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Niger : Alhery, une gamme de semences adaptées aux climats arides
  • Niger : Alhery, une gamme de semences adaptées aux climats arides

Crédit image: Flickr/World Bank Photo Collection

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  • La nouvelle gamme de semences a été conçue spécifiquement pour son adaptabilité au climat aride

  • Les semences Alhery présentent l'avantage de requérir une quantité minimale d'intrants agricoles et d'accroître la productivité

  • Mais leur distribution à grande échelle reste un défi que les concepteurs souhaitent relever grâce à des financements privés.

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Ces semences, dénommées Alhery (terme signifiant "bienfait" en langue haoussa), concernent le mil, le sorgho et le niébé, qui sont des aliments de base au Niger.
 
Issifou Maïzama, qui les a conçues, est ingénieur agronome de formation.

Il s'est fixé comme objectif de contribuer à l'accroissement de la production, tout en luttant contre la dégradation des sols, inhérente aux changements climatiques.

Avec l'appui de partenaires institutionnels, notamment l'Institut national de recherche agronomique (Iran), l'Icrisat (International Crops Research Institute for the Semi-Arid Tropics) et l'IITA, le chercheur a conçu des compositions à des "prix accessibles" permettant aux paysans de récolter 9 à 10 tonnes par hectare sur des surfaces où, par le passé, le rendement était de 2, voire 3 tonnes sur la même superficie.
 
"Les semences sont mises au point sur la base d'une sélection récurrente ou d'un croisement pour la fabrication d'un hybride adapté aux conditions hydriques et/ou abiotiques des régions où elles sont vulgarisées", explique le chercheur.
 
Les semences sont vendues 400 à 500 Francs CFA pour le mil et entre 500 et 600 Francs pour le sorgho.
 
L'objectif de départ, explique Issifou Maïzama, était de mettre au point des variétés susceptibles d'aider à produire dans les conditions arides. 
 
Selon Issifou Maïzama, il s'agit de semences fabriquées à partir des variétés existantes dans la sous-région.
 
Faible consommation d'intrants
 
Pour Rachid Danda, directeur régional de l'agriculture de la région de Doutchi, "l'avantage des semences Alhery réside dans leur faible consommation de pesticides et d'engrais. De plus, elles n'ont pas besoin de beaucoup d'eau pour éclore."
  
"La  rapidité avec laquelle ces semences poussent permet non seulement de lutter contre la dégradation des terres, mais aussi de reverdir les zones où des centaines d'hectares de terres se sont dégradées."
 
Selon le chercheur, ces nouvelles variétés mettent moins de 60 jours pour éclore, alors que celles qui sont communément utilisées dans le pays sont récoltées après 200, voire 300 jours.
 
Le nouveau spécimen de sorgho, l'UP99, est réputé particulièrement précoce et a pour autre particularité d'être résistant au strigga, une plante qui fait des ravages dans les pays sahéliens. 
 
Amadou Sabou, paysan de la région de Doutchi, une localité située à environ 350 km de Niamey, explique qu'avant l'apparition de ces semences, de nombreux paysans de la région s'étaient détournés des travaux champêtres.
 
"Mais depuis la mise en vente de ces semences, nous sommes revenus à la terre", a-t-il déclaré, "au vu des résultats exceptionnels qu'elles permettent d'obtenir.
 
Amadou Sabou, qui signale avoir entamé en ce mois de septembre les récoltes de mil, alors que la période des récoltes intervient traditionnellement dans le pays en octobre, voire en novembre, dit exploiter entre 200 et 300 hectares de mil et de sorgho.

Bénéfices en hausse
 
Selon lui, le bénéfice après-ventes espéré est nettement plus important.
 
Par ailleurs, les semences Alhery constituent, d'après les dignitaires locaux, un excellent moyen de lutte contre le chômage, dans une région frontalière du Nigeria, en proie aux violentes attaques du groupe militant Boko Haram.
 
Les semences sont produites par une structure de production à grande échelle soutenue par divers organismes internationaux.
 
Cette dernière signe des contrats avec des exploitants et des groupements qu'elle forme et encadre pour la production.
 
"Pour le moment, elle a surtout besoin de crédits pour le rachat de la production et la mise sur le marché", estime Issifou Maïzama.
 
En dehors du Niger où ces nouvelles variétés sont utilisées sur toute la bande sud, des agriculteurs du Nigeria et du Bénin s'intéressent également aux semences Alhery.
 
Mais l'insuffisance des semences sur le marché constitue un écueil que la structure de production envisage de surmonter, grâce aux contributions d'institutions internationales d'aide au développement rural et à l'apport de capitaux privés.
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