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La FAO met en garde contre une invasion acridienne majeure à Madagascar
  • Madagascar sous la menace d'une invasion acridienne majeure

La FAO met en garde contre une invasion acridienne majeure à Madagascar
Crédit image: Flickr/Le No

Lecture rapide

  • La FAO a lancé un appel international en faveur du financement de la campagne antiacridienne à Madagascar

  • L’interruption involontaire de la lutte en cours est imminente alors que le pays approche la rémission

  • Les experts redoutent une invasion encore plus dévastatrice consécutivement à l’arrêt momentané de la campagne

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[ANTANANARIVO] L’Organisation mondiale pour l’Agriculture et l’Alimentation (FAO) a lancé ce 21 janvier un appel international en faveur du financement de la lutte antiacridienne à Madagascar au profil de la sécurité alimentaire de 13 millions d’habitants de l’île, soit plus de la moitié de sa population.

Selon un communiqué émanant du siège de l’organisation à Rome, environ 10,6 millions de dollars doivent être mobilisés d’urgence pour que la phase 2 du programme triennal 2013-2016 se poursuive jusqu’à fin mai.

A la lumière de l’évolution de la situation actuelle, l’enjeu est de taille et le défaut de financement conduirait à l’interruption de la lutte.

Les ravages causés par une invasion non maîtrisée seront catastrophiques pour 40 % des récoltes dans le sud.

Parallèlement, le ministère malgache de l’Agriculture et du Développement rural, envisage déjà une baisse probable de la production rizicole cette année.

Selon le secrétaire général du ministère Pierrot Randrianaritiana, le rendement annuel de 5 millions de tonnes de paddy sera difficilement atteint, à cause des cyclones, inondations et sécheresses.

Près de 96.000 ha ont été traités avec des pesticides et des biopesticides depuis le début de la deuxième campagne antiacridienne, en octobre.

Les prospections aériennes se poursuivront dans l’aire grégarigène et les traitements de taches et bandes larvaires auront lieu dans les régions de l’ouest.

"Les prospections terrestres se poursuivront en motos dans la pénéplaine de Bekily-Fotadrevo, de Sakaraha à Ankazoabo, de Befandriana Atsimo à Manja ainsi que dans les secteurs d’Ihosy et de Betroka", a déclaré à SciDev.Net Muriel Raharinaivo, responsable de la communication de la FAO à Antananarivo.

Mais le bureau local de l’organisation onusienne a annoncé le 14 janvier que l’interruption de la lutte est imminente, si les ressources nécessaires tardent à venir.
Au cas où la cessation des opérations se confirmerait, elle anéantirait tous les efforts jusqu’ici déployés, alors que le pays approche déjà une phase de situation acridienne appelée "rémission".

L’invasion pourrait alors être plus dévastatrice que celle déclarée calamité publique sur le territoire national en 2012.

La reprise des opérations demandera alors un coût faramineux.

Nouvelle génération

Les quatre premiers mois de l’année sont cruciaux au plan biologique. Ils correspondent à la saison favorable à l’éclosion des œufs et au développement des larves formant la nouvelle génération de criquets qui deviendront adultes après la saison des pluies.

Il ne doit donc y avoir aucun répit, d’autant plus que la sensibilité des larves aux pesticides et la lenteur de leur déplacement facilitent le traitement des bandes larvaires.

Elles devraient être réduites en ce moment, eu égard aux opérations antérieures qui ont permis la surveillance aérienne d’un territoire vaste de 30 millions d’hectares – l’équivalent de la taille du Japon – et l’épandage de 1,3 million d’hectares.

Le plan de lutte élaboré en 2012 a nécessité un budget conséquent ramené à 42,9 millions de dollars, deux ans plus tard.

Les gouvernements autrichien, belge, français, italien, japonais, norvégien, américain ainsi que la Banque mondiale, l’Union européenne, le Fonds central d’intervention d’urgence et le Fonds international de développement agricole (FIDA) ont tous apporté leur contribution financière, tandis que l’Algérie, la Mauritanie et le Royaume du Maroc ont fourni des pesticides.


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