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Les exploitations agricoles familiales intégrées,
solution à la sécurité alimentaire
  • Les exploitations agricoles familiales intégrées, solution à la sécurité alimentaire

Crédit image: Flickr/International Livestock Research Institute

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  • Une expérience conduite par des chercheurs ivoiriens a permis à de petits exploitants familiaux d'accroître leurs revenus

  • Au moins 4000 personnes ont bénéficié de l'initiative, sponsorisée par la coopération internationale

  • Les chercheurs estiment que l'expérience devrait contribuer à la sécurité alimentaire

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[ABIDJAN] Des chercheurs ivoiriens du secteur agricole relèvent que des exploitations familiales intégrées peuvent permettre d’atteindre la sécurité alimentaire et le développement durable en Côte d’Ivoire.

Une expérience pilote menée de 2011 à 2012 dans la localité de Korhogo par l'organisation non gouvernementale Chigata, en collaboration avec le Comité Français pour la Solidarité Internationale (CFSI), sous le nom "Promotion de l'Agriculture Familiale Périurbaine Intégrée à Korhogo", a permis aux populations d’améliorer les revenus de groupements d’agriculteurs familiaux de la localité.

Selon Diarrassouba Nafan, enseignant-chercheur à l’Université Péléforo Gon Coulibaly de Korhogo, il s’est agi de mettre en place un schéma d’organisation reliant, par des circuits courts, au bénéfice des communautés locales, les produits d’agriculteurs familiaux périurbains et les plans de gestion intégrée de déchets urbains en pays sénoufo.
 
"Le projet a pris en compte 275 familles d’agriculteurs et de collecteurs de déchets", a-t-il expliqué à SciDev.Net.
 
245 personnes en ont directement bénéficié et au moins 4000 indirectement.
 
Pour Diarrassouba Nafan, l'innovation du projet réside essentiellement dans la relation qu'il promeut entre la gestion des déchets (et leur revalorisation en biogaz et en fertilisants organiques) et l'agriculture familiale.
 
Les cultures vivrières développées dans le cadre du projet sont en grande partie constituées de produits maraîchers.
 
Il s’agit du concombre, du piment, de l’aubergine, de la carotte, de la tomate, des choux, de la laitue, du haricot vert, du gombo, de l’oignon, du haricot nain, du melon et du poivre.
 
Les productions et les pratiques culturales des agriculteurs familiaux cibles sont améliorées, diversifiées, plus régulières sur l’année et sécurisées par les débouchés vers le cantines scolaires de la ville et par une meilleure maîtrise des marchés urbains et périurbains.
 
"Grâce au projet, nous avons pu produire de façon régulière sur l’ensemble de l’année", a confié Aminata Soro à SciDev.Net.
 
Situé à 600 km d’Abidjan dans le Nord de la Côte d’Ivoire, le département de Korhogo est le chef-lieu de région du Poro. La majorité de la population du département tire son revenu des principales cultures agricoles, pérennes et vivrières, à savoir le coton, l’anacarde, la mangue, le riz, le maïs, le mil et l’arachide.
 
80% de la population dépend de l’agriculture familiale
 
Selon le ministère ivoirien de l’Agriculture, l’agriculture familiale concentre plus des 2/3 des producteurs qui travaillent sur des superficies de 4 à 5 ha en moyenne dans le pays.
 
Ainsi, 80% de la population dépend de cette agriculture, alors que seulement 10% du budget y est dédié, tandis que 80% des ressources sont allouées aux cultures de rente.

Les experts du Centre National de Recherche Agronomique (CNRA) affirment que la mise en place des exploitations familiales intégrées doit s’articuler autour d’un modèle d’interaction durable, entre l’agriculture familiale et l’activité humaine.

"L’objectif est de permettre une amélioration des conditions de vie des populations locales et une sécurisation de leur souveraineté alimentaire. Cela passe par l’amélioration des revenus des petits agriculteurs, la préservation de l’environnement, grâce à une meilleure gestion des déchets et la promotion des échanges à l’échelle du pays",  a confié à SciDev.Net Koffi Elvis, chercheur en agronomie à l’université Nangui Abrogoua d’Abidjan.

Selon lui, le  renforcement des capacités des organisations de producteurs agricoles familiaux en termes d’appui à la structuration et à l’organisation de filières courtes, etc., peut insuffler une nouvelle dynamique à l’agriculture familiale.

Le directeur général du Centre de recherche Suisse en Côte d’Ivoire (CSRS), Bassirou Bonfoh, a pour sa part indiqué que les autorités compétentes doivent placer l'agriculture familiale au cœur des priorités nationales et, surtout, l’organiser et la surveiller.

"L’agriculture familiale préserve les produits alimentaires traditionnels, tout en contribuant à une alimentation saine et équilibrée, à la conservation de la biodiversité agricole mondiale et à l’utilisation durable des ressources naturelles", a-t-il insisté.

Bassirou Bonfoh pense également qu’il faut susciter chez les organisations internationales un fort intérêt pour l'agriculture familiale, de sorte à apporter un appui aux petits planteurs dans les pays africains.

La promotion de l’agroforesterie, par ailleurs recommandée par les chercheurs,  constitue également une source non négligeable de produits ligneux et non ligneux, dont les ménages tirent une bonne partie de leur revenu et qui s'avèrent appréciables pour les économies locales.


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