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Un fonds pour les investissements hydro-agricoles en Afrique
  • Un fonds pour les investissements hydro-agricoles en Afrique

Crédit image: SciDev.Net/Rivonala Razafison

Lecture rapide

  • Des recherches pour l’efficacité des investissements hydro-agricoles sont en cours

  • Réhabiliter les infrastructures vétustes est nécessaire pour le développement agricole

  • L’aménagement hydro-agricole est aussi une réponse au réchauffement climatique

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[ANTANANARIVO] Rwanda, Niger, Mali, Ethiopie, Tanzanie et Madagascar sont en train de mener ensemble des recherches en vue de renforcer l’efficacité et la durabilité des investissements hydro-agricoles pour lutter contre la pauvreté.

Le Fonds international de développement agricole (FIDA), à travers le Programme de recherche sur l’eau, le sol et les écosystèmes, mené par le Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (CGIAR) alloue 2 millions de dollars à ce projet triennal (2014-2017).

Au niveau national, il est mis en œuvre par le département ministériel chargé de l’aménagement hydro-agricole avec l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et l’International Water Management Institute (IWMI).

"Le but est de renforcer la sécurité alimentaire et réduire la pauvreté rurale des petits exploitants agricoles grâce à l’orientation et le soutien technique pour améliorer la qualité, l’impact et la durabilité des investissements du FIDA pour les rendre plus efficaces et plus pérenne en termes de niveau d’adoption par les populations", soulignait Kadari Ghachem, représentant de cet organisme, lors de l’atelier national de démarrage à Antananarivo le 21 juillet.

“L’irrigation agricole est fondamentale pour les moyens d’existence ruraux fondés sur l’agriculture, l’élevage et la pêche dans ces six pays.”

FAO

L’expert a aussi rappelé au passage la nécessité d’amener les agriculteurs, en charge de la gestion de l’eau sur le terrain, à adopter les technologies appropriées et à valoriser les capacités locales.

"L’irrigation agricole est fondamentale pour les moyens d’existence ruraux fondés sur l’agriculture, l’élevage et la pêche dans ces six pays. Accroître et améliorer les investissements dans la gestion hydro-agricole pour soutenir les moyens de subsistance de petits exploitants est toujours une priorité dans les zones rurales", note pour sa part la FAO.

Une même démarche est appliquée dans chacun des pays bénéficiaires dont les représentants se sont retrouvés à Addis-Abeba (Ethiopie) du 9 au 12 juin pour élaborer la méthodologie commune.

"C’est un projet soft. Il s’agit de collecter les données concernant les besoins du pays et de ses paysans en matière de gestion de l’eau dans l’agriculture", précise Fanja Oliva Rafalimanana, directrice du Génie rural à Madagascar et point focal national du projet.

Des enquêtes sur le terrain auprès des associations de femmes, des Associations des usagers de l’eau (AUE), des pratiquants de la rizipisciculture et de l’agriculture de conservation… sont planifiées afin de déterminer les actions prioritaires à réaliser.

A Madagascar, la direction du Génie rural met l’accent sur le besoin de redonner vie aux infrastructures existantes qui sont dégradées et vétustes pour la plupart.
Outre la faiblesse des AUE dans certaines régions, les actions anthropiques sur l’environnement et sur les bassins versants aggravent la situation.

Les effets du changement climatique qui posent un problème de taille à l’exploitation des ressources en eau viennent rallonger la liste des contraintes majeures.
Ainsi, les inondations, de plus en plus fréquentes à Madagascar, mettent constamment à l’épreuve les micro-barrages de retenue d’eau et les digues...

Sept grands projets dont une grande partie est axée sur l’aménagement des réseaux hydro-agricoles sont en cours d’exécution sur l’île.

Par exemple, le programme intitulé Mesures d’accompagnement du protocole sucre (MAPS, 2013-2016), avec 4,685 millions d’euros de Bruxelles, profite à près de 6 000 paysans, dont environ 1 740 femmes, dans les plaines d’Ambilobe.

"Ils produisent aujourd’hui 45 à 110 tonnes de canne à sucre à l’hectare grâce à des canaux d’irrigation entretenus et à l’introduction des semences améliorées", rapporte Reynaud Rabearivony de l’ONG EFA, gestionnaire du projet.

"L’aménagement hydro-agricole est déjà une réponse au réchauffement climatique. Le recours à l’irrigation pour plus de rendement est une forme d’adaptation", renchérit Fanja Oliva Rafalimanana.
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