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La qualité de l’air, un problème de santé publique en Afrique
  • La qualité de l’air, un problème de santé publique en Afrique

Crédit image: Andrei Krauchuk

Lecture rapide

  • La mauvaise qualité de l'air dans les grandes villes préoccupe les pouvoirs publics

  • Le Sénégal a mis en place une structure de surveillance des pics de pollution

  • Un centre régional de recherche a été créé pour appuyer les efforts en cours

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A Dakar, des bulletins réguliers sur la qualité de l'air sont publiés depuis la mise en place de structures de surveillance, sous la responsabilité du centre de gestion de la qualité de l’air (CGQA).
 
Les données sont interprétées pour dresser un indice de la qualité de l’air rapporté sur une échelle de 1 à 10, qui varie selon la moyenne d’un état bon, moyen, mauvais à très mauvais.
 
Aminata Mbow Diokhane, chef du CGQA, explique que "la pollution de l’air à Dakar est essentiellement liée aux particules qui sont d'origine automobile avec le parc de véhicules diesel, au brûlage à l'air libre de déchets, mais aussi aux poussières en provenance du Sahara."
 
L’indice est publié par tous les moyens et partagé avec les districts sanitaires et les autorités.
 
SciDev.Net a consulté trois rapports annuels du CGQA (2013, 2014, 2015) qui montrent que les pics les plus sévères surviennent durant les mois de janvier à avril, où, à plusieurs reprises la qualité de l’air a été très mauvaise.
 
En cas de mauvaise qualité de l’air, les recommandations consistent le plus souvent à dire aux populations de ne pas rester longtemps a l’extérieur et de consulter un médecin en cas de tous symptômes qu’on a n'a pas l’habitude de ressentir, tels que les gènes  respiratoires et les toux persistantes.
 
Cette situation constitue une réelle préoccupation pour les autorités surtout que l’Organisation Mondiale de la Santé a signalé l’année dernière que Dakar est l’une des villes au monde où l’air ambiant est le plus pollué.
 
Cette pollution provoque certaines maladies respiratoires, mais on en ignore encore la proportion.
 
Certaines estimations  de l’OMS datant de 2012 situent le taux de mortalité dû à la pollution au Sénégal à 45.7 pour 100.000.
 
Curieusement, d’autres pays de la sous-région ont des taux plus élevés, ainsi que le montre le tableau suivant:
 


 
Pour avoir notamment des données plus précises et aider à élaborer des politiques plus efficaces, un projet régional de recherche sur la pollution de l’air et ses impacts sur les maladies respiratoires non transmissibles (Projet ChairePol) a été lancé avec le concours du CGQA de Dakar, seul centre de mesure en continu de la pollution atmosphérique en Afrique de l'Ouest.
 
Le projet couvre également trois autres villes : Cotonou (Bénin), Ouagadougou (Burkina) et Abidjan (Côte d’Ivoire).
 
Il va servir à produire plus de connaissances sur la pollution dans ces pays, à renforcer les capacités des jeunes chercheurs et des professionnels sur cette problématique et surtout à mettre en place dans la sous-région un système d’intervention dénommé "air sain."
 
Mamadou Fall, toxicologue enseignant à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, chercheur principal du projet ChairePol, signale que plusieurs données sont en train d’être collectées. "Nous avons commencé dans chaque pays à passer en revue les connaissances, les aptitudes et les pratiques des populations, c’est-à-dire comment elles perçoivent leur environnement, notamment la qualité de l’air", explique-t-il.
 
Le projet ChairePol effectue également un historique des données sur les atteintes respiratoires au niveau des structures sanitaires et sur l’évolution de la pollution atmosphérique.
 
"Des évaluations sont effectuées auprès des professionnels les plus exposés (chauffeurs de transport en commun, commerçants opérant au bord des grands axes) et à l'intérieur des maisons", explique encore le chercheur.
 
Dans le cadre du projet, 200 personnes ont déjà fait l'objet d'une enquête dans trois grandes communes de Dakar. Elles ont notamment subi une spirométrie – opération qui consiste en une exploration fonctionnelle des poumons pour évaluer l’état de leur respiration.
 
Sur le plan biologique, les experts effectuent une collecte d’urines auprès des populations, en vue de rechercher des biomarqueurs pouvant révéler la présence de polluants dans leur organisme.
 
Ces données seront interprétées d’ici à la fin de l'année par une équipe pluridisciplinaire (chimistes, toxicologues, sociologues, pneumologues, etc.) pour établir un lien entre les pathologies et la pollution, en vue de formuler des propositions de solutions.
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