Rapprocher la science et le développement

Une maladie mortelle du maïs frappe le Mozambique
  • Une maladie mortelle du maïs frappe le Mozambique

Crédit image: Flickr/CIMMYT

Lecture rapide

  • La nécrose létale du maïs a détruit du maïs d’une valeur de US$ 23 millions au Kenya en 2012

  • La maladie, causée par deux virus, a été détectée au nord du Mozambique

  • Selon un expert, c'est un défi pour les sélectionneurs, qui sont en train d’essayer de contenir une autre maladie.

Shares
[MAPUTO] Une maladie dévastatrice du maïs, répandue en Afrique de l’Est, menace la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance de millions de personnes au Mozambique.

Au Mozambique, le maïs est un aliment de base cultivé par près de 90 pour cent des petits exploitants agricoles. La majorité des habitants de l’Afrique sub-saharienne en consomment.

Pedro Fato, un cultivateur de maïs pour le projet de sélection de l’Alliance pour une révolution verte en Afrique, qui est basée au Centre de recherche agricole d’Umbeluzi, à Maputo, au Mozambique, a déclaré que son équipe de recherche avait identifié cette maladie virale -- la Nécrose létale du maïs (NLM) - dans les parties septentrionales de ce pays.

Fato s’exprimait lors du Forum 2013 sur la révolution verte en Afrique, qui s’est tenu le mois dernier à Maputo, au Mozambique.

Ivan Rwomushana, gestionnaire du programme Aliments de base auprès de l'Association pour le renforcement de la recherche agricole en Afrique orientale et centrale (ASARECA), a déclaré à SciDev.Net : "Je ne suis pas surpris que la NLM soit maintenant arrivée au Mozambique. Nous avons fait une certaine modélisation écologique qui montrait que plusieurs pays d'Afrique australe étaient, en effet, très susceptibles d'en être affectés".

Les informations dont nous disposons à ce jour, a-t-il expliqué, semblent indiquer que la NLM a commencé au Kenya et s'est ensuite propagée au Rwanda, au Soudan du Sud, à la Tanzanie et à l’Ouganda. La NLM se propage par le canal de la semence et également d’insectes vecteurs, mais la semence est probablement le principal responsable du mouvement de la maladie sur de longues distances, a laissé entendre Rwomushana.

“C'est un défi pour les sélectionneurs. Pendant que vous essayez de trouver une solution à une maladie ici, une autre est signalée ailleurs.”

Pedro Fato, un cultivateur de maïs


Ce dernier a ajouté qu’il était difficile de lutter contre la maladie, parce qu'elle est causée par deux virus, à savoir: une combinaison du virus de la marbrure chlorotique du maïs et l'un des trois virus ci-après: le virus de la mosaïque de la canne à sucre, le virus de la mosaïque des stries en fuseau du blé ou le virus de la mosaïque nanisante du maïs.

Il a affirmé qu’une telle combinaison rendait difficile l'utilisation de symptômes visuels pour identifier la maladie.

Parce que les insectes vecteurs sont de petite taille, ils sont facilement transportés par le vent.

Ils se multiplient également très rapidement, ce qui fait que quand ils se nourrissent de la plante infectée, il leur est facile de propager la maladie dans tout un champ en un petit laps de temps.

Par exemple, selon un rapport publié par l'ASARECA, la NLM a détruit près de 120 hectares de maïs à Naivasha, au Kenya, en quatre à six semaines.

En 2012, elle a affecté 26 000 hectares ou 650.000 sacs de maïs au Kenya, qui ont été évalués à 23 millions de dollars.

Pour Fato, il n’y a pas encore de remède contre la NLM et une possibilité de l’éradiquer consiste à déraciner toutes les cultures affectées et à les brûler ou les enterrer en profondeur dans le sol.

Il a conseillé aux agriculteurs d’utiliser des semences de maïs certifiées saines.

Fato, qui a été un sélectionneur de maïs pendant vingt ans, a déclaré à SciDev.Net que la NLM arrivait au Mozambique au moment où ils essayaient de développer des variétés résistantes à une autre maladie causée par un champignon et répandue dans les basses terres -- le mildiou.

"C'est un défi pour les sélectionneurs. Pendant que vous essayez de trouver une solution à une maladie ici, une autre est signalée ailleurs", a laissé entendre Fato.


Republier
Nous vous encourageons à reproduire cet article en ligne ou sur support papier. La reproduction est libre de droit, suivant les termes de notre licence Creative Commons. Nous vous prions cependant de suivre ces directives simples :
  1. Vous devez créditer nos auteurs.
  2. Vous devez créditer SciDev.Net — dans la mesure du possible, veuillez insérer notre logo, avec un rétrolien vers l’article originel.
  3. Vous pourriez aussi simplement publier les premières lignes de l’article et ajouter ensuite la mention: "Veuillez lire l’intégralité de l’article sur SciDev.Net", avec un lien vers l’article originel.
  4. Si vous souhaitez aussi reprendre les images publiées avec cet article, veuillez vérifier avec les détenteurs de droits d’auteur que vous êtes autorisés à les utiliser.
  5. Le moyen le plus facile de reproduire l’article sur votre site est d’intégrer le code ci-dessous. 
Pour plus d’informations, veuillez consulter notre page media et nos conseils pour la reproduction.