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Les dernières variétés de sorgho et de niébé donnent satisfaction
  • Les dernières variétés de sorgho et de niébé donnent satisfaction

Crédit image: SciDev.Net / Julien Chongwang

Lecture rapide

  • Les dernières variétés de sorgho et de niébé ont des propriétés plus nutritives

  • Les cultivateurs confirment leur cycle court et leur fort rendement à l’hectare

  • Ces nouvelles variétés sont cependant plus vulnérables aux attaques des insectes

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A l’occasion de la Foire internationale de l’agriculture et des ressources animales (FIARA) qui se tient à Dakar du 29 mars au 18 avril 2016, l’Institut sénégalais de recherches agricoles (ISRA) présente au public le bilan du comportement des dernières variétés de sorgho et de niébé qu’il a mis sur le marché depuis quelques temps.
 
Selon les explications d’El Hadji Traoré, maître de recherches et directeur scientifique de l’ISRA, la mise au point de ces nouvelles variétés a été dictée par le fait que dans la partie nord du Sénégal en particulier, la pluviométrie a beaucoup baissé et il est parfois difficile d’avoir un hivernage de plus de deux mois. "Par conséquent, certaines légumineuses ont du mal à boucler leur cycle", dit-il.
  

“Il y a deux ans, l’hivernage a été très court et c’est grâce à ces nouvelles variétés de niébé que la production a été suffisante pour éviter au Sénégal de connaître la famine”

El Hadji Traoré
Directeur scientifique - ISRA, Sénégal

 
"Nous avons donc réussi à produire et à faire homologuer certaines variétés de niébé comme le yacine et le mélakh qui ont un cycle très court et qui ont un grand rendement et un taux de protéine supérieur à 20%", indique-t-il.
 
A en croire Racine Kane, responsable de la communication de l’ISRA, ces nouvelles variétés atteignent en effet leur maturité au bout de 55 à 60 jours alors que les anciennes devaient attendre environ trois mois.
 
Concernant le sorgho, les recherches de l’ISRA ont surtout conduit à mettre à la disposition des producteurs une variété sans tanin, "une substance nocive qui, non seulement, dégrade la farine, mais  ralentit sérieusement la croissance du bétail", définit l’ISRA.
 
"Le sorgho traditionnel est très riche en tanin ; par conséquent, il ne peut pas être utilisé pour la panification. Et dans la cuisson traditionnelle du couscous et d’autres repas, cette forte teneur en tanin limite son utilisation. Idem pour son utilisation dans l’alimentation de certaines espèces animales", souligne El Hadji Traoré.
 
Par exemple, apprend-on, il ne peut pas être utilisé pour l’alimentation de la volaille ; "pourtant, ici au Sénégal, la production de la volaille est très importante. Et pour son alimentation, on recourt beaucoup au maïs qu’on est obligé d’importer".
 
Sans tanin
 
Or, indique le chercheur, cette nouvelle variété de sorgho sans tanin peut se substituer à une grande partie du maïs. Donc, le fait de ne pas y avoir de tanin augmente les possibilités de son utilisation dans l’alimentation. "Pour les hommes par exemple, il peut être utilisé pour faire du pain en association avec du blé", assure El Hadji Traoré.
 
Cependant, le tendon d’Achille de ces nouvelles variétés est leur plus grande vulnérabilité aux attaques des insectes ravageurs, selon les cultivateurs.
 
"Avec ces nouvelles variétés de niébé, on est obligés de redoubler de vigilance parce qu’elles sont trop fragiles face aux attaques des insectes", confirme Mamadou Mbengue, un producteur agricole.
 
"Dès lors, nous sommes emmenés à traiter les cultures dès l’apparition des feuilles, puis au moment des ramifications et lors de la floraison ; ce qui n’était pas le cas avec les anciennes variétés", ajoute celui qui est aussi secrétaire général du réseau des organisations paysannes et pastorales du Sénégal (RESOPP).
 
Dépenses supplémentaires
 
Une démarche qui, d’après l’intéressé, engendre plus de travail et des dépenses supplémentaires pour se procurer davantage de produits phytosanitaires pour lesdits traitements.
 
Mais, pour El Hadji Traoré, ces désagréments sont un peu le revers de la médaille ; car, en améliorant la qualité de ces cultures, elles intéressent aussi les insectes nuisibles.
 
Toutefois, il préfère s’attarder davantage sur l’adaptabilité de ces nouvelles variétés aux changements climatiques et sur leurs forts rendements qui "permettent aux populations de produire suffisamment pour l’alimentation des hommes et des animaux domestiques".
 
"Avec l’ancienne variété, avec 16 kg de semences de niébé, je récoltais 400 kg à l’hectare alors qu’en utilisant les nouvelles variétés, je peux récolter 1200 kg à l’hectare avec la même quantité de semence", témoigne Mamadou Mbengue.
 
"Il y a deux ans, l’hivernage a été très court et c’est grâce à ces nouvelles variétés de niébé que la production a été suffisante pour éviter au Sénégal de connaître la famine", conclut El Hadji Traoré.

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