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Haricot, niébé, pois : cultures fortement recommandées
  • Haricot, niébé, pois : cultures fortement recommandées

Crédit image: Flickr / Bures Ajukoby

Lecture rapide

  • Il a été remarqué une parfaite complémentarité entre les sols et les légumineuses

  • Outre leurs qualités diététiques, elles sont efficacement utilisées comme fourrage

  • Une valorisation des légumineuses s’observe en Afrique, mais, elle est encore timide

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A l’occasion de la journée mondiale des sols, célébrée le 5 décembre dernier, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a produit un rapport intitulé "Sols et légumineuses : une symbiose vitale", qui met en exergue le rôle des légumineuses dans le développement d’une agriculture durable.
 
Ce rapport qui souligne que "les légumineuses sont les architectes de la santé des sols" détaille les différentes manières dont les légumineuses et les sols peuvent se révéler être des "alliés stratégiques" pour une alimentation et des systèmes agricoles plus durables.
 

“Les légumineuses offrent d'autres atouts pour la santé, notamment une forte teneur en vitamine B, elles contiennent très peu de graisses, pas de cholestérol et ont un faible index glycémique. Pauvres en calories, elles sont néanmoins riches en glucides complexes et en fibres alimentaires”

FAO

  
"Les légumineuses sont des cultures résilientes sur le plan environnemental qui offrent des aliments très nutritifs aux populations et des nutriments essentiels aux écosystèmes biologiques. De leur côté, les sols, des ressources non-renouvelables, sont indispensables à la vie végétale et comptent pour 95 % de l'approvisionnement alimentaire mondial", précise un article disponible sur le site web de la FAO.
 
"Les sols et les légumineuses offrent une symbiose unique qui protège l'environnement, améliore la productivité, contribue aux efforts visant à s'adapter au changement climatique et fournit des nutriments essentiels aux sols et aux autres cultures", insiste José Graziano da Silva, directeur général de la FAO, cité dans le même article qui est relatif à la publication de ce rapport.
 
Cette espèce de culture qui comprend des plantes comme le haricot, le niébé, les pois, les lentilles, etc. ne manque pas non plus d’arguments sur le plan nutritif aussi bien pour les hommes que pour les animaux.
 
Pour les hommes, "elles contiennent davantage de protéines, souvent trois fois plus que le riz ou le manioc et les céréales de base", apprend-on..
 
Mais, "les légumineuses offrent également d'autres atouts pour la santé, notamment une forte teneur en vitamine B, elles contiennent très peu de graisses, pas de cholestérol et ont un faible index glycémique. Pauvres en calories, elles sont néanmoins riches en glucides complexes et en fibres alimentaires"
 
Fourrage
 
Pour ce qui est de l’intérêt pour les animaux, la même source indique que "le fourrage issu des légumineuses est également bénéfique pour le bétail. Ajouter du foin de niébé au riz aide les vaches ouest-africaines à grandir 50 fois plus vite".
 
Pourtant, à l’observation, l’humanité ne tire pas encore suffisamment parti des immenses vertus des légumineuses.
 
"La sensibilisation des consommateurs aux bienfaits nutritionnels et diététiques des légumineuses reste inadéquate et davantage doit être fait en vue de promouvoir leur rôle dans les systèmes alimentaires", constatait déjà le 22 novembre dernier la directrice générale adjointe de la FAO.
 
Maria Helena Semedo s’exprimait ainsi à l'occasion du Dialogue mondial tenu à Rome (Italie) dans le cadre des activités organisées tout au long de l’année 2016, baptisée par les Nations unies "année internationale des légumineuses".
 
Un événement au cours duquel les participants se sont appuyés sur des exemples comme ceux du Malawi et de la Zambie pour montrer l’intérêt des légumineuses pour la lutte contre l’insécurité alimentaire et la pauvreté dans les campagnes.
 
Ainsi, ont-ils illustré, "au Malawi, de nombreux agriculteurs ont été encouragés à combiner le maïs avec les légumineuses à grains, ce qui a eu pour effet d'améliorer leur sécurité alimentaire et leurs revenus. En Zambie, les agricultrices locales produisent à présent près de la moitié des légumineuses que l'on retrouve dans les repas scolaires."
 
Nouvelles variétés
 
Toutefois, dans certains pays du continent, les autorités n’ont pas attendu cette interpellation pour prendre conscience de la richesse des légumineuses.
 
Au Sénégal par exemple, l’Institut sénégalais de recherche agricole (ISRA) est allé jusqu’à mettre au point deux nouvelles variétés de niébé il y a quelques mois.
 
Dans un entretien avec SciDev.Net en avril 2016, El Hadji Traoré, maître de recherches et directeur scientifique de l’ISRA, indiquait que la production de cette variété de niébé avait été dictée par la baisse de la pluviométrie dans certaines parties du pays, réduisant l’hivernage à moins de deux mois par an.
 
"Nous avons donc réussi à produire et à faire homologuer certaines variétés de niébé comme le yacine et le mélakh qui ont un cycle très court et qui ont un grand rendement et un taux de protéine supérieur à 20%", précisait-il.
 
Au Cameroun l’Institut de recherche agricole pour le développement (IRAD) a pour sa part développé cinq nouvelles variétés de haricot en 2015, en collaboration avec le Centre international de l’agriculture tropicale (CIAT) et l’Alliance africaine de recherche sur le haricot (PABRA).
 
L’ingénieur agronome Martin Ngueguim qui dirige les recherches au poste IRAD de Foumbot dans l’ouest du pays, avait alors confié à SciDev.Net que "ces cinq nouvelles variétés améliorées de haricot commun, riches en protéines, zinc, calcium et fer entre autres, peuvent donner des récoltes quatre fois plus importantes que les variétés traditionnelles, en plus de la résistance aux maladies".
 
Dès lors, pour Maria Helena Semedo, "il est essentiel de poursuivre cette dynamique".

Références

Le rapport de la FAO intitulé "Sols et légumineuses: une symbiose vitale" est disponible en anglais ici.
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