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Accorder davantage de crédits aux agriculteurs africains
  • Accorder davantage de crédits aux agriculteurs africains

Crédit image: Flickr/Sida Sweden

Lecture rapide

  • L’Afrique concentre 65% des terres arables en jachère dans le monde

  • Seulement 3% des crédits bancaires sur le continent vont au secteur agricole

  • Il faut faciliter l’accès des jeunes et des femmes à la terre et aux crédits

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"Comment un continent doté d’une telle abondance de terres arables, d’eau et de soleil peut-il importer pour 35 milliards de dollars (environ 19 250 milliards de FCFA) de denrées alimentaires par an ? Comment est-il possible que le continent africain ne soit pas en mesure d’assurer sa sécurité alimentaire ?"
 
Telles sont quelques-unes des interrogations du tout nouveau président de la Banque africaine de développement (BAD) dans un texte publié ce 21 octobre par l'institution.
 
Akinwumi A. Adesina s’exprimait ainsi en prélude à l’ouverture d’une conférence sur l’agriculture et l’agro-industrie sous le thème "nourrir l’Afrique : un plan d’action pour la transformation de l’agriculture africaine".
 
Une conférence visant à engager les gouvernements du continent à prendre les mesures nécessaires à la transformation de l’agriculture africaine pour en faire une entreprise "prospère" à même de satisfaire les besoins alimentaires des populations et d’alimenter un marché d’exportation.
 
Organisée conjointement par la Banque africaine de Développement (BAD) et par le gouvernement sénégalais, cette conférence s’est consacrée aux grands défis de la transformation de l’agriculture africaine.
 

“Le potentiel du secteur agricole à créer des emplois et à réduire la pauvreté est quatre fois plus important que celui de n’importe quel autre secteur”

Akinwumi A. Adesina
Président de la BAD


Lors de la cérémonie d’ouverture de cette conférence, le président de la BAD a fait un état des lieux de la situation qui impose cette révolution dans l’agriculture africaine.
 
Il a notamment martelé que "l’Afrique détient 65 % des terres arables en jachère dans le monde, qui pourraient répondre aux besoins alimentaires des 9 milliards d’êtres humains sur la planète d’ici à 2050"
 
"Les banques ne prêtent pas au secteur agricole et moins de 3% du total des prêts de la banque en Afrique va à un secteur qui représente environ 70% de tous les emplois et plus de 40% du produit intérieur brut (PIB)" a-t-il ajouté-t-il pour le dénoncer.
 
Surtout qu’il croit savoir que "le potentiel du secteur agricole à créer des emplois et à réduire la pauvreté est quatre fois plus important que celui de n’importe quel autre secteur".
 
En conséquence, "nous avons besoin d'un regard critique sur la façon d'accélérer le financement commercial pour l'agriculture", conclut Akinwumi A. Adesina.
 
Par exemple en mettant l’accent sur des questions telles que la modernisation du secteur, l’accès des femmes au crédit et les jeunes agriculteurs.
 
Aussi la conférence de Dakar a-t-elle réuni plus de 400 participants parmi lesquels des gouverneurs de banques centrales, des ministres de l’Agriculture, des Finances, de l’Economie, de la Planification, du Développement rural, des universitaires et des experts divers…
 
Macky Sall, le chef de l’Etat sénégalais, qui présidait la cérémonie d'ouverture, a appelé pour sa part les Etats africains à développer des filières agricoles plus compétitives ; soulignant que "l’agriculture est l’épine dorsale du développement de l’Afrique".
 
De son côté, Bukar Tijani, directeur général adjoint de la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture),  a affirmé que "la FAO est prête à soutenir les efforts des parties prenantes à travers ses mécanismes de prestation qui répondent aux priorités régionales et nationales pour une agriculture efficace, durable et inclusive en Afrique".
 
SciDev.Net a appris auprès de la BAD que "la transformation de l’agriculture en Afrique figure au nombre des cinq priorités que l'actuel président de la BAD a placées en tête du programme de la Banque en matière d’aide au développement pour les années à venir"
 
Ces cinq priorités étant: éclairer l’Afrique et la doter en énergie, nourrir l’Afrique, intégrer l’Afrique, industrialiser l’Afrique, et enfin, améliorer la qualité de vie des populations africaines.

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