui provoque la rouille noire du blé, y compris la souche redoutable connue sous le nom d'Ug99, détectée pour la première en Ouganda en 1999, et sont à la recherche de facteurs favorisant leur développement.

Douglas Miano, chef de l'unité de pathologie végétale au département des sciences végétales et de la protection des cultures à l'Université de Nairobi, au Kenya, estime que le climat pourrait être un facteur contributif, mais que les chercheurs doivent continuer à développer des variétés résistantes.
 
"Les tropiques sont toujours un bon environnement pour tout organisme, car le climat est propice tout au long de l'année. Nous n'avons pas d'hivers pour briser le cycle", explique Douglas Miano.

Le chercheur estime par ailleurs que le champignon pourrait être maîtrisé par le biais du génie génétique et le développement de variétés résistantes qui réduisent l'interaction entre l'agent pathogène et l'hôte.

Douglas Hodson ajoute que d'autres moyens de résoudre le problème comprennent les bonnes pratiques agricoles, la sensibilisation des agriculteurs, l'utilisation de fongicides et la surveillance continue.

Cet article est une production du desk Afrique sub-saharienne de SciDev.Net.


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